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Mateta, le retour du général Lacaz… De ces Bleus, on retiendra l’aventure

JO 2024 : La mascotte Mateta, le retour du général Lacazette… Les Bleus ont perdu, mais on retiendra l’aventure

Seum mais pas tropBattus en finale des JO de Paris 2024 par l’Espagne (5-3), les Bleus laisseront derrière eux une belle impression. Enthousiastes et enthousiasmants, on en retiendra la belle aventure sous la coupe d’un Thierry Henry méritant
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • L’équipe de France olympique s’est inclinée 5-3 après prolongations contre l’Espagne et quitte les JO avec une belle médaille d’argent
  • Malgré le goût amer de la défaite, il y a de quoi se réjouir de cette compétition pour les Bleus, à commencer par cette finale jouée avec le cœur
  • Au rayon des belles histoires, on retiendra celle de Jean-Philippe Mateta mais aussi le retour de Lacazette en Bleu ou la première expérience concluante de Thierry Henry sur un banc d’entraîneur

Au Parc des Princes,

Il était donc possible de prendre du plaisir en regardant jouer l’équipe de France de football. Il suffisait de mettre Michael Olise et Désiré Doué sur le terrain et les regarder affoler les défenses. Le genre de spectacle pour lequel on paye plus volontiers qu’un 0-0 sens sel contre la Pologne ou les Pays-Bas, si l’on accepte de verser dans la démagogie. A quoi bon si l’on perd, demanderont les cartésiens ? A ne pas quitter une compétition avec un goût d’indifférence dans la bouche, comme après l’élimination en demi-finale de l’Euro 2024 contre l’Espagne, en ayant péniblement marqué un but dans le cours du jeu. Oui, l’équipe olympique entraînée par Thierry Henry a aussi perdu contre la Roja, qui a sûrement des choses à nous apprendre de sa résurrection. Mais les Bleus l’ont fait avec des idées et du caractère. « Il n’y a rien à dire sur cette équipe, on s’est battu jusqu’à la fin », a eu raison de rappeler Thierry Henry au micro de France 2 après la défaite 5-3 en finale des JO.

Il n’est pas question de se contenter de l’argent. Tout le monde aurait préféré l’or, à commencer par Joris Chotard et Alexandre Lacazette, qui partageaient en zone mixte leur confusion devant cette récompense qu’on leur offre alors qu’ils viennent de perdre. « Elle pèse lourd », plaisantait le Lyonnais en guise de première impression. « Parmi les défaites que j’ai eues en finale, ça reste la meilleure. La moins pire. » « Le coach a dit qu’il voulait qu’on soit fiers, qu’on se rende compte que c’est quelque chose de beau ce qu’on a fait, résume Chotard. On a ramené une médaille d’argent pour la France. » Elle méritera d’être fêtée, une fois la défaite digérée. Pour tout plein de raisons.

Une finale de déglingo, une prolongation arrachée avec du cœur

On a d’abord cru au même scénario que la demi-finale de l’Euro, avec un énorme début de match, et l’Espagne qui renverse le bazar d’un coup de baguette magique. Mais les calculs n’étaient pas bon. La Roja a rapidement compté deux buts d’avance. Trop d’errances, trop d’espaces vitaux laissés déserts par un Manu Koné démissionnaire, trop de fautes d’inattention de la charnière centrale et pas assez de Guillaume Restes, dont on se demande encore s’il a sorti un arrêt de la partie.

Par chance, les Espagnols ont trop vite pensé à sécuriser le résultat. Ils ont commencé à se renier autour de la 40e. Les Bleus se sont mis une ou deux claques sur le visage, ont retrouvé un grain de folie et sont repartis de l’avant, bien aidés par Thierry Henry. Le sélectionneur a pris une décision aussi courageuse que nécessaire en indiquant la sortie à Alexandre Lacazette pour laisser le protagonisme offensif à Jean-Philippe Mateta et Michael Olise, bientôt rejoint par Désiré Doué dans le club des showmen.

Le Parc était bouillant pour les accompagner et nos tympans au bord de la rupture nous ont rappelé combien l’acoustique de ce merveilleux stade était sous-exploitée par le public embourgeoisé du Paris Saint-Germain. La pression était telle qu’un but en vaudrait forcément deux, on ne tient pas le coup dans un tel chaudron contre vents et marées. Akliouche avec un peu de réussite et Mateta au bout du suspense ont logiquement permis à la France d’aller en prolongation et d’y croire. « On a fait le plus dur en revenant pour arracher les prolongations, regrette Désiré Doué. On a pris ces deux buts qui font mal, mais c’est comme ça, c’est le football. » Henry parlera d’un « moment d’inattention » fatal sur le quatrième. Lacazette évoque de son côté ces nombreuses « remontées vécues qui se finissaient mieux en général ». Peu importe. On gardera la manière.

La mascotte Mateta, le retour du général en Bleu, symboles d’un groupe attachant

Nos confrères peu habitués aux après-matchs de foot ont beau se plaindre d’avoir vu la moitié des finalistes défiler devant nous sans dire un mot à l’inverse de Lebron James ou Kevin Durant la veille, cette équipe improvisée au rayon bricolage par Thierry Henry laissera derrière elle une belle impression. « L’état d’esprit qu’il y avait dans le groupe qui s’est dégagé au fur et à mesure, c’est un état d’esprit de haut niveau, autant sur le terrain qu’en dehors, applaudit Doué. On s’entend très bien, on a su se dire les choses, travailler ensemble. Et se donner les uns pour les autres. »

Les jeunes pour les vieux, les vieux pour les jeunes et des belles histoires au milieu, comme celle de Jean-Philippe Mateta en homme providentiel de la France olympique. Buteur à chaque tour, encore héroïque vendredi soir, il a séduit le grand public et ses coéquipiers. « On a découvert une personne incroyable, au-delà du foot c’est une personne incroyable, confirme Chotard. C’est quelqu’un qui nous a apporté par ses buts et même dans le jeu. C’est aussi ça, l’esprit des Jeux. » « C’est un super mec, ajoute Lacazette. Il a su s’intégrer facilement dans le groupe, il a su faire vivre tout le groupe. C’était un élément clé, donc je suis content qu’il ait pu avoir une belle compétition comme ça. »

N’oublions pas de cette aventure olympique qu’elle aurait permis de revoir Alexandre Lacazette en bleu. Le général, dans son rôle d’irréprochable, s’est toujours arrêté devant les journalistes. Il ne s’est pas plaint d’avoir été sorti à l’heure de jeu et a su cacher la déception de sa finale ratée. Il semble éternellement reconnaissant à Henry de lui avoir permis de retrouver l’équipe de France, comme il l’a fait remarquer après la rencontre. « Le fait d’avoir pu porter le maillot bleu, les ambiances qu’il y a, c’est vraiment ce que je veux retenir. C’est un truc qui restera dans ma vie. »

Thierry Henry et Alexandre Lacazette, merci pour le kiff
Thierry Henry et Alexandre Lacazette, merci pour le kiff - Javier Garcia//SIPA

Thierry Henry a enfin droit au bonheur

Au rayon des réjouissances, le football peut se féliciter d’avoir offert un peu de bonheur à Titi. Ils sont peu nombreux à être aussi piqués que lui de ce sport et le voir aussi peu récompensé professionnellement sonnait comme une injustice. Il a eu l’humilité de reculer pour mieux sauter en reprenant une équipe de jeunes, même si l’horizon des JO à Paris et leur prestige a sans doute contribué à atténuer l’effet de déclassement. Le jeu en valait la chandelle. Il a gagné une médaille d’argent olympique, ce dont peu d’entraîneurs peuvent se vanter. « J’ai du mal à réaliser parce que le match vient de se terminer mais c’est quand même une belle histoire. » Et la reconnaissance de tout un groupe qui a pris plaisir à le fréquenter.

« « C’est avant tout une légende du football, rappelle Désiré Doué, qui l’a pourtant moins connu que nous. Il a marqué l’histoire à son époque. Il nous a apporté beaucoup de choses, que ce soit mentalement, sur le terrain, des conseils. Et il a su nous apporter cet état d’esprit de gagnant. Il nous a beaucoup apporté son expérience et sa mentalité de vainqueur. » »

Alexandre Lacazette partage l’enthousiasme et milite pour la continuité du sélectionneur. « Forcément, je ne vais que prôner sa qualité et si on me demande, c’est sûr qu’il devrait rester le coach. » Toute cette bienveillance, tout ce bonheur, toute cette émotion. Est-on bien sûr d’avoir perdu ?