Affaire Le Graët : L’ex-président a été entendu par les enquêteurs
football•L’ancien président de la FFF est poursuivi pour « harcèlement moral et sexuel »N.C. avec AFP
Visé par une enquête du parquet de Paris pour harcèlement moral et sexuel à la suite des conclusions des inspecteurs de l’IGESR ayant mené l’audit de la FFF, l’année dernière, Noël Le Graët a été entendu par les policiers vendredi. « Il a été entendu en audition libre. C’était une étape naturelle dans le cadre de ce genre d’enquête. Il a répondu au mieux de sa mémoire sur des propos anciens voire très anciens », a indiqué son avocat Thierry Marembert, contacté par l’AFP.
L’ancien patron du foot français avait été poussé vers la sortie en dernier, après une série de révélations sur ses comportements lors de ses 11 ans de règne à la Fédération. La synthèse de l’enquête menée par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) et diligenté par le ministère des Sports avait révélé des « dérives incompatibles avec l’exercice des fonctions et l’exigence d’exemplarité qui lui est attachée ». Elle pointait aussi des « prises de position publiques déplacées », « le comportement inapproprié […] vis-à-vis des femmes » notamment à travers des « SMS ambigus pour certains et à caractère clairement sexuel pour d’autres ».
Le Graët contre-attaque
Selon Me Thierry Marembert, joint par L’Equipe, « l’audition s’est déroulée de manière courtoise et très professionnelle ». L’ex-dirigeant a sans doute apporté aux policiers des réponses un peu complètes qu’aux parlementaires, lorsqu’il s’était présenté devant la commission d’enquête sur les dysfonctionnements des Fédérations, en novembre.
A 82 ans, Noël Le Graët ne se contente toutefois pas de rester dans une position défensive. Le Breton et son conseil ont de leur côté déposé deux plaintes : la première, pour diffamation, vise directement Amélie Oudéa-Castera. La ministre des Sports aurait selon eux « menti » sur le contenu du fameux rapport de l’IGESR, dont les inspecteurs auraient été « manipulés et forcés par leur ministre ».
L’autre demande purement et simplement l’annulation du rapport pour « violation du principe d’impartialité et d’indépendance par interférence politique », explique L’Equipe. Toujours dans le viseur, la ministre des Sports (et désormais de l’Education nationale), qui aurait elle-même déclenché l’article 40 pour s’attaquer à la FFF, ce qu’elle n’a pas le droit de faire. Une thèse renforcée par l’audition de Florence Hardouin devant les parlementaires, rendue publique la semaine dernière.


















