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Un supporteur de l’OM condamné avec sursis, après 24 jours de « punition »

Incidents OM – OL : Un supporteur marseillais condamné avec sursis, après 24 jours de « punition » en prison

JUSTICEThomas, 22 ans, a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour avoir jeté une pierre en direction d’un car des supporteurs lyonnais en marge du match entre l’Olympique de Marseille et l’Olympique Lyonnais le 29 octobre dernier
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • Thomas S., 22 ans, supporteur de l’Olympique de Marseille, a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour « jet de projectile dans une enceinte sportive », ainsi qu’à une interdiction de paraître aux matchs de l’OM pendant trois ans.
  • Il avait reconnu avoir jeté une pierre en direction du car des supporteurs de l’Olympique Lyonnais, sans pour autant l’atteindre, avec le visage dissimulé.
  • Il est néanmoins sorti de prison, après 24 jours de détention provisoire, « une punition » vécue comme « un enfer », qui l’a fait « comprendre », comme il l’a expliqué au tribunal.

Un ouf de soulagement dans le box des accusés, mais aussi dans le public venu soutenir Thomas S., 22 ans, ce supporteur de l’Olympique de Marseille jugé par le tribunal correctionnel pour avoir jeté une pierre sur le car des supporteurs lyonnais en marge du match de Ligue 1 entre l’OM et l’OL, le 29 octobre dernier. Il a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour jet de projectile dans une enceinte sportive, ainsi qu’à une interdiction de port d’arme et de paraître aux matchs de l’Olympique de Marseille, à domicile comme à l’extérieur, pendant trois ans.

Thomas S, recouvre surtout la liberté, « la chose la plus importante », selon son avocat Fabrice Giletta, après 24 jours de détention provisoire prononcée le 31 octobre dernier lors de sa comparution immédiate. « C’était un enfer, j’ai compris que ce n’était pas ma place, que les bêtises ne mènent à rien dans la vie. Je n’arrivais pas à dormir, ça se bat toute la nuit, c’est un enfer. Cette punition que vous m’avez donnée avec ces 24 jours de prison m’a fait comprendre », a-t-il confié après avoir une nouvelle fois reconnu avoir jeté une pierre en direction d’un car de supporteurs lyonnais, le visage dissimulé.

« Faire de mon fils un exemple »

Pour son père, présent à l’audience, cette peine de quatre mois de prison avec sursis, et surtout la détention provisoire, ont pour but « de faire de mon fils un exemple de la part de la justice, poussé par les médias » : « Comment penser autre chose ? Personne n’a été retrouvé, il n’y a que mon fils qui est puni », a-t-il regretté, bien que soulagé de voir son fils ressortir libre.

Depuis cette fameuse soirée du 29 octobre et du report du match entre l’OM et l’OL après l’attaque du car du staff et des joueurs lyonnais, blessant gravement l’entraîneur Fabio Grosso et son adjoint, seuls des individus ayant attaqué le car des supporteurs lyonnais ont été interpellés. Un deuxième supporteur de l’OM sera jugé en janvier prochain pour jet de fumigène sur un car de supporteur.

Un an d’emprisonnement requis par le ministère public

Mais le président du tribunal, comme la procureur de la République, se sont longuement attardés sur le contexte de ce match, entre leçons de supporterisme et comparaisons à « une expédition en plein Amazonie avec des crocodiles et des dangers qui rôdent tout autour » pour l’un, et « d’un désastre tellement la soirée a été émaillée de nombreux événements affligeants », pour l’autre. « Une soirée qui se voulait festive, sportive, et qui, finalement, entraîne de multiple procédure pénale, des blessures et une image désastreuse de ce qui devait être un match de foot », a listé le ministère public.

Au point de réclamer « 12 mois d’emprisonnement, dont la moitié de sursis et le maintien en détention, une interdiction de stade de cinq ans » pour les trois infractions reprochées, « violence volontaire avec l’usage d’une arme », « dégradation d’un bien par personne dissimulant son visage », et « jet de projectile dangereux dans une enceinte sportive ».

« Juger la responsabilité individuelle et pas collective »

Mais maître Fabrice Giletta s’est efforcé de rappeler que le tribunal est là pour « juger la responsabilité individuelle et pas collective » : « il faut s’éloigner du contexte et venir aux faits qui lui sont reprochés, et non pas répondre de toutes les exactions de certains supporteurs », a-t-il insisté. Et concernant les faits reprochés, il a demandé la relaxe de son client pour les faits de la violence volontaire, puisque « nous ne pouvons déterminer où ce projectile a fini sa course », tout comme pour les dégradations, « il n’y a aucune dégradation sur le côté droit du car », la direction vers laquelle Thomas S, a jeté la pierre. Mais aussi pour jet de projectiles dans une enceinte sportive, « or là on n’est pas dans le stade et c’est bien la raison pour laquelle l’OM n’a pas été sanctionné », a rappelé son avocat.

Le tribunal a finalement retenu le seul jet de projectile, pour lequel Thomas S a donc été condamné à quatre mois de prison avec sursis, notamment. Il va pouvoir reprendre son travail alors que son employeur lui a gardé sa confiance en ne suspendant son contrat de travail que le temps de l’incarcération. Et la prochaine fois qu’il ira au stade, pas avant trois ans minimum donc, il rejoindra son père comme il devait le faire ce fameux dimanche 29 septembre, plutôt que d’aller affronter les supporteurs adverses. « Si je n’étais pas allé avec les autres, je ne serai jamais allé en prison », a-t-il regretté.