Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
La charnière, cap’taine Kyk’s… Ce qu’on retient de ces Bleus post-Mondial

France-Grèce : Une charnière au top, Mbappé capitaine, la question du 9… Ce qu’on retient de ces Bleus post-Mondial

footballAprès la victoire contre la Grèce, petit bilan des quatre premiers matchs de qualifications à l’Euro de l’équipe de France
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • L’équipe de France a battu la Grèce lundi soir dans le cadre des éliminatoires à l’Euro 2024.
  • Grâce à ce succès, les Bleus bouclent une année très réussie, depuis la finale de la Coupe du monde à un début de qualifications parfait.
  • Avant de partir en vacances, arrêtons-nous quelques instants sur les enseignements à tirer de ces premiers rendez-vous post-Qatar.

Au Stade de France,

La fête n’a pas été aussi belle sur le terrain qu’en tribunes pour ce dernier match de la saison, mais les mois de juin ont trop souvent accouché de bouillies infâmes pour bouder notre plaisir. Grâce à cette victoire contre la Grèce, l’équipe de France a pris le large en tête de son groupe et, à moins d’une énorme autant qu’improbable chute de tension en début de saison prochaine, elle se qualifiera pour l’Euro en Allemagne. Avant de partir en vacances et de se pencher sur la suite, prenons quelques instants pour tirer les principaux enseignements de ces premières rencontres post-Coupe du monde, dont on pouvait difficilement attendre mieux.

Une défense centrale avec qui on peut voyager

C’est sans doute la principale satisfaction de ce début de qualifs. Dans la lignée du Mondial, où ils avaient été associés à plusieurs reprises pour pallier les pépins physiques de Raphaël Varane, Dayot Upamecano et Ibrahima Konaté ont confirmé qu’ils ont tout pour s’imposer comme la nouvelle charnière des Bleus. Impressionnants face aux Pays-Bas et en Irlande, ils n’ont encore rien laissé passer lundi soir, solides au duel, concentrés à chaque instant, veillant l’un sur l’autre.

Une bonne entente liée à leurs quatre années passées ensemble à Leipzig, où ils sont devenus de vrais amis en plus d’être complémentaires sur le terrain. « Les automatismes viennent avec le temps, et on a eu la chance d’en avoir, disait Konaté à Clairefontaine en début de rassemblement. On doit continuer travailler, il y a de la concurrence, mais c’est un objectif pour nous de s’installer. » C’est plutôt bien parti. Pour le moment, les Bleus n’ont jamais encaissé de buts quand les deux rocks de 24 ans étaient associés. Une stat qui donne des ailes à Konaté. « Je me donne un objectif, c’est de ne prendre aucun but dans tous les matchs de qualification », a avoué le défenseur de Liverpool après le match. Ambitieux, mais après tout, quatre matchs c’est déjà un record pour les Bleus.


L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

Mbappé capitaine d’un nouveau genre

Une curiosité, une vraie. Voir Kylian Mbappé succéder à Hugo Lloris en tant que capitaine était d’une certaine manière assez logique, mais également surprenant. Exposer ainsi son joueur phare peut participer à un certain emballement et provoquer des soubresauts, tout le contraire de ce que recherche un sélectionneur. Mais DD n’a pas hésité. Les premiers pas sont réussis, parce que de toute façon, le Parisien sait se sortir de toutes les situations. Il avait prévenu qu’il ne ferait pas toutes les conférences de presse de veille de match, mais il en a tout de même assuré trois sur quatre, dont celle avant Gibraltar alors que la question de son avenir en club était brûlante.

« Ce ne sont pas quelques bruits à l’extérieur qui vont me faire fuir mes responsabilités de capitaine, avait-il assumé. Aujourd’hui c’était important d’être là pour éviter qu’il y ait une interprétation de fuite ou de peur. Ce n’est pas du tout mon tempérament. » Pour le reste, Mbappé est un capitaine ouvert, qui s’appuie sur les plus anciens que lui chez les Bleus, Antoine Griezmann et Olivier Giroud par exemple, pour encadrer l’équipe.

Ce rôle le pousse aussi à être moins centré sur lui pendant les matchs. « J’apprends tous les jours, je pense que c’est quelque chose qui enrichit mon expérience, ma carrière, a-t-il dit sur TF1 lundi soir. Je ne pensais pas devenir capitaine, le coach est venu m’en parler, et c’est difficile de refuser. » Le coach en question semble heureux de son choix. « Il est bien dans son rôle, il ne surjoue pas, observe Deschamps. Il me fait aussi remonter les demandes des joueurs. Mais ce n’est pas une charge, cela se fait naturellement car il est légitime au sein du groupe. »


Grizou toujours motivé

Un constat en lien avec le point précédent. Parce que oui, le « perdant » de la succession de Lloris, c’était Antoine Griezmann, candidat on ne peut plus légitime en tant que cadre inamovible de Deschamps depuis près de dix ans. Des médias avaient fait écho d’une grosse déception pour le Madrilène, qui aurait songé pendant quelques jours à arrêter les Bleus. FAUX, a-t-il répondu dimanche, alors qu’il venait en conférence de presse en tant que vice-capitaine : « Je suis passé à autre chose. Il n’était pas question d’arrêter la sélection, ça ne m’est pas passé par la tête. Je suis à fond derrière Kylian, j’essaie de faire le maximum pour l’aider. Arrêter les Bleus, impossible ! Il faudra qu’on me dégage. »

A le voir encore courir partout lundi pour son 61e match de la saison, dans un rôle de milieu relayeur qu’il accepte sans broncher, on ne peut que constater qu’il a toujours la foi. Auteur d’une grosse saison avec l’Atlético, Grizou, 32 ans, ne se fixe pas de limite d’âge avec les Bleus. « J’aime trop l’équipe de France. Il faut être au niveau aussi. Tu peux vouloir y être sans avoir le niveau. Tant que j’ai le niveau, je veux y être le plus longtemps possible », a-t-il lancé.

La question du 9

Didier Deschamps a semble-t-il décidé de poursuivre avec son idée de 4-3-3 hybride, avec Griezmann mi-relayeur mi-meneur, taillé pour mettre Mbappé dans les meilleures conditions sur son côté gauche. C’est vrai que l’ensemble est cohérent, mais il reste un poste important en jachère : celui d’avant-centre. Olivier Giroud a fait une bonne Coupe du monde, il peut encore rendre de grands services mais il ne peut pas représenter l’avenir. Randal Kolo Muani a pris du galon au Qatar et a été titularisé trois fois sur les quatre matchs de qualifs, mais s’il est intéressant dans le petit jeu et les appels, il n’a pas marqué. La marche est encore un poil haute pour le joueur qui a explosé à Francfort cette saison.

« Il a une grande marge de progression, mais il fait de très bonnes choses. J’avais choisi Olivier (Giroud) vendredi pour sa présence dans la surface, son jeu de tête. C’était différent même s’il n’y a pas eu beaucoup d’espaces en première période. Kolo a besoin de ces espaces, note Didier Deschamps. Il a eu beaucoup de situations, c’est un profil différent. Il y a du monde dans le domaine offensif, entre ceux qui sont là et ceux qui pourraient être là. Il y a un grand réservoir. »

Pas tant que ça en vrai quand on regarde un peu. Christopher Nkunku n’a pas le profil pour jouer seul dans l’axe, Marcus Thuram non plus. Ben Yedder a laissé passer le train, Lacazette n’a jamais eu vraiment le droit de monter dedans. Il faut espérer que Kolo Muani prenne encore de l’épaisseur d’ici à l’Euro.

C’est terminé pour la paire Pogba-Kanté

Une petite réflexion comme ça qui nous est passée pendant le match. Au fond de nous, on était persuadés qu’en étant patient, on reverrait bien un jour le duo magique du milieu de terrain, celui qui nous a emmenés sur le toit du monde en 2018, si complémentaire, inégalable à son top niveau. Mais il faut bien se faire une raison. Les deux hommes ont joué trois matchs et demi cette saison, et s’il reste un petit espoir pour Pogba, ça semble terminé pour Kanté, en partance pour l’Arabie saoudite. Leur dernier match ensemble sous le maillot bleu restera donc France-Suisse à l’Euro 2021. Si on avait su, on aurait pleuré encore plus fort.