FC Barcelone-OL : Comment les Lyonnaises ont-elles su se remettre de leur série noire de blessures ?

FOOTBALL Après avoir enregistré les retours d’Ada Hegerberg et de Griedge Mbock, l’OL a cette saison encore subi des blessures en cascade. Les joueuses de Sonia Bompastor n’en ont que plus de mérite d’atteindre la finale de la Ligue des champions, ce samedi (19 heures) à Turin, contre le Barça

Jérémy Laugier
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L'emblématique attaquante norvégienne Ada Hegerberg, ici double buteuse le 30 avril au Parc des Princes, revient peu à peu à son meilleur niveau, après 21 mois de blessures.
L'emblématique attaquante norvégienne Ada Hegerberg, ici double buteuse le 30 avril au Parc des Princes, revient peu à peu à son meilleur niveau, après 21 mois de blessures. — J.E.E. / SIPA
  • L’OL va tenter de conquérir, ce samedi (19 heures) à Turin, la huitième Ligue des champions de son histoire, contre le FC Barcelone.
  • Après une saison sans le moindre trophée, le club lyonnais a la possibilité de signer un doublé, avec un championnat de D1 quasiment en poche à deux journées de la fin.
  • Et ce malgré une série noire de blessures importantes, cette saison encore, à commencer par Amel Majri et Dzsenifer Marozsan (genou), qui avaient été décisives lors de la précédente finale européenne contre le Barça (4-1), en mai 2019 à Budapest (Hongrie).

Amandine Henry en défense centrale, Griedge Mbock latérale droite et Eugénie Le Sommer au milieu. Si on avait glissé l’été dernier à Sonia Bompastor qu’elle devrait enchaîner autant de bizarreries cette saison, elle n’aurait probablement pas imaginé être en position de réaliser un doublé Ligue des champions-championnat. Le titre en D1 est pourtant quasiment en poche, avec cinq points d’avance sur le PSG à deux journées de la fin, et l’OL tentera de conquérir son huitième sacre européen, ce samedi (19 heures) à Turin, en finale contre le FC Barcelone.

La coach lyonnaise espérait disposer d’un effectif au complet pour la reprise en août 2021, et surtout récupérer immédiatement deux joueuses majeures, Griedge Mbock et Ada Hegerberg, alors gravement blessées depuis plus d’un an. Ces deux titulaires indiscutables ont finalement réintégré peu à peu l’effectif, et respectivement rejoué à partir de fin septembre et de début octobre. Dans la foulée de cette double bonne nouvelle, Amel Majri a pris le relais à l’infirmerie avec une rupture des ligaments croisés du genou gauche en octobre, synonyme de saison quasi blanche.

Amel Majri, ici lors du barrage aller de Ligue des champions, en septembre 2021 contre Levante, connaît une saison blanche après s'être gravement blessée au genou gauche dès le mois d'octobre.
Amel Majri, ici lors du barrage aller de Ligue des champions, en septembre 2021 contre Levante, connaît une saison blanche après s'être gravement blessée au genou gauche dès le mois d'octobre. - Ivan Terron/Shutterstock/SIPA

Cinq joueuses ont été absentes longtemps cette saison à l’OL

Puis vont s’enchaîner parmi les graves pépins physiques, à savoir entraînant plus de deux mois d’absence, Damaris Egurrola (cheville gauche), Danielle van de Donk (jambier droit), Christiane Endler (genou droit), et enfin Dzsenifer Marozsan, victime début mai d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit. Une série noire à laquelle il faut ajouter des forfaits plus courts pour Wendie Renard (cuisse), Selma Bacha (quadriceps) et Catarina Macario (lésion musculaire), ainsi que la gastro-entérite ayant privé Ada Hegerberg d’un périlleux quart de finale aller de Ligue des champions à Turin (2-1).

Et dans l’inédite rubrique carnet rose, on retrouve le congé maternité de Sara Björk Gunnarsdottir, seulement de retour à la compétition en mars. N’en jetez plus, Sonia Bompastor a notamment dû traverser l’hiver avec un milieu décimé. Comment l’OL a-t-il dans ce contexte pu éviter de tout perdre comme cela avait été le cas la saison passée sans Mbock et Hegerberg, puis avec un cluster de Covid-19 fatal avant le quart de finale européen retour contre le PSG (1-2) ?

« Notre saison montre la force mentale de l’équipe »

« Le mérite en revient vraiment aux joueuses, indique l’ex-milieue lyonnaise Camille Abily, désormais adjointe de Sonia Bompastor. Quand je vois comment certaines d’entre elles ont accepté de se sacrifier à un poste qui n’était pas le leur pour aider l’équipe, à l’image de Griedge Mbock qui a joué latérale et milieue… » Car ce bricolage de fortune n’a pas empêché l’OL de tenir ses deux principaux objectifs de la saison (D1-C1), même s’il a volé en éclats lors du 8e de finale de Coupe de France à Paris (3-0), avec un improbable milieu composé de Selma Bacha et de Griedge Mbock.

« On ne va pas aller jusqu’à parler de malédiction mais c’est sûr que nous ne sommes pas épargnées par les blessures depuis trois ans, note Delphine Cascarino. Notre saison montre la force mentale de l’équipe. » Revenue tout comme Sarah Bouhaddi et Dzsenifer Marozsan en janvier de son prêt à OL Reign (Etats-Unis) – une autre difficulté à gérer pour Sonia Bompastor –, Eugénie Le Sommer va dans le même sens.

On a quand même réussi à faire face à beaucoup de blessures, et à gagner des matchs alors qu’il nous manquait plusieurs joueuses. Ce sont des périodes où il faut savoir faire le dos rond, travailler ensemble et garder la confiance. C’est ce qu’on a réussi à faire et ça peut nous servir pour cette finale contre le Barça. »

« On avance pour cette reconquête sans regarder tous les pépins »

Sonia Bompastor a joué un rôle majeur sur la dimension de confiance, comme le confie Selma Bacha : « La coach nous insuffle des ondes positives. Quand on a perdu Amel Majri sur blessure, on était tristes pour elle mais Sonia ne voulait pas que ça nous touche. » Un pari réussi au vu de cette saison de D1, avec 19 victoires et 1 nul en 20 journées, et des pièges franchis en Ligue des champions (Levante, Juventus et le PSG).

En action contre la Juventus, en quart de finale aller de Ligue des champions, Dzsenifer Marozsan est la dernière grave blessée en date de l'OL.
En action contre la Juventus, en quart de finale aller de Ligue des champions, Dzsenifer Marozsan est la dernière grave blessée en date de l'OL. - Cristiano Mazzi/SPP/Shutterstock/SIPA

« On s’est dit en début de saison qu’il fallait récupérer ce qui nous appartient, raconte la jeune attaquante Melvine Malard. Dans la tête, on avance pour cette reconquête sans tenir compte de tous ces pépins. On se sent fortes mentalement et physiquement, et on joue aussi pour toutes ces filles absentes. » Chacun son tour côté lyonnais, puisque Dzsenifer Marozsan et Amel Majri avaient respectivement signé un but et une passe décisive lors du précédent OL-Barca (4-1), lors de la finale de la Ligue des champions 2019 à Budapest.