PSG – OL : Lyon a dominé de la tête, et avait les épaules pour résister aux Parisiennes

FOOTBALL Les Lyonnaises ont marqué par deux fois de la tête et ont su faire le dos rond quand les Parisiennes ont égalisé en seconde période

William Pereira
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Ada Hegerberg a ouvert le score pour l'OL lors de la demi-finale retour de C1 face au PSG
Ada Hegerberg a ouvert le score pour l'OL lors de la demi-finale retour de C1 face au PSG — FRANCK FIFE / AFP

Au Parc des Princes,

Samedi soir, l’OL a gagné la tête en l’air. Mais dans le bon sens du terme. Pas un des trois buts lyonnais contre le PSG – si on compte le deuxième d’Hegerberg, finalement refusé – n’a été inscrit autrement que de la tête. Et des deux seuls valides, on ne sait pas lequel est le meilleur. L’ouverture du score d’Hegerberg dans la lulu après avoir repris tout en suspension le centre parfaitement dosé de Salma Bacha ? Ou bien celui de Wendie Renard aux allures de alley-oop sur un coup-franc de la même Bacha en fin de match ?

L’entraîneur parisien, Didier Ollé-Nicole se serait bien passé d’un tel dilemme mais n’a pas manqué de saluer, en bon perdant, l’efficacité « chirurgicale des Lyonnaises » et de ce « jeu aérien au-dessus de la moyenne ». L’arme fatale qui a permis aux Lyonnaises de se sortir du traquenard parisien et son Parc bouillant, même si on frôlait parfois le spam, tous ces ballons en l’air dans la surface parisienne en première période, finalement, était-ce bien raisonnable ?

Endler ou la revanche des gardiennes

Sans doute un peu. Au sol, c’était moins tranchant et parfois hautain, la preuve avec Delphine Cascarino. Si elle l’avait vraiment voulu, la Lyonnaise aurait éteint la ville lumière avant la pause au lieu d’essayer d’effacer Votikova pour la gloire, le genre d’élan orgueilleux qui finit toujours par vous revenir à la figure. La coach Sonia Bompastor le sait, et son petit rappel en forme de passif-agressif pendant la conférence de presse n’est pas là par hasard (« on peut avoir deux buts d’avance à la mi-temps avec cette occasion de Delphine. » Heureusement pour l’internationale française, l’OL avait de quoi payer la note samedi soir. Mais pas de beaucoup non plus.

Là où les Lyonnaises rient, les Parisiennes pleurent. Car l’efficacité des unes ne vaut que par la maladresse des autres. Que se serait-il passé si, au plus haut de la domination parisienne en seconde période, juste après l’égalisation de l’inénarrable Marie-Antoinette Katoto, Sakina Karchaoui avait mieux ajusté son lob devant Christiane Endler ? Au passage, et puisqu’il est de bon ton de se moquer des boulettes des gardiennes, le match XXL de la Chilienne a dû fermer a minima deux ou trois bouches. Avant l’égalisation, celle-ci s’était déjà illustrée sur une frappe lourde de Dabritz, tentative magistralement claquée, du Neuer dans le texte.



Que se serait-il passé, aussi, si les Parisiennes n’avaient pas si souvent pêché dans la dernière passe, le dernier dribble ? Il y a souvent eu de beaux gestes de Diani et Baltimore, des rateaux, des double-contacts, des feintes de corps, mais combien ont abouti à des situations concrètes. Un manque d’efficacité que regrette forcément un peu l’entraîneur parisien, sans accabler ce groupe dont il loue l’attitude, pas anodin par les temps qui courent.

« Sur ce type de matchs très serré, l’efficacité est essentielle et mes regrets viennent de là : le manque d’efficacité défensive à l’aller, le manque d’efficacité offensive en seconde période aujourd’hui. Je regrette surtout que ça ne soit pas passé pour les filles, merveilleuses de générosité. »

La force mentale lyonnaise

« On a tout donné, abonde la capitaine Grâce Geyoro. On a essayé de produire du jeu, de repartir de derrière, se créer des occasions. Mais ça se joue sur des détails. Quand on loupe une ou deux, l’équipe adverse a la possibilité de marquer et c’est ce qui s’est passé. »

Les Lyonnaises se félicitent quant à elles d’avoir su faire le dos rond quand la pression parisienne se faisait plus forte. Bompastor : « sur la seconde période, j’ai beaucoup aimé le mental et la force de caractère des joueuses pour résister à la pression des Parisiennes et de leurs supporters. » Comme quoi, tout s’est vraiment joué dans la tête pour l’OL.