Droits TV : Feu vert du Sénat à la société commerciale censée sauver le foot français

FOOTBALL Face aux pertes financières des clubs français après l’affaire Mediapro et la crise sanitaire, la LFP espère que cette société commerciale permettra de dégager de l’argent frais et de valoriser les droits télé à l’étranger

A.L.G. avec AFP
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Vincent Labrune espère que la société commerciale de la LFP permettra de dégager de l'argent frais pour le foot français.
Vincent Labrune espère que la société commerciale de la LFP permettra de dégager de l'argent frais pour le foot français. — FRANCK FIFE / AFP

Le Sénat a voté mercredi soir une proposition de loi LREM sur le sport incluant la création d’une société commerciale chargée de mieux vendre les droits télés, un projet jugé vital par le  foot français. « Il y a urgence, il faut appeler un chat un chat », a plaidé le rapporteur du texte, Michel Savin (LR), urgence à donner au foot français une nouvelle possibilité lui permettant de dégager de l’argent frais et de valoriser les droits TV à l’étranger.

Selon la Ligue de football professionnel (LFP), qui appelle de ses vœux depuis des mois la création d’une telle société, les clubs français accusent entre 600 et 800 millions d’euros de pertes. Plombé financièrement par la défaillance de l’ancien détenteur des droits télés Médiapro et la crise sanitaire, le foot français a déjà commencé de sélectionner des actionnaires potentiels pour cette future société, qui serait adossée à un fonds d’investissement.

Vincent Labrune presse le pas

Arrivée par voie d’amendement à l’Assemblée nationale fin mars dernier, cette société, qui serait une filiale de la LFP, a été accueillie avec prudence par les sénateurs en commission la semaine dernière. Ceux-ci ont revu leur copie en séance mercredi soir : ils ont finalement fixé à 15 %, contre 10 % en commission, la part cessible à un investisseur privé extérieur. Mais cela reste en deçà des 20 % votés par l’Assemblée et voulus par le gouvernement qui considère qu’en dessous cela ne sera pas attractif.

En cédant jusqu’à 20 % du capital, la LFP pourrait espérer lever entre 1,8 et 2,5 milliards d’euros, selon les chiffres de valorisation de la société compris entre 9 et 12,5 milliards d’euros. Le temps presse, a prévenu le président de la LFP, Vincent Labrune, lors d’une audition au Sénat début décembre : « Si à court terme on n’est pas capables de rentrer un peu d’argent frais dans les caisses pour nous sauver et rebondir, le championnat de France deviendra le championnat de Slovénie. »

Exit aussi un droit de véto de la Fédération française de football (FFF) dans la future entité, dont la LFP ne voulait pas. La FFF aura « une voix consultative ». Par ailleurs, les statuts de cette future société devront être avalisés par la FFF et le ministère des Sports. Les contours de cette nouvelle société peuvent encore bouger car, pour être adoptée avant la fin du quinquennat, députés et sénateurs devront se mettre d’accord le 16 février prochain sur ce texte en commission mixte paritaire (CMP).