Bordeaux-Rennes : A défaut de gagner, les Girondins ont-ils (enfin) soigné leurs têtes ?

FOOTBALL Malgré une 16e place au classement, les Marine et Blanc montrent un état d’esprit irréprochable à l’image de leur nouveau match nul contre des Bretons bien supérieurs

Clément Carpentier
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Le Bordelais Fransergio au duel avec un Rennais.
Le Bordelais Fransergio au duel avec un Rennais. — Mehdi Fedouach / AFP
  • Les Girondins ont arraché le match nul face au Stade Rennais (1-1) lors de la 8e journée de Ligue 1.
  • Une nouvelle fois, les Bordelais ont réussi à obtenir un résultat dans les dernières minutes grâce à leur force de caractère.
  • Les recrues apportent un vent de fraîcheur à une équipe traumatisée lors des dernières saisons.

Certains diront que c’est avant tout de la réussite. Même beaucoup de réussite au regard du très heureux match nul des Girondins de Bordeaux ce dimanche face à Rennes (1-1) au Matmut Atlantique lors de la 8e journée de Ligue 1. Sauf que c’est loin d’être la première fois cette saison que les joueurs de Vladimir Petkovic s’arrachent pour aller chercher un résultat. Une force de caractère qui a permis de ramener deux nuls de Marseille (2-2) et Montpellier (3-3), une victoire de Saint-Etienne (2-1) ou de remonter deux buts à Lens avant de s’incliner dans le temps additionnel (2-3).

Face aux Bretons, les Bordelais sont encore passés tout près de la correctionnelle dans les ultimes minutes sur une frappe de Flavien Tait alors qu’Edson Mexer venait par miracle d’égaliser. Alors bien sûr dans ce genre de situation, on peut toujours voir le verre à moitié plein ou à moitié vide avec une équipe seulement « à réaction » comme le pointait le milieu de terrain des Girondins Otavio après la défaite face aux Sang et Or. Reste que les supporteurs bordelais n’étaient pas habitués à voir leur équipe être capable de revenir au score comme ça ces dernières saisons. C’était même plutôt le contraire avec des joueurs qui s’écroulaient complètement « au moindre grain de sable dans la machine » comme le rappelait régulièrement Jean-Louis Gasset la saison dernière.

Des recrues pas traumatisées

D’ailleurs, c’est Otavio lui-même qui le disait encore il y a quelques semaines : « Le problème est mental » pour les Girondins ! C’était donc l’un des gros chantiers pour la nouvelle équipe dirigeante et surtout le nouvel entraîneur, Vladimir Petkovic. On pourrait même dire que c’était la priorité de l’ancien sélectionneur de la Nati. Et le fait qu’il dispose d’un diplôme de psychologie n’est bien sûr par étranger à sa venue en Gironde. Si sa sérénité sur le banc de touche peut rassurer les joueurs, peu importe le scénario de la rencontre, il n’y serait en réalité pas pour grand-chose dans ce changement d’état d’esprit : « A part un entretien individuel avec chaque joueur quand il est arrivé, il n’a rien mis en place de spécifique de ce côté-là », explique un proche de l’équipe bordelaise.

Pour cet ancien de la maison, cela est plus dû au fait que « la moitié de l’équipe a été changée à l’intersaison et que certains joueurs peut-être plus fragiles ont quitté le navire. Des joueurs marqués par les années précédentes comme De Préville ou Basic. » Parmi les petits nouveaux qui ne sont pas traumatisés par le passé, il y a Javairo Dilrosun : « Je pense que l’état d’esprit est très bon depuis que je suis arrivé. Aujourd’hui, on a encore rien lâché et on est revenu au score. Je sens qu’on progresse et la preuve, c’est qu’on prend des points. » Pas beaucoup mais quelques-uns et c’est toujours bon pour le moral de cette équipe en pleine reconstruction.

Il se passe quelque chose pour Costil et Petkovic

Une nouvelle fois impérial dans son but, Benoit Costil avoue « aimer cette équipe » ! Lui qui a surtout connu beaucoup de déboires avec les Girondins depuis son arrivée. Il « apprécie de voir son équipe progresser au fur et à mesure avec des gens au stade qui se retrouvent à travers l’état d’esprit des joueurs. Je crois qu’aujourd’hui, même s’il y a plein de choses à redire [sur la qualité du match des Bordelais], il y a une équipe qui se bat et qui mouille le maillot. Donc, c’est déjà quelque chose d’intéressant. »

Vladimir Petkovic voit lui aussi « des joueurs qui sont prêts à souffrir avec une dynamique qui se crée chaque jour à l’entraînement devant ses yeux ». La série de trois matchs sans défaite est là pour le confirmer même si comptablement cela reste très insuffisant avec seulement sept points après huit journées. Mais le coach suisse le promet, son équipe « avance et l’atmosphère est en train de changer ». Avec des têtes à l’endroit, c’est toujours mieux.