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PSG-Barça : La qualif en quarts c’est cool, mais c’était quoi le plan de jeu de Paris, au juste ?
FOOTBALL•Les Parisiens ont pris l’eau de toute part et montré un visage bien différent de celui qu’espérait voir Mauricio Pochettino avant la rencontreAymeric Le Gall
L'essentiel
- Le PSG est qualifié pour les quarts de finale de la Ligue des champions après un triste match nul (1-1) face au FC Barcelone.
- Autant le match aller avait été un régal pour les yeux, autant le retour a été plus que laborieux (à la limite même du professionnalisme en première période).
- Avant le match, pourtant, Pochettino avait annoncé que son équipe ne refuserait pas le jeu. Alors, il s’est passé quoi les gars ?
Au Parc des Princes,
Disons-le tout net : si l’idée de Mauricio Pochettino était de brouiller les pistes, la veille du match, au sujet du plan de jeu qu’il comptait mettre en place face au Barça, alors l’Argentin a passé le test haut la main. Car entre ce qu’on a vu au Parc mercredi, surtout en première période (ohlala cette première période…), et ce qu’il nous a vendu en conf mardi, ce n’est plus un monde mais une galaxie. Que nous avait-il promis ce jour-là ? Que son équipe allait être « à fond dès la première minute de jeu » car « c’est très important la manière dont on va débuter le match », et qu’elle allait commencer le retour « comme s’il y avait eu 0-0 » à l’aller. Paroles, paroles et paroles…
Ou alors c’est simplement que, tout bon meneur d’homme qu’il soit, Pochettino non plus n’a pas encore trouvé la recette miracle pour éviter aux Parisiens de flageoler des mollets dès que le spectre de la qualif en quart – ou plutôt de son élimination – fait son apparition. Toujours est-il que si Paris a livré à l’aller son match le plus abouti en phase à élimination directe depuis belle lurette, il a aussi offert mercredi soir sa pire prestation au même stade de la compétition. Allez, disons au moins pendant une heure, car tout n’a pas été à jeter non plus.
Et soudain, la lumière (ne) fut (pas)
Marquinhos au micro de RMC Sport : « Ça a été dur. On savait que cela serait un autre contexte qu’à l’aller. Barcelone enchaîne les bons matchs en ce moment et là, ils ont fait un bien meilleur match qu’au Camp Nou. Ils ont eu beaucoup de courage avec un pressing intensif et très haut qui nous a empêchés de bien ressortir le ballon en première mi-temps. Notre force c’est d’avoir le ballon et de créer du mouvement et nous avons eu du mal à le faire. »
Doux euphémisme. Pendant 45 minutes, le PSG a joué à reculons et a été incapable d’enchaîner trois bonnes passes. Alors qu’avec la vitesse d’un Mbappé et le sens du but d’un Icardi, un seul bon mouvement aurait pu (dû) permettre aux Parisiens d’exploiter les boulevards laissés dans son dos par une équipe barcelonaise clairement pas venue pour enfiler les efforts défensifs.
Mais pour contre-attaquer, encore faut-il avoir le ballon. Or, en première période, les Rouge et Bleu n’ont pas dû en voir la couleur plus de 5 minutes. A l’arrivée, sur la totalité de la rencontre, ça donne la pire stat du club depuis qu’Opta analyse la compétition (saison 2003-2004) avec un effroyable 27,9 % de possession de balle. C’est également le plus faible pourcentage pour une équipe sur une rencontre depuis l’Atlético de Madrid (THE spécialiste du genre), contre Liverpool, le 18 février 2020 (27.4 %). En parlant chiffres, on peut également souligner le miniscule nombre de passes réussies par le PSG (260, soit trois fois moins que le Barça) et ses sept petits tirs, contre 21 à son adversaire.
« Psychologiquement, c’était une sorte de test », positive Pochettino
« La première mi-temps ne s’est pas passée comme on le voulait, on était déçus. On a beaucoup souffert. On a été pris dans l’agressivité, on n’arrivait pas à mettre le pied sur le ballon, on avait aussi du mal à le ressortir, à réussir les premières passes », a constaté, comme nous, Mauricio Pochettino en Zoom-conférence après la qualif.
Pour lui, outre l’intensité du pressing barcelonais, la réponse à ce vide absolu se trouve surtout dans la tête de ses joueurs (tiens, tiens…) : « Psychologiquement, c’était une sorte de test. On parle beaucoup du passé ici. On a trop gambergé et pas assez pensé au jeu en étant trop concentrés sur la qualification. On a subi mais on a corrigé pas mal de choses en seconde période. Je suis content de ça car ensuite, on a su élever notre niveau de jeu et notre agressivité. »
Bon, si ce n’était pas non plus la fièvre du mercredi soir sur le terrain en deuxième période, sachons reconnaître qu’il y a effectivement eu du mieux. Un peu. Et comme lors du match aller, le changement de visage du PSG est très certainement à mettre au crédit de l’ancien manager des Spurs. Par une gueulante, d’abord. Marquinhos : « C’était chaud à la mi-temps ! On a constaté qu’il nous manquait de l’engagement dans les phases défensives. On a discuté car on a vu que nous avions du mal avec leurs latéraux, c’était difficile, nous étions en retard, on n’arrivait pas à les presser. On a mieux géré en seconde mi-temps en mettant plus d’engagement. Il manquait d’engagement et il [Pochettino] nous l’a dit. »
A chaque chose, bouillie est bonne
En faisant ensuite sortir un Kurzawa averti en première période et totalement à côté de ses pompes pendant 45 minutes, pour Diallo, « Poché » a redonné un peu de consistance à sa ligne défensive et d’impact dans les duels. Gros pouce en l’air au passage pour l’ancien de Dortmund, qui a livré mercredi une performance XXL, à l’image de ce qu’il avait montré contre Manchester à Old Trafford en décembre dernier. Si le retour de Bernat venait à traîner en longueur, Diallo pourrait vite devenir une solution crédible à gauche aux yeux de l’entraîneur argentin. On pourra aussi saluer le changement de Draxler – enfin, du fantôme du cousin éloigné de Draxler, plutôt -, invisible pendant une heure, par Di Maria.
Et tant qu’on y est celui, concomitant, de Gueye par Danilo Pereira. Tout ça pour dire que si tout a été loin d’être parfait face au Barça, au moins Pochettino a eu le mérite de ne pas attendre le dernier quart d’heure pour revoir ses plans. Et puis ce match lui aura aussi permis d’évaluer le travail, principalement psychologique, qui lui reste à effectuer auprès de son groupe, pour faire de ce PSG-là une machine à gagner de (gros) trophées. Ce n’était donc pas une soirée pour rien finalement.


















