RC Strasbourg : Adrien Thomasson, de zéro à héros en huit jours, offre le derby de l'Est au Racing

FOOTBALL Le milieu offensif a inscrit un doublé pour offrir le derby de l'Est aux Alsaciens

Thibaut Gagnepain

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Adrien Thomasson a inscrit le premier doublé de sa carrière, dimanche à Metz.
Adrien Thomasson a inscrit le premier doublé de sa carrière, dimanche à Metz. — JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
  • Le RC Strasbourg s’est imposé 2-1 sur la pelouse du FC Metz ce dimanche. Une première pour les Alsaciens depuis 2007.
  • Cette victoire dans le derby de l’Est, ils la doivent pour beaucoup à Adrien Thomasson, qui a inscrit un doublé.
  • Ses deux buts sont très différents. Un en finesse et l’autre… de la tête. Peu commun pour un des plus petits joueurs sur la pelouse !

Au stade Saint-Symphorien,

De l’ombre à la lumière. En huit petits jours, Adrien Thomasson a tout connu avec le RC Strasbourg. Expulsé après des mots avec l’arbitre à Lyon samedi 6 février, le milieu de terrain offensif a inscrit un doublé déterminant ce dimanche à Metz. Deux buts qui ont permis aux Alsaciens de signer leur premier succès en Lorraine depuis… 2007. C’était déjà sur le score de 2-1.

Le meilleur dans l’histoire de Thomasson ? C’est que sa deuxième réalisation a été marquée de la tête. Soit pas vraiment le point fort classique d’un joueur qui mesure 1,77 m et qui s’est retrouvé sur le coup au duel avec Kouyaté, à qui il rend 16 centimètres. Mais « Kiki », le surnom du défenseur messin, était un peu mou sur le coup. Et le Strasbourgeois surtout plus vif pour couper un centre de Guilbert (1-2, 84e).

« Ce n’est pas parce qu’il fait 1,12 m… »

« C’est une question de timing, de sentir les coups. Pas que de taille », s’amuse l’intéressé, qui avait déjà utilisé son crâne à bon escient. Pour un coup de tête assez semblable à Monaco en janvier 2019. « Ce n’est pas parce qu’il fait 1,12 m qu’il n’en est pas capable », appuie son coach Thierry Laurey, avant une petite pique gentillette. « Je préfère le voir marquer que prendre un carton rouge idiot… »

Le natif de Bourg-Saint-Maurice (Savoie), 27 ans, avait lui envie de se racheter après sa sortie prématurée la semaine dernière. Il s’était excusé devant ses partenaires dès la fin du match dans le Rhône, avant de remettre ça lundi. « J’avais peur qu’il continue toute la semaine », avoue encore avec le sourire son coach. « J’étais frustré d’avoir laissé mon équipe en difficulté et j’avais à cœur de me rattraper », synthétise Thomasson, qui a donc réussi son opération reconquête.

« On est loin d’être sauvé »

Son autre but, le premier de la journée, s’est joué tout en subtilité. Contrôle en pleine surface sur une passe d’Aholou puis petite pichenette pour battre Oukidja (1-1, 33e). Un peu comme à l’aller à la Meinau, mi-décembre. « Celui-ci était plus spectaculaire », réagit le numéro 26 des Bleus. « Là, j’étais bien placé et j’ai réussi à être calme. » Surtout dans un moment du match où il était facile de paniquer. Le Racing souffrait, bougé par un FC Metz joueur et inspiré qui avait ouvert le score grâce à Delaine (1-0, 17e).

Les Strasbourgeois semblaient alors bien partis pour signer un cinquième match d’affilée sans victoire en Ligue 1, ce qui aurait été une première en Ligue 1. Avant donc le doublé de Thomasson, salutaire et qui leur permet de mieux respirer au classement. Car derrière eux, Nîmes et Nantes ont aussi gagné et la marge avec la zone de relégation reste donc la même : 6 points.

« On a livré, je pense, notre meilleure deuxième période », estime Thomasson sans croire à un maintien en Ligue 1 acquis. « On est loin d’être sauvé. Seule une bonne série nous permettra d’envisager une fin de saison plus sereinement ». Elle a peut-être débuté ce dimanche chez le grand rival de l’Est.