FC Metz : Qui se cache derrière l’image de gueulard de Frédéric Antonetti ?

FOOTBALL De retour depuis octobre sur le banc du FC Metz, le technicien fait des miracles. Pas qu’en hurlant…

Thibaut Gagnepain
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Frédéric Antonetti.
Frédéric Antonetti. — F. Tanneau/AFP/Paint
  • Le personnage est connu de toute la Ligue 1 pour ses colères au bord des terrains. Mais est-ce que Fréderic Antonetti ne se résume qu’à ça ? Réponse à Metz, dont il occupe de nouveau le banc depuis octobre.
  • « Il maîtrise tous les aspects de son métier, du recrutement au relationnel avec les joueurs, la communication etc. C’est quelqu’un de très haut niveau et très bien sur le plan humain », assure le directeur général adjoint du club grenat, Philippe Gaillot. Une description qu’appuie le latéral du FC Metz, Matthieu Udol.
  • Frédéric Antonetti est aussi décrit aussi comme un formateur dans l’âme, acharné de travail et « très direct, honnête, poli » par ceux qui le côtoient au quotidien.

« Espèce de bidon que tu es ! Va dans le kop sud, toi, au lieu d’être joueur ! » En quelques phrases colorées à destination du Niçois Yoan Cardinale, Fréderic Antonetti a refait le tour des télés début janvier. Comme avant. Comme lorsque l’entraîneur agitait souvent la Division 1 puis la Ligue 1 par ses colères. Avec Bastia bien sûr, mais aussi Saint-Etienne, Nice, Rennes, Lille…

Puis Metz donc, rejoint au printemps 2018 et dont il s’était éloigné un an plus tard pour être au chevet de son épouse. Après 22 mois chez lui en Corse, le technicien a retrouvé sa place début octobre. Avec des résultats exceptionnels. Son équipe, plutôt destinée à jouer le maintien, pointe à la 7e place du championnat après 24 journées. De quoi rappeler que l’homme n’est pas que le personnage caricaturé à l’excès.

« Cette image du mec qui peut crier sur la touche cache ses énormes qualités d’entraîneur et de manager », confirme le directeur général adjoint du club grenat, Philippe Gaillot. « Il maîtrise tous les aspects de son métier, du recrutement au relationnel avec les joueurs, la communication etc. C’est quelqu’un de très haut niveau et très bien sur le plan humain. »

« Très réfléchi »

Le dirigeant décrit ainsi un Frédéric Antonetti « très direct, honnête, poli. Il est dans constamment dans l’argumentation, on a de vraies discussions sur le fond. Avec les joueurs, c’est pareil. » Une description que ne renie pas Matthieu Udol. « Il est sympa et très à l’écoute tout en étant un vrai chef qui dirige bien son groupe », détaille le latéral gauche du FC Metz, parfois témoin privilégié des remontrances de son coach. « Oui, une mi-temps sur deux, je suis devant lui, rigole-t-il. Si les consignes ne sont pas respectées, ça va vite l’énerver et ça monte un peu, c’est vrai ! Mais il ne passe pas sa vie à ça. La plupart du temps, c’est une personne assez joyeuse et ouverte à la rigolade. Il est très réfléchi. Le foot est une science pour lui. »

Le technicien, travailleur acharné qui vit à l’hôtel et passe près de 12 heures au club chaque jour, porte une attention particulière aux jeunes. « A un entraînement, il peut stopper un exercice et prendre 5 minutes avec l’arrière droit de la réserve si ça ne va pas. Avec lui, c’est vraiment le triomphe de la formation », témoigne Christian Jougleux, journaliste au quotidien régional Le Républicain Lorrain. « Il est très fort dans le développement des joueurs mais aussi pour en remettre d’équerre d’autres. Comme Leya Iseka, en échec à Toulouse et qu’il a relancé ici. Le président Serin l’a déjà dit, Antonetti est sa meilleure recrue. »

Une recrue qui arrive en fin de contrat l’été prochain. Le temps de la retraite pour le jeune sexagénaire ? « On a envie de prolonger tous les deux », balaye Philippe Gaillot, sans annoncer de prolongation. L’intéressé, lui, a évoqué le sujet la semaine dernière. Dans une rare exception à sa pudeur devant la presse. « Moi j’étais programmé pour trois ans. C’est d’ordre privé mais j’avais prévenu ma femme que c’était mon dernier contrat. Les événements ont fait que… bon, bref… excusez-moi », a confié Frédéric Antonetti, au bord des larmes. Une nouvelle fois bien loin de l’image excessive qui lui colle au jogging.