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Yacine Adli, l'heure de jouer dans la cour des grands avec les Girondins

OL – Girondins de Bordeaux : Yacine Adli, l’heure de jouer dans la cour des grands avec les Girondins

FOOTBALLDeux ans après son arrivée, le jeune milieu de terrain en progression doit maintenant prendre son envol
Clément Carpentier

Clément Carpentier

L'essentiel

  • Les Girondins de Bordeaux se déplacent à Lyon ce vendredi (21 heures) à l’occasion de la 22e journée de Ligue 1.
  • En l’absence d’Otavio et en attendant une recrue, Yacine Adli aura une nouvelle fois un rôle important. A 20 ans, il est temps de passer à la vitesse supérieure pour le talentueux jeune milieu de terrain.
  • En progrès ces dernières semaines, il est en train de prendre une nouvelle dimension physique grâce à un travail de fond depuis le début de la saison.

Yacine Adli est ce qu’on pourrait appeler un « attachiant » du foot. Un joueur aussi attachant pour son talent, sa maturité, sa gentillesse que chiant pour son manque de rigueur, de justesse et toute la frustration qui en découle. Une sorte de Javier Pastore des Girondins de Bordeaux. Bon, lui n’a que 20 ans et a encore toute sa carrière devant lui pour ne pas le ranger dès maintenant dans la colonne « intermittent du spectacle » comme l’ancien milieu de terrain argentin de 31 ans du PSG. Une maison où le Bordelais a d’ailleurs fait toute sa formation avant de rejoindre le château du Haillan il y a deux ans.

Depuis, c’est un coup blanc, un coup noir et au final un bilan bien gris. Entre espoirs et déceptions. Lui-même le reconnaît : « J’ai fait de bons matchs, d’autres moins bons, d’autres pas bons du tout mais je donne toujours le maximum pour le collectif. » Ça, c’est vrai ! Comme il est aussi juste de sa part de rappeler les faits : « J’ai commencé par six mois d’adaptation où je n’ai pas énormément joué [six matchs]. Après, on a été arrêtés au bout de six mois avec le Covid [trois buts et trois en passes décisives en 21 matchs la saison dernière]. Donc pour moi, je n’ai toujours pas de saison pleine en professionnel. Je suis toujours dans l’apprentissage. Aujourd’hui, vous faites face à un jeune de 20 ans qui pourrait être encore en centre de formation. » Peut-être. Mais un joueur de son talent peut aussi aspirer à s’imposer dès le plus jeune âge au plus haut niveau à l’image de l’un de ses adversaires ce vendredi (21 heures) au Parc OL, Maxence Caqueret.

Gasset en père fouettard

Pour réussir cela, il peut compter sur Jean-Louis Gasset. Alors que finalement Yacine Adli n’a pas vraiment progressé avec Paulo Sousa, son successeur a décidé de ne pas le lâcher d’une semelle. Même si l’ancien adjoint de Laurent Blanc rappelle souvent l’âge de son jeune joueur, il n’hésite pas à le secouer par les mots ou les gestes, par exemple en le sortant du terrain contre Reims en décembre après une très mauvaise prestation. L’entraîneur bordelais fait pour le moment face à un « joueur assez cyclique qui peut passer de l’excellence au relâchement » en quelques secondes.

« Il faut lui apprendre le métier, j’essaye de le faire, poursuit Gasset, il lui arrive d’être étonné quand je le reprends mais il faut être exigeant avec lui car il a du talent, après cela ne suffit pas. Il sait qu’il aura des problèmes avec moi s’il se relâche. Le courant alternatif ne suffit pas, en professionnel. » De son côté, Yacine Adli se veut philosophique sur ce père fouettard : « On m’a toujours dit que quand quelqu’un est sur votre dos, c’est positif. Le jour où il ne vous calcule plus et ne vous dit plus rien, vous pouvez vous poser des questions. » Et attention, comme tout un chacun, la patience de l’homme à la casquette a ses limites.

Un physique enfin au rendez-vous

L’ex-Parisien semble bien l’avoir saisi. Après être passé complètement au travers à Metz début 2021, il a montré un autre visage ces deux dernières semaines contre Nice et Angers avec deux passes décisives à la clé. Une bonne nouvelle pour lui mais aussi pour les Girondins orphelins d’Otavio, blessé. Pour le staff, Yacine Adli commence à récolter les fruits d’un travail de plusieurs mois. Il a pris de l’épaisseur et ce n’est pas qu’une impression comme l’explique un dirigeant :

« Comme d’autres, il suit un programme individualisé. Des programmes proposés par tout le staff médical mais dont Paulo Sousa ne voulait pas entendre parler. Jean-Lous [Gasset], lui, les a mis en place dès le premier jour. La méthode a changé avec des exercices qu’il fait deux, trois ou quatre fois par semaine. » »

Résultat des courses, le milieu de terrain « n’explose plus physiquement en cours de match », fait remarquer un membre du staff des Girondins. « Avant, il sortait des matchs rincé, avec des douleurs. Aujourd’hui ce n’est plus le cas, il y a une vraie amélioration au niveau physique. On peut même parler de métamorphose », ajoute-t-il. Mais tout n’est pas devenu rose pour autant. La rechute peut vite arriver et Yacine Adli est conscient du défi : « Un bon match, c’est bien. Deux, c’est bien mais le plus important, c’est de faire dix bons matchs, puis une bonne saison. Pour être un joueur de haut niveau, c’est se dire qu’on peut toujours aller plus haut. » C’est l’heure de passer aux actes.