Nice-Bordeaux : Rémi Oudin, une recrue (enfin) au rendez-vous un an plus tard aux Girondins ?
FOOTBALL•Après une première année en dents de scie en Gironde, l’ancien rémois semble monter en puissanceClément Carpentier
L'essentiel
- Les Girondins de Bordeaux affrontent l’OGC Nice ce dimanche (15 heures) lors de la 20e journée de Ligue 1.
- Un an après son arrivée, Rémi Oudin doit maintenant passer la vitesse supérieure pour prouver que le club a eu raison de miser sur lui.
- Irréprochable au niveau de l’état d’esprit et dans son investissement défensif, le milieu de terrain doit passer à l’offensive pour peser beaucoup plus sur le jeu de son équipe.
Il ne l’a sûrement pas fait exprès. Quoique. Samedi dernier pour fêter sa première année aux Girondins, jour pour jour, Rémi Oudin a signé l’une de ses meilleures prestations avec le maillot bordelais et surtout inscrit un doublé, synonyme de victoire pour son équipe face à Lorient (2-1). Il est devenu par la même occasion le meilleur buteur du club cette saison même si ce total de quatre réalisations n’a rien d’exceptionnel.
Mais ces deux buts lui ont tout de même « fait plaisir et énormément de bien à titre personnel », comme il l’a souligné à la fin de la rencontre. Il faut dire que ses 365 premiers jours en Gironde ne resteront pas dans les annales. A l’image de son équipe, il a vécu une année 2020 en dents de scie dans un contexte forcément très compliqué avec la crise sanitaire. Lui-même l’a reconnu il y a quelques semaines : « Mon bilan est mitigé car je sais que je peux apporter plus et être meilleur. Pour moi, c’est moyen. J’espère faire plus en deuxième partie de saison. » Au moins, personne ne lui reprochera d’être lucide. D’autres ne le sont pas toujours.
Des circonstances atténuantes
Pour sa défense, l’ancien milieu offensif du Stade de Reims, deuxième plus gros transfert de l’histoire du club (10 millions d’euros), a quelques circonstances atténuantes comme le rappelle son entourage : « Déjà, il arrive avec le poids de ce transfert, son premier, alors qu’il n’a rien demandé à personne, l’équipe ne tourne pas bien puis au moment où il commence à trouver sa place [un but et une passe décisive en février 2020], la saison est arrêtée. Derrière, l’entraîneur qui le voulait à tout prix quitte le club [Paulo Sousa], Gasset arrive, ça tourne beaucoup devant, Ben Arfa débarque et prend de la place, lui se retrouve parfois à jouer latéral tout un match… Alors oui il aurait pu mieux faire, on est d’accord mais il a aussi fait beaucoup pour le collectif. »
Cet automne, Rémi Oudin se retrouve même sur le banc plusieurs matchs d’affilée (Rennes, PSG et Brest). Un mal pour un bien à en croire l’intéressé. « J’ai beaucoup travaillé, autant sur le terrain qu’en dehors pour progresser. On peut dire que ça m’a fait un peu de bien d’être de côté, un peu. Ça m’a fait souffler et j’ai pu me remettre en question pour revenir plus fort. » Et pour le coup, les chiffres le prouvent puisqu’il en est à deux buts et une passe décisive sur les quatre derniers matchs.
Pas assez « flashy » pour les supporteurs ?
Il semble surtout avoir convaincu son entraîneur. Jean-Louis Gasset adore piquer ses joueurs pour voir comment ils réagissent et surtout savoir s’il peut compter sur eux. Il n’avait pas été tendre avec son milieu offensif sur son manque d’apport au niveau statistique ou ses réticences sur son positionnement. « J’ai ressenti que ça le tiraillait, explique-t-il, après je ne lui demande pas non plus de jouer gardien… Il faut être malléable. Il a des qualités peu importe s’il joue à gauche ou à droite ! » Joueur d’axe de formation, Rémi Oudin enchaîne depuis la reprise à droite et son duo avec Youssouf Sabaly fonctionne plutôt bien.
Mais tout cela ne fera pas taire les critiques pour le moment. Joueur d’équipe et de club à l’état d’esprit irréprochable depuis son arrivée, le milieu offensif a le malheur de ne pas être un joueur « flashy », celui que les supporteurs bordelais attendent depuis une décennie et qui explique l’emballement autour d’un joueur comme Hatem Ben Arfa. Mais là aussi, l’ancien Rémois de 24 ans a pris de la bouteille, dixit l’un de ses proches :
« C’est difficile d’être complètement hermétique aux critiques avec les réseaux sociaux mais il s’est blindé, il n’a plus 18 ans. Il sait que son style de jeu peut provoquer cela mais il trace son chemin. » »
Peser plus offensivement
D’ailleurs comme le joueur lui-même, son entourage reconnaît « qu’il doit faire plus au niveau offensif tout en continuant à très bien faire son travail défensif ». Il est finalement à l’image des Girondins à la mi-saison. C’est-à-dire, peut mieux faire. Lié avec le club jusqu’en 2024, Rémi Oudin fait aujourd’hui partie des rares joueurs avec une valeur marchande dans l’effectif bordelais. Comme pour chacun de ses membres, le club sera attentif si une offre arrive mais ce n’est pas la tendance malgré quelques sollicitations ces derniers mois.
Il compte bien prouver que le club a eu raison de miser sur lui. Et pas avec quelques bonnes performances mais sur la durée. « Ce n’est pas parce qu’il a fait un bon match que c’est devenu le meilleur, comme il n’était pas nul avant ce match mais ça, c’est tout le problème de la culture de l’instant », glisse son clan. Peut-être. Mais aujourd’hui Rémi Oudin n’a plus de temps à perdre.


















