Bordeaux-Angers : Pourquoi Ui-jo Hwang doit-il être l’attaquant des Girondins ?

FOOTBALL Le Sud-Coréen joue enfin à son poste et cette fois-ci, la réussite est au rendez-vous

Clément Carpentier

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Ui-jo Hwang, l'attaquant des Girondins de Bordeaux.
Ui-jo Hwang, l'attaquant des Girondins de Bordeaux. — THIBAUD MORITZ / AFP
  • Les Girondins accueillent ce dimanche (13h) le SCO Angers à l’occasion de la 21e journée de Ligue 1.
  • Pour une fois, Bordeaux pourra compter sur un attaquant en forme en la personne de Ui-jo Hwang (trois buts et une passe décisive sur les six derniers matchs).
  • Repositionné depuis fin décembre au poste de numéro 9, le Coréen retrouve sa position préférentielle et pourrait être le complément idéal d'Hatem Ben Arfa.

Il n’y a pas qu’à l’OM que l’on cherche un grand attaquant ! Aux Girondins de Bordeaux, aussi. Et depuis bien plus longtemps puisqu’il faut remonter à Cheick Diabaté voire Marouane Chamakh pour parler d’un buteur digne de ce nom. Sachant qu’il n’est pas prévu qu’une recrue débarque en Gironde du jour au lendemain comme à Marseille avec Milik, à part si le PDG du club Frédéric Longuépée gagne au loto d’ici le 1er février (et encore), les Marine et Blanc vont donc devoir continuer à faire avec l’effectif actuel à ce poste de numéro 9.

Les prétendants ne manquent pas (Briand, Maja, De Préville ou Hwang) mais personne n’a jamais réussi à s’y imposer sur le long terme. L’un d’eux semble tout de même se détacher depuis quelques semaines : Ui-jo Hwang. Le Coréen reste sur trois buts et une passe décisive sur les six derniers matchs. Même si son efficacité laisse parfois à désirer, pourquoi doit-il être aujourd’hui l’attaquant numéro 1 aux Girondins ?

Parce que c’est le meilleur

La première raison est tout simple, c’est le meilleur à ce poste cette saison (trois buts). En termes de statistiques, Maja (2), Briand (1) et De Préville (0) ne font pas mieux. Décrit comme « discret » et « souriant » par le staff bordelais, Ui-jo Hwang est avant tout un « gros bosseur ». « Il travaille beaucoup à l’entraînement. Il ne lui manque que la finition. C’est un garçon qui est généreux après il doit être plus froid dans les derniers gestes. Par précipitation, il arrive à rater des choses simples », expliquait il y a quelques jours Jean-Louis Gasset, son entraîneur. A l’image de son incroyable raté face au Stade de Reims fin décembre.

Ui-jo Hwang, l'attaquant des Girondins de Bordeaux.
Ui-jo Hwang, l'attaquant des Girondins de Bordeaux. - Mehdi Fedouach / AFP

En ce début d’année 2021, le Coréen est enfin récompensé de ses innombrables efforts sur le terrain. Il a aussi prouvé qu’il était capable de se créer tout seul des occasions grâce à son aisance technique, contrairement à Briand et Maja.

Parce que c’est son vrai poste

Ui-jo Hwang a le défaut de ses qualités. Depuis son arrivée aux Girondins de Bordeaux à l’été 2019, sa polyvalence ne joue pas forcément en sa faveur. Si les entraîneurs apprécient son profil de « couteau suisse » dixit Jean-Louis Gasset après la victoire à Nice dimanche dernier, lui est ballotté un peu partout sur le front de l’attaque depuis un an et demi. Pas évident de trouver ses repères quand on vit sa première expérience à l’étranger et qu’on ne parle pas du tout la langue. Cette saison, il a joué en pointe (7 fois) mais aussi ailier gauche (5) et ailier droit (3) sur ses 15 titularisations.

Pourtant, le vrai poste du Coréen est bien avant-centre. C’est d’ailleurs dans cette position qu’il joue avec sa sélection et avec réussite (10 buts en 32 matchs). A Bordeaux, JLG a tenté une première fois l’expérience en septembre sans grand succès (deux nuls et une défaite) avant de donner sa chance à Maja puis finalement de revenir vers l’option Hwang en fin d’année. Depuis, il enchaîne à ce poste (à part à Metz) mais son entraîneur n’hésite pas à le remettre sur un côté en cours de match.

Parce que c’est peut-être le complément idéal de Ben Arfa

Aujourd’hui, c’est la première donnée à prendre en compte quand il faut se pencher sur l’attaque des Girondins. Tout doit être fait en fonction d’Hatem Ben Arfa, c’est Jean-Louis Gasset qui le dit lui-même. Le meneur de jeu a les clés du camion et carte blanche depuis son arrivée début octobre. Et pour le moment, Bordeaux ne lui a pas trouvé le partenaire idéal. Briand n’a pas vraiment eu sa chance, Maja ne l’a pas saisie et De Préville a totalement disparu de la circulation. Alors ne serait-ce pas Hwang, le meilleur complément ?

Deux choses plaident pour le Coréen. Comme le rappelait son coéquipier Paul Baysse, il a « un profil différent car il prend beaucoup plus la profondeur que les autres » et quand il y a derrière un passeur comme Ben Arfa… Mais surtout Ui-jo Hwang ne rechigne jamais sur les tâches défensives, quitte à en faire trop. Ce qui explique sûrement « son manque de sang-froid », parfois, devant le but selon Gasset et de justesse dans le dernier geste. Peut-être. Mais quand Hatem Ben Arfa joue, il vaut mieux avoir un deuxième attaquant qui court pour deux comme le Coréen, même si le Français est plutôt impliqué pour le moment.