ASSE : Quelle trace le nouveau directeur général des Verts Jean-François Soucasse a-t-il laissée à Toulouse ?

FOOTBALL Très critiqué par les supporters du TFC ces dernières saisons, Jean-François Soucasse a été nommé mardi directeur général des services du club stéphanois

Jérémy Laugier

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Jean-François Soucasse (au centre), ici en 2012 aux côtés de Thierry Dusautoir lors d'un match de handball de l'équipe de France à Toulouse.
Jean-François Soucasse (au centre), ici en 2012 aux côtés de Thierry Dusautoir lors d'un match de handball de l'équipe de France à Toulouse. — FREDERIC LANCELOT/SIPA
  • Deux jours après l’annonce du départ de Xavier Thuilot, DG des Verts et proche de Claude Puel, l’ASSE a officialisé mardi son remplaçant, Jean-François Soucasse.
  • Ancien joueur des Verts de 1995 à 1998, celui-ci sort de 19 années passées au TFC avec différentes fonctions occupées.
  • Cible des supporters toulousains depuis deux ans, celui-ci laisse néanmoins de bons souvenirs à Elie Baup, coach du TFC de 2006 à 2008.

Le community manager de l’ASSE a dû s’arracher les cheveux mardi, en découvrant la teneur des 150 réponses à son tweet annonçant la signature de Jean-François Soucasse comme directeur général des services du club stéphanois. Deux jours après le départ de Sainté de Xavier Thuilot, les supporters des Verts ont même reçu de nombreux messages de soutien de leurs homologues toulousains, qui ont réclamé la tête de Jean-François Soucasse durant ses deux dernières saisons au TFC. Taquins, certains ont même proposé de prêter l’immense bâche « Soucasse dégage » déployée au Stadium par le principal groupe des Indians, en mai 2019, lors d’un match face à l’OM.

Une image symbolique forte de la cassure entre Jean-François Soucasse et les fans toulousains, surtout en raison de la communication faite après les débordements lors d’un match TFC-Losc déterminant en vue du maintien en mai 2018. « Le club aurait pu nous défendre après la charge policière excessive que nous avions subie ce soir-là, confie Alexandre Roux, président des Indians. De même, Jean-François Soucasse a toujours assumé porter plainte contre les supporters pour utilisation de fumigènes. » Alexandre Roux pointe « un désastre de com' », mais pas que : « A chaque fois qu’on parlait avec lui, les débats restaient stériles et on sentait un profond mépris de sa part vis-à-vis des supporters ».

« Un joueur studieux et rigoureux »

Lors de sa précédente arrivée dans le Forez, en tant que joueur stéphanois d’une période pour le moins délicate (une relégation à la fin de la saison 1995-96 puis la D2 de 1996 à 1998), Jean-François Soucasse avait une image nettement plus discrète. « C’était un milieu de terrain, voire parfois latéral, avant tout studieux et rigoureux, se souvient son ancien entraîneur Elie Baup, qui l’avait fait venir. Il manquait d’un peu de talent offensif mais c’était un précieux joueur d’équipe. »

Initiée par un master de gestion des métiers du sport à Toulouse, son après-carrière démarre avec un stage de fin d’étude au TFC, son premier club professionnel, où Olivier Sadran le nomme directeur du centre de formation en 2001, puis directeur général adjoint du club dès 2004. C’est dans ce rôle qu’Elie Baup le retrouve, durant ses deux années en tant qu’entraîneur d’un Toulouse troisième de L1 (en 2007). « C'est quelqu’un de très intelligent, avec lui il n’y a pas d’embrouille, assure le coach à la casquette. Il a la même personnalité qu’en tant que joueur : il n’aime pas se mettre en avant. Ne comptez pas sur lui pour chercher la une des journaux ou les réseaux sociaux. »

« Son silence a nettement écorné son image »

Une discrétion qui a pu lui causer du tort durant ses 19 ans passés dans les bureaux du TFC, bouclés par l’arrivée du nouveau président Damien Comolli et du fonds d’investissement américain RedBird Capital Partners l’été dernier. « Jean-François Soucasse a toujours revendiqué le fait de ne pas être un homme de com', explique Yves Dussert, président de l’association de défense des intérêts des supporters toulousains. Mais ce choix du silence a nettement écorné l’image de Soucasse tout comme celle de Sadran. Il était pourtant très disponible pour nous rencontrer sur des problématiques de supporters, mais totalement absent pour la parole publique. »

La relégation en Ligue 2 à la fin de la saison passé lui est en partie reprochée. « Lorsque j’étais entraîneur à Toulouse [de 2006 à 2008], il ne s’occupait pas du sportif mais de la partie administrative, insiste Elie Baup. Nous n’avions donc pas de véritable interaction. Le président Sadran était le vrai boss. Peut-être que cela a changé par la suite. » Directeur général du club depuis 2008 puis président délégué à partir de 2016, Jean-François Soucasse a-t-il eu un rôle majeur dans cette dégringolade du TFC ?

« Il va trouver sa place à l’ASSE »

Selon Alexandre Roux, depuis la prise de recul d’Olivier Sadran, le nouveau DG des Verts assurait « gérer aussi le sportif » lors de réunions avec les supporters. « Le bilan sportif du club est catastrophique et cela lui a été imputé par la plupart des supporters, remarque Yves Dussert. Mais il ne s’occupait que de la partie administrative et le TFC n’a jamais eu de problème avec la DNCG. » Ce dernier s’interroge par ailleurs sur la position « anti-fumigènes » de Jean-François Soucasse à Toulouse, avec dépôt de plainte à la clé : « Etait-ce sa vision personnelle ou les consignes présidentielles ? ». Le contexte des bouillants kops stéphanois (lorsqu’ils pourront enfin rouvrir) pourrait donc révéler une autre posture de la part du DG des services.

« Il va trouver sa place à l’ASSE, assure Elie Baup. Il a pris le temps de découvrir tous les rouages, il a une très bonne relation avec la Ligue nationale. Et puis il est très corporate avec son club, parfait au niveau de sa droiture. » Il lui en faudra pour remettre le club stéphanois dans le bon sens, après le choix de Roland Romeyer de se séparer de Xavier Thuilot.