RC Strasbourg-Bordeaux : Eiji Kawashima, star au Japon et gardien de but modèle en France

FOOTBALL A 37 ans, il a retrouvé une place de titulaire dans l'équipe alsacienne

Thibaut Gagnepain

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Eiji Kawashima : « Après 30 ans, on fait très attention. Je récupère bien, je ne bois d'alcool. Enfin de temps en temps mais pas autant que quand j'étais jeune ! »
Eiji Kawashima : « Après 30 ans, on fait très attention. Je récupère bien, je ne bois d'alcool. Enfin de temps en temps mais pas autant que quand j'étais jeune ! » — Pascal GUYOT / AFP
  • Troisième dans la hiérarchie des gardiens, Eiji Kawashima est devenu le n°1 au RC Strasbourg depuis quatre journées. Il a profité de la blessure de Sels et des performances moyennes de Kamara.
  • Depuis, le gardien nippon de 37 ans assure. « C’est un mec qui est zen […] Il a aussi un très bon jeu au pied, et est très bon sur sa ligne. Certains lui trouveront peut-être un manque d’envergure car il n’est pas très grand pour un gardien (1,85 m). Mais il est très dynamique, malgré son âge », explique son entraîneur Thierry Laurey.
  • Autre argument qui plaide en faveur d’Eiji Kawashima : son grand professionnalisme. Star en son pays, le Nippon demeure un exemple pour le groupe strasbourgeois.

Un arrêt sur penalty dimanche contre Metz puis une parade à bout portant mercredi à Angers. Eiji Kawashima n’est pas étranger à la bonne passe actuelle du RC Strasbourg, invaincu depuis quatre journées de Ligue 1. Soit presque pile poil depuis qu’il est passé gardien titulaire de l’équipe, à Montpellier le 22 novembre (défaite 4-3).

Il avait alors remplacé Bingourou Kamara, blessé en sélection. Le Sénégalais est depuis revenu dans le groupe (avant de replonger) mais ça n’a rien changé : le Nippon de 37 ans est bien l’actuel choix n°1 de Thierry Laurey. Du moins jusqu’au retour de Matz Sels, victime d’une rupture du tendon d’Achille du pied gauche en juillet et qui a repris l’entraînement début décembre.

« Il est très écouté, respecté et montre l’exemple »

Qu’apprécie le coach alsacien chez Kawashima ? « C’est un mec qui est zen. Sur le terrain, il ne fait peut-être que parler mais je trouve ça génial car il booste tout le monde, répond-il. Il a aussi un très bon jeu au pied, et est très bon sur sa ligne. Certains lui trouveront peut-être un manque d’envergure car il n’est pas très grand pour un gardien (1,85 m). Mais il est très dynamique, malgré son âge. »

Voilà pour l’aspect purement sportif. Thierry Laurey s’attarde aussi sur tout ce que représente Kawashima au club. A savoir un modèle pour un groupe assez jeune (26 ans de moyenne d’âge). « C’est un gros travailleur. Il est très écouté, respecté et montre l’exemple. Il a peut-être eu un peu de mal à accepter ce rôle de n°3 ses deux premières années ici mais ne s’est jamais plaint. Aujourd’hui, on le sent heureux de jouer et de participer à l’aventure. »

L’intéressé confirme. « Je me sens bien. Que je joue ou non, je donne tout. Chacun doit pouvoir contribuer à sa façon au bien de l’équipe. » Un discours très politiquement correct mais qui colle vraiment avec le natif de Yonho. « Il fait l’unanimité au club, nous confirme-t-on au Racing. C’est un grand pro, très poli, on a vraiment plaisir à travailler avec lui. » Rien de nouveau puisque c’était déjà le cas chez son précédent employeur, le FC Metz.

« Kawashima Tour » pour ses fans à Liège

« Je ne l’ai jamais vu tirer la gueule, se souvient Julie Decker, la directrice communication du club grenat. Il pouvait revenir d’un match en réserve en Nationale 3, il avait la banane. C’est quelqu’un d’adorable et un bosseur. Après chaque séance, Eiji allait à la muscu quoiqu’il arrive. Pareil avec les journalistes, il prenait toujours le temps de répondre même après des défaites ou même s’il était impliqué sur les buts ! »

A sa place, d’autres ne se seraient pas donné cette peine. Surtout au vu de son statut de star au pays, où il cumule près de 100 sélections avec les Samurai Blue. A tel point que des « Kawashima Tour » étaient organisés pendant ses saisons en Belgique, en particulier au Standard de Liège (2012-2015). Des dizaines de ses compatriotes venaient alors spécialement pour un package entraînement-visite-match et rencontre du gardien.

« Il n’y en avait pas à Metz mais depuis bientôt dix ans que je suis ici, c’est le joueur pour lequel on a eu le plus de demandes médias, reprend Julie Decker. En 2017-2018, avant la Coupe du monde, il avait au moins une interview par semaine et disait oui à tout. » A Strasbourg, l’engouement s’est tassé, la faute aussi au peu d’apparitions du Nippon jusque-là (11 matchs depuis l’été 2018).

Le vétéran ne compte pas s’arrêter là. « Je finirai peut-être ma carrière au Japon mais ce n’est pas au programme aujourd’hui, avoue-t-il. C’est un défi de jouer au meilleur niveau en Europe et je fais tout pour que ça continue. Je suis étranger donc je dois donner plus que les autres, ça me paraît normal. Si je me relâche, je vais vieillir ! »