PSG-Bordeaux : Entre performances, brassard et coups de gueule, comment Laurent Koscielny est devenu le patron des Girondins

FOOTBALL Toujours aussi bon sur le pré, le club peut compter un joueur totalement investi dans son nouveau rôle de capitaine avant de se déplacer ce samedi (21h) à Paris

Clément Carpentier

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Laurent Koscielny, le capitaine des Girondins de Bordeaux.
Laurent Koscielny, le capitaine des Girondins de Bordeaux. — Daniel Vaquero/SIPA
  • Les Girondins de Laurent Koscielny se déplacent au Parc des Princes ce samedi (21h) pour défier le PSG. 
  • Auteur d'un excellent début de saison, le nouveau capitaine bordelais a pris une nouvelle dimension au club. 
  • Discret de nature et leader par l'exemple, l'ancien défenseur international est devenu le vrai patron de cette équipe à travers des coups de gueule salutaires. 

Au milieu de ses joueurs avant la séance du jour, Jean-Louis Gasset fait de grands gestes ce jeudi matin : « J’ai rappelé quelques petites règles pour les jeunes joueurs. Chacun à un programme de travail, si on les fait venir 1h avant l’entraînement, c’est pour bien se préparer. Le talent ne suffit pas ! J’en visais certains ! » Clair, net et précis. Au cours de cette prise de paroles musclée, on pourrait (presque) mettre notre main à couper que l’entraîneur des Girondins a cité, Laurent Koscielny comme l’exemple à suivre.

« Lui, je peux vous dire qu’il est toujours dans les trois premiers arrivés, explique l’un des membres de son staff à 20 Minutes, il a tout un petit rituel, un protocole avec notamment son yoga et on comprend beaucoup mieux pourquoi il est encore à ce niveau à 35 ans. » Depuis le début de la saison, l’ancien défenseur international est tout simplement le meilleur joueur des Girondins. Et forcément, il n’y est pas pour rien si Bordeaux est avec  le PSG, son adversaire samedi (21h) au Parc des Princes, l’équipe qui a réalisé le plus de clean-sheet en Europe cette saison (7).

Encore à un très haut niveau à 35 ans

Indispensable, Laurent Koscielny n’a manqué que trois matchs sur 43 disputés par le club depuis son arrivée à l’été 2019. Toujours aussi juste dans sa lecture du jeu, il est encore l’un des meilleurs défenseurs de la Ligue 1. Pas une surprise pour Jean-Louis Gasset : « J’ai eu Vitorino Hilton (43 ans, joue toujours) à Montpellier, j’ai eu Loïc Perrin (retraite à 34 ans) à Saint-Etienne… Ce sont des joueurs si vous ne les freinez pas ils continuent à travailler sans arrêt. Laurent (Koscielny), c’est le très très haut niveau. »

Paul Baysse et Laurent Koscielny forment la charnière centrale des Girondins en ce début de saison.
Paul Baysse et Laurent Koscielny forment la charnière centrale des Girondins en ce début de saison. - Mehdi Fedouach / AFP

Cinquième meilleur intercepteur du championnat, il est aussi le joueur qui dégage le plus de ballons par match en L1. Quand on sait à quel point les Bordelais sont souvent dominés dans le jeu, ce n’est pas neutre. Avec lui sur le terrain, les Marine et Blanc ont la troisième meilleure défense de l’Hexagone. Il n’est pas non plus anodin au retour au premier plan de Paul Baysse. Ensemble, ils ont réalisé quatre clean-sheet en cinq matchs cette saison. « Il n’est pas du tout venu en préretraite comme on a pu l’entendre, rappelle un dirigeant, il fait vraiment le job, il est investi à 100 % parce que c’est un vrai professionnel. Il est parfait ! »

Gasset le pousse à forcer sa nature

Mais cette saison, au-delà de ses performances sportives, Laurent Koscielny a surtout pris une nouvelle dimension. Même à 35 ans et après une très belle et riche carrière, on peut encore apprendre et progresser ! Le Corrézien, sous contrat jusqu'en 2023, le prouve. Nommé capitaine d’équipe la saison dernière sous Paulo Sousa avec Costil, De Préville et Briand, il est devenu depuis l’intersaison le patron des Girondins. Dans un premier temps, il a récupéré le brassard de capitaine avec l’arrivée de l’ancien adjoint de Laurent Blanc. Un moment pas forcément évident puisqu’il l’a pris à son plus fidèle ami du vestiaire, le gardien international français Benoit Costil. Mais les deux hommes sont vite passés à autre chose.

Plutôt discret de nature et surtout leader par l’exemple, les Girondins découvrent un nouveau Laurent Koscielny depuis quelques semaines. Celui capable de gros coups de gueule comme après la défaite à Monaco (4-0). Jean-Louis Gasset a apprécié :

« C’est ce que je veux qu’il amène en plus. Si je l’ai mis capitaine, ce n’est pas pour rien. Quand on a joué autant de temps à Arsenal ou en équipe de France, on doit transmettre. Ça fait partir du job même si ce n’est pas trop dans notre caractère. Il ne faut pas que ce soit toujours l’entraîneur qui rentre dans les joueurs. On a besoin de ce genre de joueurs pour faire passer notre message. Donc, à des moments, il faut prendre la parole et on a vu le résultat à Rennes (victoire, 1-0). »

« C'est vrai qu’il a un peu évolué là-dessus, avoue un joueur bordelais, avant on entendait beaucoup Ben (Costil) dans le vestiaire maintenant c’est plus souvent Laurent (Kocielny). Ce n’est pas forcément bruyant mais tout le monde l’écoute. » Comme un patron.