Angers-Bordeaux : « Il y a toujours cru »… Paul Baysse, le ressuscité des Girondins

FOOTBALL Ce dimanche (15 h), le défenseur devrait enchaîner un deuxième match officiel après plus d’un an et demi sans jouer

Clément Carpentier

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La Bordelais Paul Baysse a enfin rejoué contre Nantes après 531 jours sans match officiel.
La Bordelais Paul Baysse a enfin rejoué contre Nantes après 531 jours sans match officiel. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Les Girondins de Bordeaux se déplacent à Angers dimanche (15h) à l’occasion de la 2e journée de Ligue 1.
  • Paul Baysse, qui a enfin rejoué après 531 jours sans match officiel, sera de nouveau de la partie.
  • Après deux ans et demi de galère depuis son retour en club, le défenseur de 32 ans retrouve la lumière avec Jean-Louis Gasset.

Jusque dans la coupe de cheveux. Oui, oui, la comparaison tient bien jusque-là entre Jésus Christ et Paul Baysse. Comme le premier à une époque, le second est en train de vivre, à son niveau, une sorte de « résurrection » aux Girondins de Bordeaux. En effet, le défenseur n’était pas à la cave comme il est coutume de dire quand un joueur qui ne joue plus pendant un certain temps, mais bien au fond du tombeau. A 32 ans, la momification était même plus très loin pour celui qui a enfin rejoué vendredi dernier contre Nantes (0-0) après 531 jours sans match officiel. C’est-à-dire, un an, cinq mois et douze jours. Un tunnel sans fin.

Avant ce 22 août 2020, Paul Baysse n’avait pas vu un rayon de lumière depuis près de deux ans et demi. Gustavo Poyet et Paulo Sousa se chargeant bien lui fermer la porte de l’équipe première des Girondins alors que Fabien Mercadal l’a juste entre-ouverte lors de son prêt à Caen avant de mieux lui claquer au nez. Au sens figuré comme au sens propre.

Dès son retour, tout déraille !

Pourtant, l’ancien défenseur niçois n’avait sûrement pas du tout imaginé cela en janvier 2018 lors de son retour dans son club formateur. Lui, le Bordelais pure souche. Mais il avait fallu à peine deux matchs pour que tout déraille : recruté par Jocelyn Gourvennec en pleine crise sportive, il provoque la défaite de son équipe dès son second match avec un penalty et un carton rouge après un vilain coup de coude. Le lendemain, l’entraîneur breton est limogé. Même s’il joue alors quelques rencontres avec son successeur, « il est très vite écarté de l’équipe par Poyet qui ne veut pas de lui », rappelle son entourage. Pour la petite histoire, il sera prêté à Caen à l’été 2018, deux jours avant que l’Urugayen se fasse à son tour limoger aux Girondins.

En Normandie, il aperçoit la lumière quelques mois avant de tomber dans un trou noir : « Ça a été la débandade. Une période très difficile. Pire qu’à Bordeaux. Avec en plus des prises de bec, il a été un peu traumatisé par son passage là-bas », explique l’un de ses proches.

Certains laisseront entendre qu’il en est même venu aux mains avec Fabien Mercadal alors qu’il avait juste échangé quelques mots et tapé dans une bouteille face à un entraîneur qui le provoquait. A son retour en Gironde à l’été 2019, le chemin de croix se poursuit. Il fait partie du « loft », le groupe de joueurs qui s’entraîne à part de l’équipe professionnelle. Lecce (Italie), Apoël Tel-Aviv (Israël), Levadiakos et AEK Athènes (Grèce) s’intéressent à lui mais il refuse de partir.

La délivrance après une saison blanche

« Il est resté pour plusieurs raisons. Déjà, il voulait à tout prix porter le maillot des Girondins. Il y a toujours cru ! Après, il y a le contexte familial. Il est père de famille et il sortait de deux déménagements en un an. Enfin, il ne faut pas se mentir, il a aussi un excellent salaire à Bordeaux (100.000 euros par mois) », énumère un dirigeant. Son choix de rester lui coûtera une saison blanche avec Paulo Sousa ! Zéro minute joué et deux bancs de touche. « On lui a manqué de respect, affirme un proche de l’équipe, c’est pour ça qu’aujourd’hui, on est d’autant plus heureux pour lui quand on sait ce qu’il a mangé. » Ce match contre Nantes, Paul Baysse l’a donc vécu comme une délivrance au point d’être particulièrement inquiet d’être testé positif au Covid-19 avant la rencontre. C’était sa récompense, sa lumière au bout du tunnel.

Paul Baysse était très ému avant et surtout après le match à la fin duquel il n’a pas oublié de ramener ses deux maillots à ses enfants. Son coéquipier de la défense centrale, Laurent Koscielny, n’a pas hésité à lui rendre hommage à la fin de la rencontre :

« Cela a été difficile pour lui mais il s’est battu, a toujours été respectueux, le premier à l’entraînement, à faire des efforts même s’il savait qu’il n’allait pas jouer. Il est récompensé et je pense que c’est un bel exemple pour pas mal de joueurs. Croire toujours en ses chances ».

Paul Baysse et Laurent Koscielny forment la charnière centrale des Girondins en ce début de saison.
Paul Baysse et Laurent Koscielny forment la charnière centrale des Girondins en ce début de saison. - Mehdi Fedouach / AFP

Avec en plus un match de très haut niveau : 7 ballons récupérés (record du match), 91 % de passes réussies dont 31 vers l’avant (record du match).

Ce dimanche (15h), il devrait de nouveau être titulaire à Angers (Jovanovic et Mexer reviennent de blessures et Pablo n’est pas apte). « Paul (Baysse), je le connais car on l’avait vu passer à l’époque (2009-2010) avec Laurent (Blanc) quand il avait 18 ans, se souvient son nouvel entraîneur, Jean-Louis Gasset, on l’a suivi dans sa carrière et je connais son état d’esprit, je connais le joueur, je connais l’homme et je sais que je peux lui faire confiance ». Le principal intéressé revit et il ne s’en cache pas :

« On revient à des choses un peu plus simples, un peu plus à l’ancienne si j’ose dire avec des valeurs qui me correspondent : il ne faut rien lâcher, tout donner. On a un coach qui veut jouer au ballon, qui sent les choses, qui va essayer de tirer le maximum de ce groupe. On est tous derrière lui pour faire quelque chose de grand cette saison ».

Celui qui « a un amour incroyable pour le club et fait également hyper attention à lui pour garder la meilleure forme possible » dixit un membre du staff est donc prêt à faire face à la concurrence et jouer enfin un vrai rôle cette saison aux Girondins. Il n’est vraiment pas l’heure de l’enterrer…

En cas de départ de Basic, Bordeaux surveille Cyprien

Comme prévu, le mercato bordelais est assez calme pour le moment. Trois semaines après son arrivée, le nouveau directeur sportif Alain Roche continue de faire l’état des lieux notamment en rencontrant certains joueurs et leur entourage. Par exemple, il a signifié il y a quelques jours au défenseur serbe Vukasin Jovanovic (en fin de contrat en juin 2021) qu’il n’était pas poussé vers la sortie mais qu’il n’était pas question à ce stade de parler de prolongation non plus. L’heure est un peu à chacun doit faire ses preuves et si les choses doivent s'accèlérer, ce sera à partir de mi-septembre. Thomas Carrique, lui, n'aura pas le temps de les faire puisqu’il a été prêté pour une saison ce jeudi à Calahorra, club de troisième division espagnole.

Auteur d’un très bon premier match contre Nantes sur sa lancée de la saison dernière, la situation de Toma Basic n’a pas évolué cette semaine. Mais comme le révèle Téléfoot, les Girondins surveillent de près la situation du Niçois Wylan Cyprien en cas de départ du jeune milieu de terrain croate. Mais pour l’instant, il n’y a absolument aucun contact entre les deux clubs : « On n'est même pas au courant de cet intérêt », glisse-t-on sur la Côte d’Azur. Du côté de Samuel Kalu, le dossier semble en stand-by. L’attaquant nigérian souhaite notamment voir comment cela se passe avec Jean-Louis Gasset avant de penser à un éventuel départ.