Bordeaux-Montpellier : Le problème des Girondins n’est-il pas d’être une équipe de « gentils garçons » ?

FOOTBALL Face à Montpellier samedi, les Bordelais devront montrer un peu plus de caractère pour éviter une nouvelle déconvenue

Clément Carpentier

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Laurent Koscielny, le capitaine des Girondins de Bordeaux.
Laurent Koscielny, le capitaine des Girondins de Bordeaux. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Les Girondins de Bordeaux reçoivent samedi (17h) Montpellier lors de la 10e journée de Ligue 1.
  • Après la déroute à Monaco (4-0), Gasset attend une réaction de ses joueurs qui ne montrent pas beaucoup de caractère pour le moment.
  • L’absence de vrais leaders et le contexte autour du club n’aident pas les joueurs à se sublimer.

« C’était un peu plus tendu cette semaine », avoue un proche de l’équipe première. Alléluia ! Il semble donc qu’il y ait encore « un peu de fierté et d’amour-propre » chez les joueurs des Girondins comme le réclamait leur capitaine  Laurent Koscielny après le « naufrage collectif » à Monaco (4-0). Au point d’espérer une vive réaction de leur part face à Montpellier au Matmut Atlantique ce samedi (17 h) ? Personne n’y mettra sa main à couper. Cette équipe a trop déçu pour juste tendre le bras.

Surtout, le mal est profond et plus « global » comme le souligne Jean-Louis Gasset qui pointe souvent le manque de caractère de son équipe : « Dès qu’il y a un petit grain de sable, on abandonne. Il n’y a pas de cœur ! » « Le sport demande des efforts, pas uniquement de la qualité technique ou physique. Il faut montrer du caractère. La différence se fait sur l’état d’esprit et la mentalité. Il faut respecter Bordeaux qui est un club historique », ajoute Laurent Koscielny. Alors le problème des Girondins n’est-il pas justement d’être une équipe de « gentils garçons » ?

« On vit trop bien ensemble »

« C’est exactement ça, répond un membre du staff, cette question résume bien la situation. Dans cette équipe, il y a plein de petits groupes et chacun vit très bien de son côté. On a des gentils garçons et tout le monde est très poli. » Ces deux dernières années, c’était plutôt une bonne chose car entre les changements de propriétaires, de directions, d’entraîneurs… Ce groupe aurait pu imploser plus d'une fois. Mais, il est « sain » comme chaque membre de celui-ci aime le rappeler. Le problème, c’est que cette force d’hier est devenue aujourd'hui l’une des faiblesses de cette équipe. Et c’est l’expérimenté Laurent Koscielny qui le dit :

Le souci avec ce groupe, qui est composé que de bons mecs, c’est qu’on vit trop bien ensemble. Mais parfois il faut hausser le ton et se dire les choses dans la vie. »

Peut-être aussi se mettre quelques tampons comme à la bonne époque. Un joueur de l’effectif regrette par exemple « qu’aux entraînements ce soit toujours calme, il n’y a jamais de prises de bec, d’engueulades. Ça manque ! C’est beaucoup trop calme pour moi ! » Une statistique peut illustrer cela : les Girondins sont la seule équipe de Ligue 1 à ne pas avoir pris de carton rouge la saison dernière.

Où sont les leaders ?

Ce manque de caractère s’illustre également par l’absence de vrais leaders depuis quelque temps. « Il n’y a pas de meneur dans cette équipe. On est très déçu par ça. Être meneur, ce n’est pas juste gueuler 30 secondes de temps en temps devant les médias, c’est tous les jours ! Le seul qui râle tout le temps, qui ouvre sa bouche, qui houspille tout le monde, c’est Paul Baysse mais il n’est pas titulaire », confie un dirigeant à 20 Minutes. Où sont donc les cadres ?

A son époque, Paulo Sousa avait nommé quatre capitaines d'équipe : Benoit Costil, Laurent Koscielny, Nicolas De Préville et Jimmy Briand. Mais entre un Costil usé par des mois de crises depuis trois ans, un De Préville plus au niveau sur le terrain cette saison et en fin de contrat et un Briand qui ne joue plus que des bouts de matchs, Koscielny se retrouve bien seul. Et encore le capitaine des Girondins est surtout un leader par l’exemple. Il n’est pas vocal ou très démonstratif de nature. Il a commencé à élever la voix que cette semaine car il y avait le feu à la maison. On est bien loin des Pavon, Saveljic, Jurietti ou encore des Planus, Fernando, Wendel…

Des joueurs dans le flou

Si Jean-Louis Gasset regrette « le manque de communication sur le terrain » et Laurent Koscielny « le confort dans lequel sont certains », les joueurs n’évoluent pas non plus dans un contexte très positif. « Ce n’est pas évident pour eux car on ne sait même pas ce que veut le club, reconnaît l’ancien attaquant des Girondins Lilian Laslandes, ce n’est pas clair. On joue l’Europe ? On joue la 10e place ? On est en reconstruction ? Les joueurs ne savent même pas cela, il n’y a pas d’objectif précis, cette situation floue ne les aide pas ». L’entraîneur bordelais, lui, n’y va pas par quatre chemins :

Quand je dis Bordeaux est mauvais, je ne parle pas des joueurs. Je parle du club et de moi inclus. C’est cette ambiance qui plombe ! On vit dans le faux et l’indifférence. Il y a une sorte de désamour. »

Pour changer cela et retrouver quelques couleurs, Jean-Louis Gasset aimerait « casser son groupe » en changeant de nombreux joueurs « pour l’oxygéner ». Mais en attendant, il y a une saison à disputer et ces mêmes joueurs vont devoir montrer un peu plus de caractère pour s’en sortir car comme le résume aujourd’hui un membre du staff, « cette équipe est devenue comme la ville de Bordeaux, c’est-à-dire très lisse ! »