PSG-Leipzig : A-t-on assisté au pire match du PSG en Ligue des champions sous l’ère qatarie ?

FOOTBALL Malgré la victoire contre Leipzig, les Parisiens ont montré un visage plus que préoccupant mardi soir au Parc des Princes

Aymeric Le Gall

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A l'image de son équipe, Neymar a livré un triste match mardi soir contre Leipzig.
A l'image de son équipe, Neymar a livré un triste match mardi soir contre Leipzig. — FRANCK FIFE / AFP
  • Victorieux des Allemands (1-0) grâce à un penalty généreusement accordé par l’arbitre, les Parisiens ont passé la plupart du match recroquevillés devant leur surface.
  • Dominé dans tous les domaines, le PSG a même fini le match à cinq derrière pour s’assurer la victoire.
  • Sur le terrain pourtant, avec les retours de Mbappé et Neymar, cette équipe semblait avoir les armes pour offrir autre chose à ses supporters.

Au Parc des Princes,

En quittant la salle de conférence de presse du Parc des Princes, mardi soir, pour rentrer au bercail vous préparer les articles du jour, nos oreilles ont entendu bien malgré elles un membre du PSG s’étonner du contraste entre la joie du vestiaire parisien après ce succès vital contre Leipzig​, et l’impression générale laissée en tribune aux observateurs. Toute la différence est là : que les hommes de Thomas Tuchel exultent après cette victoire au courage, synonyme de grands espoirs de qualification en 8es, jusque-là c’est plutôt logique. Mais que les journalistes et observateurs soient désolés par le niveau de jeu affligeant affiché par les joueurs mardi l’est tout autant. Tout est une question de référentiel.

A ce titre, on comprend Marquinhos quand il explique au micro de RMC Sport après la rencontre que les joueurs sont « contents ». Ils viennent de passer tout proche du point de non-retour, celui qui pour la première fois de l’ère qatarie aurait vu Paris échouer aux portes de la phase à élimination directe. Ça valait bien un petit cri de guerre. Et tant pis pour la manière. O Capitão, toujours : « L’équipe réussit à se serrer les coudes dans les moments difficiles. Il y a beaucoup de choses qui se passent, des joueurs ont joué avec des douleurs. On n’avait peut-être pas ce qu’il fallait pour faire un match exceptionnel mais le plus important ce soir c’était les trois points. »

Un Paris sur la défensive pendant 90 minutes

Tout cela est vrai. En allant arracher cette victoire dans la difficulté, Paris s’est évité une révolution en interne et une crise de niveau rouge écarlate, tout en s’offrant le luxe d’avoir désormais son destin en main en coupe d’Europe. Mais bon sang, que ce fut dur. Déjà pas bien fringants dès l’entame du match, les Parisiens nous ont réservé le pire après l’ouverture du score de Neymar sur penalty. Retranchés devant leur surface de réparation durant 90 minutes, les hommes de Thomas Tuchel ont donné l’impression de ne pas savoir quoi faire quand, par miracle, ils se retrouvaient avec le ballon dans les pieds. La tactique ? Neuf derrière et on envoie des sacs devant en priant pour que Neymar et Mbappé fassent la différence.

Paris a subi comme jamais il n’avait subi au Parc des Princes en Ligue des champions depuis l’arrivée de QSI à sa tête. 8 tirs contre 15, 38 % de possession de balle, 4 pauvres centres contre 17, 391 passes d’un côté, 618 de l’autre… Ne cherchez pas, il n’y a pas eu une seule stat’ à l’avantage des Rouge et Bleu mardi. Mais plus que les chiffres, c’est l’impression générale laissée par ce PSG-là qui a de quoi faire frissonner ses supporters. Qu’il semble loin le temps où Thomas Tuchel, encore souriant à cette époque, insistait sur le fait qu’une équipe comme Paris, dans une ville comme Paris, se devait de pratiquer un football champagne…

« Ils n’ont fait que rester derrière »

De son côté, l’Allemand n’a pas changé de discours. « On avait besoin d’une victoire et on a eu une victoire », a-t-il expliqué, pragmatique. Thomas Tuchel préfère garder le positif et souligner « le cœur, la solidarité, la faim » affichés par ses joueurs. Pour lui, si son équipe a joué à ce point retranchée sur son but en position fœtale, c’est que « c’est le match qui voulait ça, on y a simplement répondu ». « Nous sommes dans une situation difficile mais on peut toujours compter sur notre solidarité, a-t-il poursuivi. Je sais très bien qu’on attend plus du PSG, mais si on regarde sérieusement la situation dans laquelle on joue… On peut mieux jouer, oui, mais parfois il faut accepter que c’est impossible. Peut-être que c’est possible, peut-être que c’est moi qui n’y arrive pas. »

Jean-Clauide Blanc, Nasser Al-Khelaïfi et Leonardo étaient présents au Parc mardi soir.
Jean-Clauide Blanc, Nasser Al-Khelaïfi et Leonardo étaient présents au Parc mardi soir. - FRANCK FIFE / AFP

Quelques minutes plus tôt dans l’auditorium du Parc, son homologue Julian Nagelsmann n’en revenait pas de quitter Paris sans le moindre point en soute. « Paris a cherché les contre-attaques, ils n’ont fait que rester derrière. On était la meilleure équipe, on a eu beaucoup d’occasions. On aurait mérité un point mais le football est un sport de résultat et à la fin c’est Paris qui gagne… » Relancé sur le niveau de jeu et la stratégie parisienne du soir, il n’a pas voulu enfoncer son compatriote Thomas Tuchel.

« Paris a vraiment reculé après son but. Thomas savait qu’on devait marquer et il a choisi de faire reculer son équipe. C’était légitime de jouer en contre-attaque, a-t-il concédé. Et puis on les a aussi forcés à jouer si bas devant leur surface, et je ne pense pas que ce soit uniquement la faute de Tuchel si le PSG a joué ainsi. » De toute manière, l’objectif n’est pas tant de désigner des coupables que de comprendre comment cette équipe peut avoir à ce point perdu son football. Et là, pour ne rien vous cacher, on bloque.