Mercato : La hype des prêts, Paris sur le gong et Rennes qui fait sauter la banque... Ce qu'il faut retenir de ce mercato 2020

FOOTBALL Le marché des transfert a pris fin lundi à minuit, on vous résume les dernières tendances de ce mercato pas comme les autres 

Aymeric Le Gall

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Florenzi est arrivé en prêt de la Roma.
Florenzi est arrivé en prêt de la Roma. — FRANCK FIFE / AFP

On a vraiment cru qu’on n’en verrait jamais le bout. Depuis lundi soir minuit, le mercato estival le plus long de l’histoire est bel et bien clos, pour le plus grand bonheur des coachs qui savent enfin à quoi s’en tenir pour cette première partie de saison. Totalement chamboulé à cause de la pandémie de coronavirus, le marché des transferts n’a ressemblé à aucun autre avant lui et, avant de tourner définitivement la page et de penser au terrain et rien qu’au terrain, prenons le temps de faire un petit bilan des soldes 2020.

  • Un mercato version le lièvre et la tortue

Les clubs ont eu beau avoir des mois pour faire leurs emplettes, ce n’est que dans les derniers jours – voire les dernières heures – que ceux-ci ont décidé de se secouer les puces, un peu comme de vulgaires parents flemmards se réveillant le 24 décembre en tiltant qu’ils n’avaient pas commencé leurs courses de Noël. A ce petit jeu, le PSG décroche la palme avec pas moins de trois arrivées dans les 48 dernières heures du mercato (Moise Kean, Danilo Pereira et Rafinha sur le gong).

  • L’amour est dans le prêt

Crise économique oblige, les clubs ont dû s’adapter à la situation et calmer un peu leur boulimie dépensière. Finis les achats à coups de planche à billets ou les chèques avec huit zéros derrière, cette année la tendance était au prêt avec ou sans option d’achat. Là encore, si l’on met de côté de côté le transfert de Mauro Icardi effectif dès la fin de la saison dernière pour 50 millions d’euros, le PSG semble avoir réussi son coup en ne dépensant en tout et pour tout que trois petits millions pour arracher Rafinha du Barça au bout du bout du temps additionnel. Pour le reste, Florenzi (AS Rome), Sergio Rico (Séville FC), Danilo Pereira (FC Porto) et Moise Kean (Everton) sont tous arrivés soit libre soit en prêt.

  • La Premier League ne connaît pas la crise

L’exception à cette règle est évidemment venue de Premier League, seul championnat d’envergure à ne pas avoir transigé sur le homard quand tous ses voisins européens se sont exceptionnellement mis au kebab. Le champion des champions se nomme Chelsea. A part Thiago Silva, arrivé en fin de contrat du PSG, le club d’Abramovitch a fait péter la carte bleue pour s’offrir coup sur coup Timo Werner (53 millions, Leipzig), Hakim Zyiech (40, Ajax) et surtout Kai Havertz (80, Leverkusen). De son côté Man City continue d’empiler des défenseurs centraux à des prix indécents.

Les deux newbies se nomment Ruben Dias, défenseur central arrivé du Benfica pour la modique somme de 68 millions d’euros et Nathan Aké, acheté 45 millions à Bournemouth. Liverpool s’est quant à lui renforcer intelligemment avec le transfert de Thiago Alcantara (Bayern) pour 30 millions d’euros et le très prometteur Diogo Jota, venu de Wolverhampton pour 50 patates. Enfin, petite pensée pour Jean-Michel Aulas qui a dû se frotter les mains en voyant Aston Villa poser près de 19 millions d’euros pour s’offrir le flop Bertrand Traoré. JMA réalise là une plus-value inespérée de près de 50 % (le joueur avait été acheté 10 millions il y a trois ans) !

  • Le mercato le plus sexy de Ligue 1

Il n’y a pas à dire, quand Rennes décide de mettre les moyens pour sa première participation à une phase finale de Ligue des champions, il ne fait pas les choses à moitié. Cet été, le club breton a dépensé pas moins de 71 millions d’euros pour se renforcer, faisant de lui le club de Ligue 1 le plus dépensier. Et à la différence de ses concurrents, Rennes n’a pas attendu la dernière minute pour remplir son panier. Aguerd (Dijon), Gomis (Dijon), Terrier (OL) et Guirassy (Amiens) sont arrivés avant le début de la saison et on a déjà pu constater la plus-value qu’ils avaient apportée à cet effectif.

L’ancien Niçois Dalbert (Inter), le Juventini Daniele Rugani et la pépite belge Doku (arrivée d’Anderlecht pour 26 millions hors bonus) sont venus compléter un effectif désormais au complet et parfaitement excitant. On aurait aussi très bien pu citer l’OGC Nice, toujours très habile sur le marché des transferts (Schneiderlin, Gouiri, Reine-Adélaïde, Rony Lopes).

  • Le transfert le plus « Julien Faubert »

Celui-là, on ne l’avait clairement pas vu venir. En refusant de prolonger son aventure au PSG pour rejoindre le Bayern dans les dernières heures du mercato, Eric-Maxime Choupo-Moting s’est offert l’une des plus belles trajectoires de carrière depuis l’ancien Bordelais Faubert chez les Merengue. Dans la même veine, on pourrait aussi citer le transfert de Bouna Sarr, toujours au Bayern Munich. Le Marseillais est arrivé en Bavière contre 10 millions d’euros et très honnêtement, on demande encore à voir.

  • Le transfert avorté à la dernière minute

Jusque dans les toutes dernières heures du mercato, Memphis Depay s’est imaginé rejoindre Leo Messi au Barça, mais l’impossibilité des Catalans à lâcher Ousmane Dembélé (condition sine qua non pour tenter Memphis) a eu raison de ce deal. Tout comme Aouar, le Hollandais va devoir poursuivre la saison à Lyon sous les ordres de Rudi Garcia. Et avec le sourire, s’il vous plaît.

Dans le même style, citons Sainté qui a manqué d'un cheveux le retour en prêt de Saliba (Arsenal) pour une sombre histoire de « conditions administratives pas réunies à temps », selon les mots du communiqué publié par le club stéphanois mardi matin. L'OM aussi a eu droit à son petit ascenseur émotionnel avec la vraie-fausse arrivée de Joakim Maehle, l'arrière droit de 23 ans du Racing Genk. 

  • Fofana, la casse de l’été pour Sainté

On a beau se montrer dur en affaire, il y a des offres qui ne se refusent pas. Ainsi, après avoir repoussé de nombreuses propositions venues de Premier League pour son jeune défenseur Wesley Fofana, les Verts ont fini par capituler devant Leicester. Et pour cause, les Foxes ont finalement accepté de lâcher 40 MILLIONS D’EUROS pour s’offrir les services d’un joueur qui affiche 30 PETITS MATCHS PROS au compteur. Ce qui nous donne un ratio sympathique de 1,3 million le match, à ce prix-là c’eut été un crime de ne pas accepter.

  • L’OM se lance dans le prospect

Un mot sur Marseille enfin. Pour son premier recrutement en tant que Directeur du football de l’OM, Pablo Longoria (alias Señor Football Manager) est resté fidèle à sa philosophie. L'Espagnol a axé le mercato olympien sur la jeunesse avec l’arrivée de joueurs appelés à un bel avenir tels que Pape Gueye (Le Havre), Leonardo Balerdi (Dortmund), Luis Henrique (Botafogo) et Mickaël Cuisance (Bayern Munich). L’avenir nous dira si le logiciel de recrutement fétiche de Longoria était une arnaque ou une véritable mine d’or.

  • A Bordeaux, circulez y’a pas de marché

Ah oui, on ne voulait pas terminer ce bilan sans évoquer le mercato des Girondins. Zéro euro dépensé, pas la moindre recrue à l’horizon, c’est Jean-Louis Gasset qui doit être heureux mardi matin. Après tout, c’est pas comme si l’équipe avait l’effectif pour jouer le haut de tableau. Courage aux supporters, la saison risque encore une fois d’être très longue.