Coronavirus : « Il est urgent d’attendre »… Les ultras refusent une reprise prématurée de la Ligue 1

FOOTBALL Ils dénoncent dans un communiqué diffusé ce lundi le cynisme et « la cupidité » de certains dirigeants qui poussent pour une reprise anticipée du championnat

Jérôme Gicquel

— 

La Brigade Loire du FC Nantes fait partie des groupes signataires.
La Brigade Loire du FC Nantes fait partie des groupes signataires. — GUILLAUME SOUVANT / AFP
  • Quarante-cinq groupes de supporters français s’expriment ce lundi dans un communiqué, estimant qu’il « n’est pas envisageable que le football reprenne prématurément ».
  • Ils en profitent pour dénoncer l’attitude de certains dirigeants et les dérives du foot business.
  • Selon eux, la crise que nous vivons doit être une invitation pour le football professionnel à « se repenser ».

Pour regoûter au plaisir du football et à l’ambiance des tribunes, il va falloir patienter. C’est en substance le message adressé dans un communiqué commun publié ce lundi par 45 groupes de supporters de clubs de Ligue 1 et Ligue 2. Il s’adresse, sous forme de tacle bien appuyé, aux dirigeants du foot français, très divisés sur la suite du championnat. « Certaines "têtes pensantes du football" se querellent. Se querellent en privé. Se querellent en public. Se querellent dans la presse. Sur la reprise du championnat. Sur les règles applicables en cas d’arrêt de compétitions. Sur l’argent », indique le communiqué des groupes d’ultras, « malheureusement pas surpris » par la tournure prise par les événements.

Au chevet des soignants depuis le début de la crise du coronavirus, ils trouvent surtout ces querelles très déplacées au vu de l’urgence sanitaire. « Si notre critique d’un football inflationniste, que nous qualifions de "foot business", donne parfois le sentiment d’être un slogan folklorique, la situation actuelle nous renvoie à sa brutale réalité. À sa brutale inhumanité. À sa brutale vanité. À sa brutale cupidité. À son insupportable indécence », indiquent en chœur les 45 groupes signataires, déplorant que « l’économie a achevé de prendre le pas sur ce qu’est le sport ».

« Le football "coûte que coûte" est un football de honte »

Dans ce contexte, les groupes d’ultras refusent d’entendre parler d’une reprise anticipée des championnats comme le suggèrent certaines présidents de clubs. « Il est urgent d’attendre, estiment-ils. Il n’est pas envisageable que le football reprenne prématurément. Il n’est pas envisageable qu’il reprenne à huis clos. Il reprendra en temps voulu, quand les conditions sanitaires et sociales seront réunies ». Avant d’enfoncer le clou : « le football "coûte que coûte" est un football de honte, qui n’aura aucun lendemain ».

Les supporters en profitent au passage pour inviter le football professionnel à une introspection en cette période de crise, lui demandant de « se repenser » et de « mettre fin à cette fuite en avant inflationniste ». « Cela ne pourra se faire qu’en impliquant l’ensemble de ceux qui font le football, en commençant par le lieu où se vit le football : le stade », indique le communiqué des supporters.

Ils suggèrent que la LFP reverse les amendes des fumigènes

Ces derniers invitent enfin la LFP à faire preuve de solidarité, lui demandant de reverser les 600.000 euros d’amendes infligés aux clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 au cours de la saison, notamment pour l’usage d’engins pyrotechniques. « Dans une période qui appelle à la solidarité, n’est-il pas envisageable que ces amendes soient, a minima, restituées aux clubs concernés, voire reversées à des secteurs qui, aujourd’hui, en ont réellement besoin ? ».