Nantes-Bordeaux : « On ne s’y attendait pas », les Girondins ont mis fin au partenariat avec le centre de formation argentin de Sala

FOOTBALL Après 17 ans de collaboration, le partenariat avec le « Proyecto Crecer » s’est arrêté début janvier

Clément Carpentier

— 

Guillermo Di Meloa (à droite) avec un maillot d'Emiliano Sala.
Guillermo Di Meloa (à droite) avec un maillot d'Emiliano Sala. — Proyecto Crecer
  • Les Girondins ont arrêté fin 2019 leur partenariat avec la structure « Proyecto Crecer » d’où était issu notamment Emiliano Sala.
  • Malgré cette décision, deux jeunes joueurs argentins continuent leur formation au club avec les U17.
  • Depuis l’Argentine, le club suivra l’hommage rendu à l’ancien attaquant bordelais et nantais à l’occasion de Bordeaux-Nantes, dimanche (17h).

Sans cette structure peut-être que le monde entier n’aurait jamais découvert le talent d’Emiliano Sala. Le « Proyecto Crecer » (« Projet Grandir ») fut en effet un véritable tremplin pour l’attaquant argentin disparu tragiquement il y a un an. Créé en 2002 par Julio Di Meola, un ancien joueur, ce centre de formation situé à San Francisco de Cordoba en Argentine a permis grâce à son partenariat avec les Girondins de Bordeaux à des jeunes du pays de réaliser leur rêve : devenir joueur professionnel.

Emiliano Sala mais aussi Valentin Vada (Almeria) ou Daniel Mancini (Aris Salonique) en sont les meilleurs exemples. Une belle réussite pour toutes les parties. Pourtant cette collaboration de 17 ans vient de s’arrêter : « La convention qui nous liait a pris fin le 31 décembre dernier. Il avait fait l’objet de plusieurs prolongations jusqu’en 2019. Le « Proyecto Crecer » a été informé de cette décision de façon transparente et officielle depuis plusieurs mois », explique aujourd’hui le club bordelais qui semble vouloir réorienter sa politique sur ce sujet avec des partenaires plus locaux (voir encadré).

Le « Proyecto Crecer » est installé à San Francisco de Cordoba.
Le « Proyecto Crecer » est installé à San Francisco de Cordoba. - « Proyecto Crecer

Un partenariat gagnant-gagnant

Si pour Guillermo, qui a repris le flambeau avec sa sœur Gisela à la mort de leur père en 2017, cela a été « surprenant après de nombreuses années de collaboration », et qu’il « ne s’y attendait pas », il n’en veut pas aux Girondins :

« Nous ne sommes pas du tout en colère contre le club. Nous adorons toujours les Girondins. Il n’y a eu aucun conflit. Tout s’est bien terminé. Cela met juste fin à une étape très positive pour nous. »

C’était du gagnant-gagnant. D’un côté, la structure argentine recevait un soutien logistique (équipements pour les entraîneurs et les 250 jeunes joueurs) et une aide financière mensuelle. De l’autre, les meilleurs éléments rejoignaient le club au scapulaire pour parfaire leur formation. Et parfois, il fallait insister comme avec Emiliano Sala. L’Argentin a fait plusieurs allers et retours avant de s’installer en Gironde et de venir un bon buteur (94 buts en 239 matchs).

Deux jeunes argentins encore au club

Alors que le partenariat est officiellement terminé, il se poursuit tout de même un peu dans les faits pour le moment. Deux jeunes argentins de 16 ans (Maximiliano Gay et Valentin Aiassa) jouent cette saison avec les U17 des Girondins, et le club les accompagnera jusqu’au bout. De l’autre de l’Atlantique, Guillermo assure que « dans tous les cas, [son] club a maintenant une structure solide qui s’appuie sur de nombreuses années d’expérience et de travail. Nous ne sommes pas du tout inquiets. »

Le « Proyecto Crecer » va poursuivre sa route même sans Emiliano Sala et les Girondins de Bordeaux. La famille Di Meola compte bien trouver un nouveau club partenaire dans les prochaines semaines : « Il y a des contacts avec de nombreux clubs européens aujourd’hui mais encore rien de concret. On parlera en temps voulu. » D’ici là, ils vont suivre devant leur TV dimanche après-midi (17h) le vibrant hommage qui sera rendu à leur ancien joueur lors de Nantes-Bordeaux au stade de la Beaujoire.

Les Girondins se recentrent sur le local

Si le club a mis fin au partenariat avec « Proyecto Crecer », c’est en partie pour en développer de nouveaux plus « locaux ». Les dirigeants viennent de créer avec la ligue le « cercle de Nouvelle-Aquitaine » qui regroupe tous les clubs qui souhaitent devenir partenaire des Marine et Blanc. Pour ça, les Girondins proposent quatre formules : une gratuite et trois payantes (de 500 à 3.000 euros par club). En échange, le club met à disposition des formations administratives et sportives, des visuels avant les matchs, des visites du centre d’entraînement ou du stade, des places et d’autres animations.

Un système dénoncé par certains supporters sur les réseaux sociaux dont les Ultramarines en conflit avec la direction et par des dirigeants du football amateur. Des critiques auxquelles souhaite répondre le club : « Ce sont les clubs qui choisissent. Il n’y a aucune obligation. On a déjà 30 clubs signataires et 80 % ont pris un partenariat payant. C’est leur choix. Nous sommes simplement là pour les accompagner et les soutenir ».