PSG-Monaco : « C’est absolument nécessaire »… Paris a ramé contre Monaco (mais Tuchel en redemande)

FOOTBALL Pour la première fois depuis qu’il joue en 4-4-2, le PSG a affiché les limites d’un tel système face à une équipe de Monaco très joueuse

Aymeric Le Gall

— 

Paris a effectué un gros test dimanche contre une solide équipe monégasque.
Paris a effectué un gros test dimanche contre une solide équipe monégasque. — Anne-Christine POUJOULAT / AFP
  • Comme depuis un mois, Thomas Tuchel avait aligné ses « Quatre Fantastiques » contre Monaco dans un système en 4-4-2.
  • A la différence de la balade contre Saint-Etienne en Coupe de la Ligue, les Parisiens ont montré beaucoup de lacunes dimanche soir.
  • Pour Thomas Tuchel, ce genre de test est nécessaire avant de disputer les 8es de finale de C1 contre Dortmund.

Au Parc des Princes,

Ceux qui pensaient que le but express de Neymar dimanche soir au Parc des Princes contre Monaco allait augurer d’une nouvelle orgie romaine pour le PSG, ne pouvaient pas plus se tromper. Après cinq matchs à planter quatre buts minimum et, surtout, à se montrer hyper costauds en défense, les hommes de Thomas Tuchel ont pris une petite leçon face à des Monégasques transfigurés pour la première en Ligue 1 de Robert Moreno sur le banc.

Au soir de la balade contre Saint-Etienne, mercredi en Coupe de la Ligue, tout le monde (nous y compris) s’extasiait autour de ce magique système en 4-2-4 permettant à cette équipe de faire jouer ensemble son quatuor de rêve. Sauf que face à une équipe forézienne venue en claquettes et réduite à 10 à l’heure de jeu, il était trop tôt pour tirer de véritables conclusions. Ce Paris newlook avait besoin d’un véritable test pour se jauger. Contre Monaco il a été servi.

Paris prend l’eau en défense

Depuis les tribunes, on a beaucoup observé le comportement des quatre compères à la perte du ballon pour voir si les belles promesses de la semaine allaient une nouvelle fois se vérifier. Raté. Seul Neymar et Di Maria, par séquences, ont tapé quelques sprints pour venir gratter des ballons au milieu du terrain, mais les deux autres de devant avaient visiblement décidé de jouer à « tu passes le rond central, t’es mort » – sorte de variante non-alcoolisée du « tu dors, t’es mort » -. Alors certes, Icardi et Mbappé forment le duo d’attaque de cette équipe et le but n’est pas de les cramer gratuitement, mais contre les grosses équipes, un tel système nécessite un minimum de combativité.

Seul Parisien à montrer sa tête en zone mixte après la rencontre, Neymar n’était pas du même avis. Quand un confrère lui a dit que le PSG avait eu énormément de problèmes derrière à cause du manque de repli des attaquants, le Brésilien a tiqué. « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je vais vous répondre, a-t-il souri. On a quand même encore marqué trois buts, je ne pense pas qu’on puisse dire que tout n’a pas fonctionné. On n’a pas fait notre meilleur match de la saison, c’est clair, mais on a quand même bien joué, on s’est créé pas mal d’occasions chaudes. »

Concernant les efforts défensifs, le numéro 10 parisien pense que Paris « peut continuer dans ce dispositif. Tout le monde a beaucoup couru ce soir, devant on a essayé d’aider notre équipe du mieux possible. » Comment expliquer alors le raz-de-marée sur les cages de Navas toute la soirée ? La stat qui tue (et qui parle) : le PSG n’avait plus concédé trois buts au Parc des Princes depuis dix ans (!). C’était contre Auxerre en 2010, à une époque où seuls 3 % des Français savaient placer le Qatar sur une carte.

Les leçons de Monsieur Tuchel

Face aux doutes nés après cette rencontre, Thomas Tuchel s’est lancé dans un solo endiablé au micro de Canal + pour pointer du doigt la pensée « yoyotique » des médias sportifs. « On a gagné avec six buts deux fois de suite et vous avez dit "c’est la structure qu’il faut contre Dortmund". Mais qui a dit ça ?, a-t-il demandé au journaliste. Quand on a gagné 6-0 vous m’avez dit "vous avez trouvé l’équipe type", mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. On peut jouer dans tous les systèmes, ce n’est pas la question. La question, c’est comment on joue, comment on protège, comment on fait la couverture. »

Il n’a pas tort. Autant la mornifle infligée à Sainté ne devait pas nous faire penser que le PSG avait trouvé comme par magie la clé du succès éternel, autant ce nul concédé contre Monaco ne doit pas non plus enterrer définitivement ce système si sexy sur le papier. Il n’est d’ailleurs pas impossible selon le coach allemand, de retrouver à nouveau ce 4-4-2 dès mercredi à Monaco (match en retard de la 15e journée). « Mais on doit protéger les espaces et faire un bon contre-pressing », prévient-il.

L’entraîneur parisien perçoit l’obstacle monégasque comme un moyen de peaufiner ses réglages en vue des 8es de finale contre Dortmund en février. « C’est absolument nécessaire d’avoir des matchs comme ça pour améliorer », conclut-il. Ce n’est pas comme si son équipe n’avait pas un petit matelas d’avance (5 points et un match de retard) sur son dauphin marseillais. Profiter de la Ligue 1 pour se tester est un luxe que seul le PSG peut s’offrir. Après tout, pourquoi ne pas en profiter ?