Benfica-OL : Pourquoi Anthony Lopes subit-il « un déficit de notoriété » au Portugal ?

FOOTBALL S'il s'est mis en marge de la sélection portugaise depuis la Coupe du monde 2018, Anthony Lopes est impatient de défier le Benfica Lisbonne, ce mercredi (21 heures), avec le brassard de capitaine de l'OL

Jérémy Laugier
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Anthony Lopes s'est exprimé aux côtés de Rudi Garcia, mardi durant la conférence de presse d'avant-match. CARLOS COSTA / AFP)
Anthony Lopes s'est exprimé aux côtés de Rudi Garcia, mardi durant la conférence de presse d'avant-match. CARLOS COSTA / AFP) — AFP
  • Dos au mur en Ligue 1 (17e), l’OL retrouve ce mercredi (21 heures) la Ligue des champions à Lisbonne, où il va affronter le Benfica.
  • Dans les buts lyonnais se trouve l’indiscutable Anthony Lopes, à qui Rudi Garcia va même confier le brassard de capitaine pour cette rencontre.
  • Le gardien de 29 ans est nettement moins reconnu avec la sélection du Portugal, qu’il a mise en « en stand-by » après le Mondial 2018.

De notre envoyé spécial à Lisbonne,

« Who are you talking about ? » OK, notre accent portugais laisse clairement à désirer lorsqu’on mentionne le nom d’ Anthony Lopes à Manuel Almeida, socio du Benfica Lisbonne. Mais sa réaction spontanée, puis un brin gênée, résume la faible reconnaissance du grand public pour le gardien lyonnais dans son pays d’origine. « Il faut être honnête, personne ne le connaissait ici avant de le voir débarquer en sélection A [en septembre 2013], indique celui qui est physiothérapeute dans les catégories jeunes du Benfica. Si on le croisait dans la rue, je ne suis pas sûr du tout qu’on le reconnaîtrait. »

Cela n’empêche évidemment en rien Anthony Lopes de savourer cette affiche Benfica-OL ce mercredi (21 heures) en Ligue des champions. Pour la deuxième fois de sa carrière, après une rencontre de Ligue Europa au Vitoria Guimaraes (1-2) en décembre 2013, le natif de Givors (Rhône) va disputer un match officiel au Portugal sous le maillot de son club formateur. « C’est sûr que c’est spécial pour moi de revenir au pays », a précisé le joueur de 29 ans en conférence de presse. S’il a mis la sélection portugaise « en stand-by » après le Mondial 2018, il va vibrer en foulant la pelouse du stade de la Luz à Lisbonne.

Anthony Lopes, ici lors de l'entraînement mardi au stade de la Luz, avant de défier le Benfica ce mercredi.
Anthony Lopes, ici lors de l'entraînement mardi au stade de la Luz, avant de défier le Benfica ce mercredi. - Jérémy Laugier/20 Minutes

« La sélection, ce n’est pas le moment d’en parler »

« Je connais très bien cette enceinte ainsi que quelques joueurs du Benfica, explique-t-il. De très belles images me traversent la tête mais je ne pense qu’à mon rôle à l’OL. La sélection, ce n’est pas le moment d’en parler. » Nommé capitaine par Rudi Garcia pour cette rencontre, Anthony Lopes a jusque-là une histoire contrariée avec la Seleção. Dans l’ombre de Rui Patricio (Wolverhampton), devenu quasi-intouchable depuis l’Euro 2016 remporté en France, il ne compte que sept sélections.

« Comme Pauleta avant lui, Anthony souffre du déficit de notoriété qui accompagne les joueurs n’ayant jamais évolué dans un grand club du pays, estime Nicolas Vilas, journaliste pour RMC Sport et spécialiste du football portugais. Je trouve dommage que son absence en sélection ne provoque pas plus de regrets mais la Ligue 1 y est très peu suivie. J’hallucine quand il est parfois question de faire appel à des gardiens qui jouent le maintien dans le championnat portugais plutôt qu’à lui. »

Une première cape manquée en mars 2015 face au Cap Vert

Concrètement, derrière l’inamovible Rui Patricio (31 ans), on trouve le plus souvent dans la liste de Fernando Santos : Beto (37 ans) du Göztepe, 11e du championnat turc, et José SáIl (26 ans) de l’Olympiakos (Grèce). De plus en plus régulier depuis ses débuts professionnels en avril 2012, Anthony Lopes n’a pas grand-chose à envier à ses concurrents. Hormis des expériences mitigées lors de ses sept apparitions avec la Seleção.

« Pour ses débuts en amical contre le Cap-Vert [0-2 en mars 2015], il avait fait un match absolument catastrophique, pas aidé par l’équipe de remplaçants alignée par Fernando Santos, se souvient Alexandre Ribeiro, rédacteur pour le site Trivela, consacré au foot portugais. Cela ne l’a clairement pas mis en confiance, et lors de ses quelques matchs depuis, tous sans enjeu, il n’a jamais été rassurant. Au Portugal, beaucoup ont donc l’impression que Lopes, c’est "le gardien dont tout le monde dit le plus grand bien mais qu’on n’a jamais vu bon" ».

« Peut-être qu’on regardera Anthony Lopes avec d’autres yeux »

Rude destin national que celui de suivre les traces d’un Sébastien Frey. Dans ce contexte, l’affiche de ce mercredi semble être une occasion unique pour permettre à l’intéressé de (re) trouver la lumière.

« Peut-être qu’un éventuel après-Rui Patricio se jouera un peu là et qu’on regardera Anthony Lopes avec d’autres yeux en cas de performance marquante de sa part face au Benfica, lance Manuel Almeida (32 ans). Enfin, on espère quand même ne pas trop avoir à le faire ! »