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« Ces abrutis ne feraient jamais ces cris en face de moi », peste Koulibaly

Serie A : « Ces abrutis ne feraient jamais ces cris en face de moi », Koulibaly veut se battre contre le racisme en Italie

RACISMELe défenseur sénégalais du Napoli est régulièrement la cible de cris racistes en championnat
Aymeric Le Gall

A.L.G.

En 2019, en Italie, il ne fait pas bon être un homme noir et jouer en Serie A. C’est le triste constat que fait le défenseur napolitain Kalidou Koulibaly, maintes fois victime de cris de singes descendus des gradins transalpins depuis son arrivée au club en 2014. Dans un long entretien accordé à L'Equipe, le Sénégalais raconte sa douloureuse expérience et son désir de lutter au quotidien contre le racisme dans les stades italiens.

Il raconte notamment son calvaire lors d’un match face à la Lazio, le 3 février 2016 : « Les cris de singe étaient très intenses, ça m’a déconcentré. Je ne pensais plus à jouer au foot alors que j’ai l’habitude de me donner à 100 %. Ça m’a fait vraiment mal. Le staff était gêné, le coach [Maurizio Sarri, aujourd’hui à la Juve] m’a proposé de stopper le match si cela continuait. En fait, j’avais honte, j’avais même l’impression que je n’étais pas à ma place, que je ne faisais pas partie de ce monde. Avec le recul, je me dis le contraire : ce sont eux qui auraient dû avoir honte et c’est à nous de montrer et d’affirmer que notre place est sur le terrain. »

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Rester pour donner tort aux racistes

« Ces abrutis ne feraient jamais ces cris en face de moi, poursuit-il. Ils sont au milieu d’une masse, anonymes, et c’est difficile de les identifier. Il y a un vrai combat à mener. D’autres pays sont en avance : en Angleterre, où se dispute le Championnat le plus suivi au monde, les fautifs sont bannis à vie. Ce sont des mesures drastiques dont il faut s’inspirer. »

Face à cette haine d’un autre temps, Koulibaly ne compte pas se laisser faire. Il appelle même les joueurs de couleurs à rejoindre la Seria A pour ne pas laisser les racistes gagner : « Il faut ouvrir la porte à ceux qui ont des doutes sur ce Championnat, aux joueurs noirs qui ne veulent pas y jouer mais qui doivent venir quand même. C’est en montrant à tous ces supporters qu’on fait partie des meilleurs que l’on combattra ce type de racisme. »

Un discours diamétralement opposé à celui de son ami Demba Ba, qui avait appelé les joueurs africains à quitter le championnat italien. « C’était une phrase forte, a réagi le défenseur central. Je connais bien Demba, il donne beaucoup d’importance à ces combats. Mais quitter le football italien, ce serait donner raison aux racistes. Ce sont eux qui doivent partir. Nous, on doit rester, montrer qu’on est toujours présents. »