Girondins de Bordeaux  : Affaire de la barbe, absences injustifiées, comportements déplacés…Que reproche le club à Younousse Sankharé  ?

FOOTBALL Le club et le joueur ont rendez-vous ce mardi devant la commission juridique de la LFP

Clément Carpentier

— 

Frédéric Longuépée, le président délégué des Girondins et Younousse Sankharé.
Frédéric Longuépée, le président délégué des Girondins et Younousse Sankharé. — NICOLAS TUCAT / AFP - JOHN SPENCER /SIPA
  • Younousse Sankharé est mis à pied par les Girondins de Bordeaux depuis le 5 septembre.
  • Les deux parties vont tenter de trouver un terrain d’entente devant la commission juridique de la Ligue Professionnelle de Football ce mardi.
  • Le club reproche au milieu de terrain trois choses.

C’est un épisode de plus dans la longue et tumultueuse histoire entre les Girondins de Bordeaux et Younousse Sankharé. Les deux parties vont se retrouver ce mardi devant la commission juridique de la Ligue Professionnelle de Football (LFP) après la mise à pied du milieu de terrain sénégalais, le 5 septembre dernier. « Cette instance a avant tout un rôle de conciliation avant d’aller au tribunal », précise Tatiana Vassine, avocate en droit du sport.

Le club et le joueur vont donc tenter de trouver un terrain d’entente notamment financier. Mis à l’écart du groupe professionnel depuis le 3 juillet, Younousse Sankharé n’a pas réintégré celui-ci sur décision du club contrairement aux autres « lofteurs ». Frédéric Longuépée, le président délégué des Girondins, jugeait vendredi dernier sur France Bleu Gironde qu’il était très « peu probable » de le revoir un jour sous le maillot bordelais. Mais que lui reproche-t-on ?

  • Pas d’accord du club pour l’opération de la barbe ?

C’est une histoire qui poursuit Younousse Sankharé depuis plusieurs mois. L’affaire des implants de barbe. Une opération effectuée juste après la défaite au Parc des Princes face au PSG, le 9 février 2019. Ce jour-là, le joueur demande à son entraîneur et au médecin du club s’il peut rester sur Paris pour subir une petite intervention chirurgicale. Il aurait obtenu l’autorisation de façon plus ou moins claire.

Problème quelques jours plus tard, il arrive emmitouflé à la reprise de l’entraînement et ne jouera plus pendant un mois. Était-il inapte à jouer à cause de complications ou était-ce une sanction du club ? Une chose est sûre, les Girondins affirment eux ne pas avoir été mis au courant et surtout ne jamais avoir donné leur accord pour cette opération singulière selon nos informations. Que ce soit de façon verbale ou écrite.

  • Des absences injustifiées à l’entraînement

Comme révélé par L’Equipe, le club reproche également à Younousse Sankharé d’avoir manqué plusieurs séances d’entraînement en particulier cet été. On parlerait ici d’une dizaine de séances. Interrogé récemment sur la question par Sud Ouest, le joueur n’a pas démenti clairement cette accusation : « Je ne pense pas que le problème est d’avoir raté des entraînements ou pas. » Avant d’ajouter : « Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. »

  • Un comportement déplacé pour le club

Ce troisième grief concerne avant tout la relation du joueur avec son entraîneur, Paulo Sousa. Une relation très compliquée sans que personne n’en connaisse aujourd’hui les véritables raisons. Le joueur dément par exemple avoir eu une altercation avec le Portugais pendant la mi-temps du match à Amiens, le 31 mars dernier. Et si ce jour-là, il n'a pas serré la main de son coach à la sortie du terrain, c’était simplement une question de timing.

En revanche, le ton est sérieusement monté entre les deux hommes cet été selon nos informations. En effet, le lendemain des propos peu élogieux de Paulo Sousa sur RMC à l’encontre des « lofteurs » (des joueurs qui n’ont ni « les capacités », ni « l’implication », ni « la personnalité » pour jouer avec les Girondins), Younousse Sankharé a débarqué à la première heure dans son bureau pour lui demander des explications. Lors de cette discussion, le Portugais affirmera que ses propos ont été mal interprétés.

Les Girondins et Younousse Sankharé vont en tout cas devoir trouver une issue. Tatiana Vassine rappelle pour conclure que « la commission juridique de la LFP peut aussi sanctionner un club s’il y a eu un manquement au règlement. » Cela a notamment été le cas pour le PSG dans les dossiers Ben Arfa et Rabiot. Deux joueurs qui avaient vécu la même mise à l'écart que vit aujourd'hui le Sénégalais à Bordeaux.