«Ça ne hante pas mes nuits»… Evra livre ses vérités sur l'épisode de la grève de Knysna

FOOTBALL L'ancien international français est revenu sur la grève à l'origine du fiasco de l'équipe de France en Afrique du Sud en 2010

A.L.G.

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FRANCK FIFE / AFP

Ce lundi, Patirce Evra n’a pas fait qu’annoncer sa retraite. Dans une longue interview accordée à la Gazzetta Dello Sport et au Parisien, l’ancien Marseillais est longuement revenu sur le fiasco de Knysna lors du Mondial 2010. L’un des instigateurs principaux de la grève des joueurs – successive à l’exclusion de Nicolas Anelka - a expliqué ne pas avoir « de mal à en parler ».

Selon Evra, Raymond Domenech n’était pas censé lire le communiqué annonçant la grève des Bleus. « Ça a été sa plus grosse erreur. C’était à moi de le lire, a-t-il regretté. Quand on était dans le car, j’ai ce papier dans la main. J’ai dit : "Raymond, on va aller signer des autographes aux gens, on remonte après et on rentre à l’hôtel". Quand je lui dis ça, il me demande ce que je vais dire. Je lui donne le papier. Là, il le lit et ne me le rend pas. Je lui ai dit : "Les joueurs veulent que je le lise" et il refuse. Il m’a rétorqué : "C’est moi qui vais le lire parce que vous êtes de petits gamins". »

« Je remonte dans le car et les gars me demandent où est le papier, poursuit-il. Et là, ils me disent de descendre, d’aller le reprendre, qu’il ne va pas lire ce qu’on a écrit. Ils m’envoient au feu. Thierry Henry me dit "continue à aller au feu pour nous, continue !" (rires). Je lui réponds "tu me connais, je pourrais mourir pour vous tous". Et au moment où j’allais descendre, Raymond était déjà en train de le lire. »

Malgré cette tache indélébile sur son CV en bleu, l’ex-joueur de Manchester United affirme aujourd’hui que cela n’a en rien terni son image auprès du grand public. « Dans la rue, personne ne m’en parle jamais. Il y a eu une histoire. Ça m’a fait mal. À la fin de la compétition, j’ai assumé. J’ai dit à certains de prendre des jets privés s’ils avaient peur, a-t-il déclaré avant de passer à la séquence émotion. Moi, j’ai atterri au Bourget, je suis allé manger dans le centre de Paris. Quand je suis entré dans le restaurant, les gens se sont levés, m’ont applaudi. Ma femme en a pleuré. Certains pourront me juger, dire qu’en tant que capitaine je porte l’ensemble des responsabilités de tout ça. Ça ne hante pas mes nuits. »