Mercato OM: Qui est André Villas-Boas, nouveau coach de Marseille?

FOOTBALL Le Portugais, futur coach de l’OM, n’a pas que des amis. Mais plusieurs joueurs gardent une excellente image de lui, notamment au Portugal, où il a cartonné avec le FC Porto

Jean Saint-Marc

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André Villas-Boas est issu d'une famille d'aristocrates très riches.
André Villas-Boas est issu d'une famille d'aristocrates très riches. — Urban Urbanc/Sportida/SIPA
  • Le nouveau coach de l’OM est un fils de bonne famille portugaise, repéré dès l’adolescence par l’entraîneur du FC Porto Bobby Robson.
  • Novateur à l’entraînement, jamais bloqué dans un schéma tactique : Villas-Boas est un coach qui a plutôt une bonne cote auprès de ses anciens joueurs.

La retraite à 40 ans. Même la CGT n’ose pas y penser. André Villas-Boas, lui, l’a longtemps affirmé. « Il disait en privé qu’il entraînerait jusqu’à 40 ans max, car il n’a pas besoin de l’argent du football pour vivre », souffle un proche. A 41 ans, le Portugais vient pourtant de signer un lucratif contrat à l'Olympique de Marseille. Sans attendre le PowerPoint de Jacques-Henri Eyraud (ce mercredi à 10 heures), on vous présente le nouveau coach de l’OM en six anecdotes.

Un aristocrate très riche et « BCBG »

Commençons donc par le portefeuille, bien garni, d’André Villas-Boas. Son lucratif séjour sur le banc d’un club de Shanghai a aidé, bien sûr, mais le garçon avait déjà des ressources. « Il vient d’une grande famille et c’est un type très riche », reprend notre source anonyme.

André Villas-Boas descend d’un vicomte et sa famille a fait fortune dans l’acier et l’industrie automobile. Sa grand-mère est anglaise, Villas-Boas parle donc parfaitement la langue de Shakespeare.

Assistant-coach au FC Porto à 16 ans

Bilingue… et culotté. Voisin du coach du FC Porto Bobby Robson, le jeune André Villas-Boas toque un jour à sa porte avec une question, très cash : pourquoi l’attaquant Domingos Paciência ne joue pas ? Robson se prend d’affection pour cet ado un peu grande gueule qui passe ses journées sur Football Manager. Il lui demande des comptes rendus détaillés sur les adversaires du FC Porto et le fait venir sur le banc à l’entraînement.

A seulement 17 ans, Robson l’envoie à Lilleshall, un grand centre de formation, puis à Ipswich. Sa carrière est lancée : à seulement 21 ans, il devient sélectionneur des Iles Vierges Britanniques (grâce à un CV un peu bidonné).

Le « Special Two » lassé d’être comparé à Mourinho

Il sait que « ça va le suivre tout au long de sa vie », et ça l’énerve. « Je ne suis pas un clone », s’agace l’ancien assistant de José Mourinho, lassé d’être surnommé le « Special Two ». « Il a bossé avec lui mais il n’aime pas cette comparaison, il trouve qu’ils ne se ressemblent pas du tout en termes de personnalité », précise le journaliste franco-portugais Nicolas Vilas.

« C’est un gros ego, à la Mourinho », glisse toutefois Jonathan Bru, qui a évolué sous ses ordres à l’Académica de Coimbra en 2009-10. « C’est un métier où tu dois avoir de la personnalité, et il n’est pas borné non plus, il est ouvert au dialogue », précise le milieu franco-mauricien.

« Il privilégie plus le spectacle que Mourinho, il est beaucoup moins minimaliste », assure Almiro Ferreira, du Jornal de Noticias. « C’est bien plus que le dauphin de Mourinho, il a des compétences incroyables et c’est, pour moi, le mec idéal pour l’OM », poursuit-il.

Un coach « versatile tactiquement »… et plutôt offensif ?

Le journaliste Almiro Ferreira a couvert le FC Porto 2010-11 du très précoce André Villas-Boas, qui, à 33 ans est alors devenu le plus jeune coach à remporter une Ligue Europa. Une équipe très offensive, avec une flopée de talents, dont évidemment Hulk, Falcao et James Rodrigues. « Il était très versatile tactiquement, il commençait souvent en 4-3-3 mais pouvait finir en 4-4-2. »

« Il n’est jamais figé sur un modèle tactique, embraye Modou Sougou. A l’Académica, on avait l’habitude de jouer avec un bloc bas, de jouer pour ne pas perdre. Avec lui, ça a changé ! Il était très actif tactiquement, on changeait souvent de système à 0-0 pour l’emporter ! »

« On avait de grosses carences défensives mais son équipe marquait beaucoup, c’était très plaisant à voir », assure David, supporter de Shanghai. C’était semble-t-il moins glorieux au Zenit Saint-Petersbourg, dont l’ancienne légende Boris Chukhlov a taclé « l’anti-football pratiqué par Villas-Boas, dont la stratégie consiste juste à filer le ballon à Hulk et à Danny. »

Jean-Marc, supporter du Zenit et de l’OM, confirme que cette saison a été « très ennuyeuse, très décousue » et assez décevante malgré le titre : « Avec un budget quasi illimité et autant de stars, c’est anormal de gagner le titre à deux journées de la fin. »

Des entraînements chelous ?

C’est Benoît Assou-Ekotto, vexé d’avoir été poussé hors de l’équipe à Tottenham, qui a fait circuler cette info. André Villas-Boas inventerait des entraînements improbables : « On fait des matchs avec trois buts, tout le monde tire dans tous les sens… Personne ne comprend tes entraînements », lançait-il, sur RMC Sport, à celui qu’il traitait de « con trop sûr de lui. »

Jonathan Bru et Modou Sougou démentent. « Il est très exigeant et demande beaucoup à ses joueurs, ses entraînements sont très intensifs… Ça secouait, mais rien de bizarre », assure le premier. Modou Sougou embraye : « C’est quelqu’un de novateur, il nous faisait faire des exercices qu’on n’avait jamais vus ! Mais dans le bon sens… »

Il a toujours bien aimé Marseille

« T’imagines, il lisait L’Equipe au Portugal ! » Confidence étonnée d’un joueur coaché par Villas-Boas, surpris par un coach polyglotte. Et il suivait particulièrement l’OM. « C’est un des plus grands clubs d’Europe, avec beaucoup de prestige », a déclaré récemment le Portugais, dans ce qu’on pensait être un simple appel du pied un peu hypocrite.

Pas du tout, selon Jonathan Bru : « Il regardait souvent Marseille et en disait beaucoup de bien ! » André Villas-Boas avait même offert deux places à Modou Sougou, déjà fan de l’OM, pour un match de Ligue Europa à Lisbonne. Après avoir fait 400 kilomètres en deux jours, l’attaquant avait marqué le week-end suivant, face à Porto, et s’était jeté dans les bras de son coach. « Tout le monde m’avait traité de lèche-cul », rigole le Sénégalais. Qui maintient, malgré tout, que Villas-Boas est « un des meilleurs entraîneurs » qu’il a croisé dans sa carrière.