Equipe de France féminine: Sueur, souffrance et jambes lourdes… Les Bleues digèrent leur prépa' à la sauce «Rocky Balboa»

FOOTBALL Les tricolores sortent d'une intense semaine de préparation du côté de Clairefontaine

Aymeric Le Gall

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Les Bleues ont eu les jambes lourdes lors du match de préparation contre la Thaïlande.
Les Bleues ont eu les jambes lourdes lors du match de préparation contre la Thaïlande. — FRANCK FIFE / AFP
  • Les Bleues se sont imposées (3-0) en match de préparation contre la Thaïlande, samedi après-midi à Orléans. 
  • Malgré la victoire, tout n'a pas été parfait du côté des joueuses de Corinne Diacre. 
  • Elles payent-là une semaine de préparation hyper intensive censée leur donner des jambes durant toute la durée du Mondial. 

De notre envoyé spécial à Orléans,

Corinne Diacre n’est pas le genre de sélectionneuse à vendre du rêve. Avec elle, c’est franc, c’est cash et on sait où on va. Quand celle-ci a prévenu ses joueuses qu’elles allaient morfler durant la semaine de prépa qui précédait ce match amical contre la Thaïlande, c’était qu’elles allaient VRAIMENT morfler.

Et quand elle nous a annoncé avant la rencontre que les Bleues ne seraient pas « au top de leur forme », qu’elles allaient « un peu piocher » – une manière comme une autre de dire que question spectacle, on pouvait se brosser –, elle n’a pas menti non plus. Samedi après-midi à Orléans, en match de préparation avant le début du Mondial le 7 juin prochain, les joueuses de l’ équipe de France ont peiné à venir à bout d’une équipe de Thaïlande pourtant franchement faiblarde.

Un départ poussif puis du mieux

« La première période a été poussive », a reconnu Corinne Diacre. Mais on ne va pas leur tirer dessus, ce n’est pas le moment. » Sans aller jusqu’à les flinguer, quelle drôle d’idée, il faut reconnaître que les Françaises nous ont fait pousser quelques soupirs d’exaspération en début de première période, notamment sur le plan technique, avec des festivals de passe dans le vent et de changements d’aile directs vers la buvette. Et ceci n’est pas une image : le petit stade de la Source a Orléans a effectivement une buvette qui donne directement sur le terrain, mais on s’égare…

Le déchet technique, donc. « Malheureusement ça nous est déjà arrivé et c’est vrai qu’aujourd’hui, cela a été accentué, a concédé la sélectionneuse tricolore. Est-ce qu’on peut mettre ça sur la fatigue musculaire ? Je ne crois pas. Quand on est fatigué musculairement, il faut jouer un peu plus avec sa tête, être plus concentré, s’appliquer davantage sur des choses simples et c’est ce que je leur ai dit à la pause. »

« On a eu du mal à se trouver en début de match, admet aussi Bussaglia, la capitaine du jour. Dans la justesse technique, on n’y était pas, on n’était pas précises, les déplacements qu’il fallait faire on ne les faisait pas, on était en retard. Voilà, c’était un petit mélange de tout ça qui a fait qu’on a mal débuté ». « C’est normal qu’on ait été dans le mal », s’est défendue Elise Bussaglia, qui repense alors à la semaine de préparation intensive dont elles sortent à peine.

Des Bleues sur les rotules

A l’évocation de ces derniers jours de travail, les joueuses n’ont plus utilisé alors que le champ lexical de la souffrance. C’est le fameux « du sang, de la peine, des larmes et de la sueur » de Winston Churchill, mais version foot. Morceaux choisis.

» Eve Perisset : « Les jambes sont très lourdes après ces semaines de travail. On est un peu fatiguées, un peu épuisées, mais c’est normal on arrive au pic des trois semaines dans la prépa, on puise dans nos réserves. »

» Emelyne Laurent : « On a eu une grosse préparation, ça fait deux semaines déjà qu’on tire énormément sur les organismes, qu’on fait beaucoup de physique. On travaille physiquement toute l’année, mais là on a remis une couche supplémentaire. Il a fallu redonner un coup d’accélérateur, on a travaillé le fond, le cardio, pour être bien pour le début de la compétition. On fait justement ça pour ne pas avoir de coup de mou durant le Mondial. »

» Grâce Geyoro : « On sort d’une semaine très compliquée, on savait qu’on allait souffrir, la coach nous avait prévenues. Il a fallu répéter les efforts physiques, faire de la surcompensation, c’était dur. »

Mais comme le dit Elise Bussaglia, « on sait qu’on fait ces efforts aujourd’hui pour être prête contre la Corée du Sud le 7 juin ». D’autant que les Bleues sont vraiment montées en puissance au fil du match et la victoire, arrachée grâce à trois buts en deuxième période, aurait pu être bien plus large si la gardienne thaïlandaise n’avait pas fait le match de sa vie.

Du repos avant la dernière ligne droite

Selon la jeune Emelyne Laurent, à la cool, en chaussettes dans les couloirs du stade de la Source, « la sélectionneuse a été satisfaite du second visage qu’on a montré en deuxième période. On essaye mentalement de retenir d’abord le positif et dans la semaine on va travailler les petits détails qui font qu’aujourd’hui notre match n’était pas excellent. »

Mais pour le moment, c’est relâche. Le staff de l’équipe de France a en effet accordé aux joueuses un jour de repos dimanche, avant de repartir pour une nouvelle semaine de travail. De quoi se vider un peu l’esprit, de « se ressourcer » comme disent les footeux ? « Je crois que je vais surtout en profiter pour dormir », se marre Pauline Perraud-Magnin, la gardienne tricolore du jour. Bonne nuit, alors.