Caen-Bordeaux: Combien va coûter cette saison «pourrie» aux Girondins?

FOOTBALL Les Girondins de Bordeaux vont devoir beaucoup vendre cet été pour équilibrer leurs comptes et combler la baisse de ses droits TV

Clément Carpentier

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Joe DaGrosa, Hugo Varela et Frédéric Longuépée (de gauche à droite) au Matmut Atlantique.
Joe DaGrosa, Hugo Varela et Frédéric Longuépée (de gauche à droite) au Matmut Atlantique. — Nicolas Tucat / AFP
  • Les Girondins, qui se déplacent ce vendredi à Caen pour le dernier match de la saison, finiront au mieux 14e de Ligue 1 cette saison.
  • Une mauvaise place qui ne sera pas sans conséquence sur les finances du club notamment les droits TV.
  • Les Girondins devront investir ou beaucoup vendre pour équilibrer les comptes dans les prochains mois.

Les dollars ne volent pas encore au-dessus du château du Haillan. C’est le moins que l’on puisse dire malgré l’arrivée des nouveaux propriétaires américains, les fonds d’investissement GACP et King Street. Leur gestion financière est plutôt rigoureuse jusqu’à maintenant. Et ça tombe bien puisqu’il va sûrement falloir se serrer sérieusement la ceinture après la saison vécue par les Girondins de Bordeaux (14e de Ligue 1 avant le dernier match à Caen ce vendredi).

Rappelons avant tout que lors de la passation de pouvoir le 6 novembre 2018, le compte en banque du club était à l’équilibre. Et même positif de 2,4 millions d’euros grâce notamment à la vente record de Malcom (41 millions d’euros) l’été dernier au FC Barcelone. Les Américains ont récupéré un club sans dette. Jusqu’à la fin de la phase de poules de la Ligue Europa, ils ont même touché progressivement les 10 millions d’euros de droits TV. Ça, c’est pour les bonnes nouvelles. Mais évidemment avec cette saison complètement manquée, il y en a aussi des mauvaises.

Une perte sèche de 7 millions d’euros minimum sur les droits TV

La plus importante vient bien sûr des droits TV que touchent tous les clubs de Ligue 1 en fin de saison. Pour se faire une idée de l’importance de ce poste, il représentait 58 % du chiffre d’affaires des Girondins en 2017 devant les sponsors (15,8 %), les produits dérivés (13,7 %) et la billetterie (12,5 %). La saison dernière, le club avait reçu un chèque de 35,3 millions d’euros :

  • 10,1 de prime de classement
  • 10,1 de prime de notoriété (diffusion TV)
  • 8,1 de part fixe
  • 5,4 de licence club
  • 1,6 de prime de d’ancienneté (performance sur les cinq dernières saisons)
Les droits TV touchés par les Girondins à la fin de la saison 2017/2018.
Les droits TV touchés par les Girondins à la fin de la saison 2017/2018. - Capture écran / LFP

Si la part fixe et la licence club ne bougent pas pour toutes les équipes et que la prime d’ancienneté reste stable en revanche celle de notoriété et surtout celle de classement varient chaque saison. Pour la première, il devrait y avoir un petit déficit d’un, deux voire trois millions d’euros. Pour la seconde, c’est la dégringolade ! Il y a un an, le 14e avait touché 3,6 millions d’euros, le 15e (3,1) et le 16e (2,7). Dans le meilleur des cas, ce serait donc minimum une perte sèche de 7 millions d’euros pour les Girondins !

Investir ou beaucoup vendre cet été

Pour rester au minimum à l’équilibre, les nouveaux propriétaires vont devoir soit investir de l’argent, soit vendre des joueurs. Pour la première option, cela reste flou. En effet, les propriétaires américains avaient annoncé lors de leur arrivée vouloir investir 80 millions d’euros sur le marché des transferts mais en réalité, il s’agirait une enveloppe globale pour tout le club selon nos informations. L’avenir dira si c’est le cas ou non.

Pour la deuxième option, le club a déjà dépensé environ 7 millions d’euros cet hiver pour deux joueurs (Maja et Adli). Pour combler cette dépense, il espérait notamment récupérer l’argent d’Emiliano Sala (8 millions d’euros) avant son passage devant la DNCG mi-juin (Direction nationale du contrôle de gestion) mais ce ne sera pas le cas pour l’instant. L’incertitude règne également sur l’option d’achat obligatoire à lever pour le Genoa après le prêt de Lukas Lerager en janvier puisque le club italien est au bord de la relégation.

Une chose est sûre, si l’on se fie aux exercices précédents, un club comme Bordeaux doit vendre chaque été pour 20 à 25 millions d’euros pour équilibrer son compte en banque. Voici la mission de Hugo Valera, le patron du sportif. C’est aussi pour cette raison que les Girondins ne peuvent pas se permettre de faire des folies et cherchent avant à recruter des joueurs en fin de contrat. Comme beaucoup de clubs de Ligue 1, ils attendent avec impatience 2020 et l’explosion des droits TV. D’ici là, il faudra se serrer la ceinture…