OM-Angers: Comment Marseille s'est sabordé après un doublé de Balotelli

FOOTBALL Les Marseillais ont été pitoyables face à un Angers diminué. Ils concèdent le match nul malgré un doublé de Balotelli avant le quart d'heure de jeu. Marseille n'a quasiment plus aucune chance de se qualifier pour la Ligue des champions

Au stade Vélodrome, Jean Saint-Marc

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Ocampos tente de contrôler un ballon face  à Angers.
Ocampos tente de contrôler un ballon face à Angers. — C. Simon / AFP
  • Tout avait fort bien commencé pour l’OM, qui menait 2-0 à la 14e minute, après un doublé d’un excellent Mario Balotelli.
  • L’OM s’est ensuite effondré et a concédé deux penalties en deuxième mi-temps. Angers égalise alors que sept joueurs étaient sur le flanc.

Il y a au moins un avantage majeur à se faire éliminer très tôt en Coupe d’Europe. On offre à ses supporters de chouettes samedis après-midi au stade. Dans un stade familial et bien rempli (plus de 53.000 fans), l’OM pensait passer une journée tranquille, face à des Angevins très affaiblis : sept absents et aucun attaquant titulaire au coup d’envoi.

Tout a très bien débuté pour l’OM : porté par un Balotelli magistral et un Ocampos parfait passeur, Marseille menait 2-0 à la 16e minute de jeu. Le plus gros était fait, au lendemain d’une victoire de Lyon face à Rennes ? C’est mal connaître la capacité de l’OM à se tirer dans les pieds. Là, on parle carrément d’un chargeur entier vidé dans chaque pompe. L’OM s’est effondré et a laissé Angers revenir dans le match, en concédant non pas un, mais deux penalties. Et un petit carton rouge (Bouna Sarr) en sus, manière de.

« Ils sont tombés dans le piège »

« Il y a une histoire de maîtrise des émotions, pointait, à raison, l’entraîneur mainoligérien Stéphane Moulin. On a bien senti au cours de la deuxième mi-temps qu’ils commençaient à s’énerver. Ils sont tombés dans le piège et pas nous. » Le coach d’Angers est dans le vrai, même s’il faut dire, au crédit des Marseillais, que le premier penalty est plus que sévère. En voyant les images, il ne semble pas qu’il y ait main (ni excès d’engagement) de la part d’Amavi. Le second péno est, en revanche, indiscutable : Caleta-Car et Rami prennent Reine-Adelaide en sandwich. Et le champion du monde français commet une faute impardonnable.

« Quand on prend deux penalties à domicile, ça devient compliqué de gagner » : Rudi Garcia a envoyé une belle tautologie en conf' de presse, avant de reconnaître que l’OM « s’est arrêté de jouer » :

On a surtout arrêté d’attaquer. On a fait des choses moins simples, chacun est sorti de son registre individuellement. On s’est fait mal tout seul ! On n’a plus été performants sur les attaques rapides, on a eu très peu de profondeur, surtout en deuxième mi-temps… Alors qu’on était bien, dans ce registre-là, au début du match. »

Rudi Garcia estime que le podium est encore à portée de pieds : « tant que c’est mathématiquement possible… » Lyon a désormais huit points d’avance et l’OM voit revenir Saint-Etienne (et Reims ?) « Tout peut aller très vite, on serait à cinq points de Lyon en les battant à domicile », embraye Valère Germain. On lui a demandé, à son tour, d’autopsier cet effondrement marseillais : « On a moins fait les efforts, moins joué pour les autres. On a perdu des ballons, moi le premier. Et on a laissé la possession, chose qu’on n’aurait pas dû faire. » Tout est dit… Au moins, les Marseillais sont lucides. C’est déjà ça. Mais pour se qualifier pour la Ligue des champions, la lucidité ne suffira pas.