Chants homophobes dans les stades: «Malheureusement, ce n’est pas un phénomène nouveau», Le Graët répond à la ministre des Sports

FOOTBALL Le président de la FFF assure que la fédération œuvre au quotidien pour lutter contre l’homophobie dans le foot

A.L.G.

— 

Noël Le Graët
Noël Le Graët — Francois Mori/AP/SIPA

Dans une longue interview accordée à nos confrères du Figaro, le président de la Fédération française de football est revenu sur les propos de la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, qui s’indignait au sujet des insultes homophobes qu’elle avait entendues en se rendant au Parc des Princes à l’occasion du Classico.

On passera sur la petite blagounette du boss de la 3F à l’attention de l’ancienne nageuse tricolore (« Elle n’a pas l’habitude de venir au stade, c’est vrai que dans les piscines on n’entend pas ce qu’il se dit ») pour ne s’attarder que sur le fond. « Je peux comprendre que quelqu’un qui entend de tels chants soit choqué et je les condamne. Malheureusement, ce n’est pas un phénomène nouveau, déplore Noël Le Graët. Je fais régulièrement le tour d’Europe et j’entends de tout… On n’a pas su, au fil du temps, empêcher les supporters de mal se comporter en étant plus sévère. Il y a quelques années, on assistait à des matchs où ils se 'taquinaient '. Aujourd’hui il y a trop d’insultes, c’est vrai alors qu’il n’y a quasiment plus de casse dans les stades. »

Le travail de prévention de la FFF

Mais pour le Breton, le phénomène n’est pas propre au sport : « Le sport est aussi plus fort que beaucoup d’événements. Je veux bien qu’on le critique. Mais vous croyez que c’est mieux dans la vie, la rue, les cours d’école  ? Regardons aussi ce qu’il se passe depuis quatre mois en France (il fait référence aux « gilets jaunes  »). Je ne suis pas certain que le football ait beaucoup de leçons à recevoir. »

Pour conclure sur le sujet, le patron de la FFF tient à préciser que le foot français fait « de la prévention auprès des enfants, à travers le programme éducatif fédéral, dans les clubs amateurs. Nous sommes la seule fédération à développer ce genre de programme. Nous travaillons aussi avec SOS Homophobie dans tous les centres de formation. On doit travailler sur le sujet avec notre président et avec vous les médias pour vendre l’idée que le stade n’est pas une enceinte où on s’insulte. »