ASSE-Strasbourg: «J’aurais pu changer les 11 joueurs et l’entraîneur»… C’était quoi cette première période du Racing?

FOOTBALL Etouffés comme très rarement cette saison, les Strasbourgeois ont pris l'eau durant 45 minutes, ce mercredi à Saint-Etienne, avant de se reprendre (2-1)

Au stade Geoffroy-Guichard, Jérémy Laugier

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Abdallah N'Dour a beaucoup souffert en première période face à Kévin Monnet-Paquet et l'ASSE.
Abdallah N'Dour a beaucoup souffert en première période face à Kévin Monnet-Paquet et l'ASSE. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
  • Malgré une belle série de huit victoires sur ses dix derniers matchs officiels, le Racing a vécu une première période « catastrophique », ce mercredi à Saint-Etienne (2-0 puis 2-1).
  • Dépassés dans tous les compartiments, les joueurs de Thierry Laurey sont parvenus à réagir après le repos et les remplacements d’Abdallah N’Dour et d’Ismaïl Aaneba.

« La première période est clairement à oublier. » A l’image de Nuno Da Costa, les joueurs strasbourgeois avaient tous comme une grimace gênée en tentant d’analyser ce qui s’était passé durant les 45 premières minutes, ce mercredi soir à Saint-Etienne. Dans un Chaudron pourtant privé de sa ferveur habituelle avec les deux kops fermés, le Racing a eu toutes les difficultés du monde pour franchir la ligne médiane. Etouffé, sans la moindre intention de jeu, et « plombé » par la rapide ouverture du score (1-0, 5e puis 2-0, 27e), il a vécu l'un de ses pires calvaires de la saison avant la pause. « Oui, je le pense, confirme Nuno Da Costa. Heureusement, on a montré un autre visage en deuxième période et on va retenir ça. »

Sans surprise, Thierry Laurey n’a pas cherché à minimiser ce triste visage affiché, avant la réaction du deuxième acte (2-1, but de Da Costa à la 73e) : « J’ai dit dans le vestiaire à la mi-temps que j’aurais pu changer les 11 joueurs et l’entraîneur, c’est une évidence ». Une punchline de circonstance 100 % Laurey style. Car même si le coach alsacien assure avoir selon lui « aligné la meilleure équipe de départ possible », certains choix ne sont sans doute pas étrangers à ce surprenant néant dans une série de huit victoires en dix matchs.

Abdallah N’Dour et Ismaïl Aaneba en galère sur les côtés

Le 5-3-2 aligné au coup d’envoi se passait de cadres en forme comme Adrien Thomasson et Ludovic Ajorque, entrés en jeu en deuxième période. Il s’appuyait surtout sur les côtés sur deux joueurs inexpérimentés à ce niveau, Abdallah N'Dour (25 ans, sept matchs de L1 en deux saisons au Racing) et Ismaïl Aaneba (19 ans, troisième match dans l’élite). « Ce n’était pas facile de trouver des automatismes avec des joueurs qui ont très peu de temps de jeu, reconnaît Nuno Da Costa. Le coach nous avait prévenus que Saint-Etienne allait nous faire sortir pour trouver des espaces dans notre dos et on a quand même souffert là-dessus. »

Même s’il a rectifié le tir à la pause en les sortant tous les deux pour faire rentrer Anthony Gonçalves et Adrien Thomasson et passer en 4-4-2, Thierry Laurey « assume » ses choix initiaux. Comment les finalistes de la Coupe de la Ligue, « défaillants dans beaucoup de domaines », ont-ils pu se remettre la tête à l’endroit à la pause ? Avouez-le, vous songez immédiatement à une gueulante d’anthologie de Thierry Laurey ? Voici la méthode de l’intéressé face à pareil blowout.

« On a laissé les garçons discuter entre eux. C’est très important dans ce type de situations. Car il faut être réaliste, à un moment on a pris le bouillon au milieu du terrain. Ils ont réglé quelques problèmes et on a décidé de modifier l’équipe. Dans ces moments-là, ça n’aurait servi à rien de hurler. Ça aurait même surtout été contre-productif. »

« Tout le monde a mis un peu plus de cœur et de dynamisme »

A l’image de la rage affichée sur le côté droit par Anthony Gonçalves, auteur d’un premier centre dangereux (48e) et d’interventions musclées sur Wahbi Khazri réveillant son équipe, le Racing a montré un visage bien plus compétitif. Au point d’envisager ramener un nul dans le dernier quart d’heure.

« Il y avait du déchet dans le jeu mais on avait au moins cette volonté d’aller de l’avant. Tout le monde a mis un peu plus de cœur et de dynamisme », confie Thierry Laurey. Avant de conclure avec lucidité : « Notre réaction en seconde période est à souligner mais elle ne pouvait pas rattraper cette entame de match catastrophique ». Une leçon à retenir, surtout pour une certaine soirée du 30 mars à Lille, au hasard.