Strasbourg: «Du jamais vu» au Racing, l'histoire du chant qui a fait communier joueurs et supporters

FOOTBALL Le nouveau chant de victoire des Strasbourgeois sera-t-il à nouveau entonné après le match contre Angers samedi à 20h? 

Alexia Ighirri

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Football: Après la victoire de Strasbourg contre Bordeaux, la qualification en finale de la Coupe de la Ligue, c'est la fête et la communion avec les supporters au stade de la Meinau.
Football: Après la victoire de Strasbourg contre Bordeaux, la qualification en finale de la Coupe de la Ligue, c'est la fête et la communion avec les supporters au stade de la Meinau. — PATRICK HERTZOG / AFP
  • La célébration du Racing avec le public après la victoire en demi-finale de la Coupe de la Ligue a fait grand bruit.
  • L’occasion de découvrir le nouveau chant du vestiaire strasbourgeois : un mashup entre le traditionnel « On a gagné » des vestiaires de foot et d’un titre de DJ Wanted x DJ Sk feat Ninocess & Issaka Weezy.
  • L’attaquant a pris le micro après l’ambianceur des dernières saisons Jérémy Grimm. Avec ses « pouces en avant », l’Alsacien a vécu des instants de communion avec le public, pour lesquels « il n’y a pas de mots ».

« Franchement c’était pas mal ! Vous avez écouté un peu ? C’était bien ! », souriait Youssouf Fofana après la victoire de Strasbourg contre Bordeaux en demi-finale de la Coupe de la Ligue. « Le cri de guerre qu’on a fait à la fin, c’était du jamais vu encore. Je pense que tous les clubs vont nous copier maintenant », se réjouissait également Lamine Koné.

Ça, on ne le sait pas encore. Mais ce qui est sûr, c’est que la célébration dont les joueurs du Racing parlaient a fait grand bruit. Les images de l’équipe sur la pelouse de la Meinau face au kop en tribune ouest ont été vues et revues. Celles des joueurs avec tambour et micro entonnant leur chant d'après-victoire, repris jusqu'alors uniquement dans les vestiaires, à l’unisson avec leurs supporters, pour un joli moment de communion.

« L’un des meilleurs moments »

« J’ai demandé à Dim’[Liénard] s’il pouvait réquisitionner le tambour des supporters. Comme c’était quelque chose d’exceptionnel d’aller en finale de la Coupe de la Ligue après les années qu’a connu le Racing, c’était bien de partager le cri avec le public. On a demandé le micro et après ça s’est fait comme on le fait dans le vestiaire. Youssouf Fofana s’occupe du beat, moi je fais le cri et les autres font la chorale (Sourire) », raconte Nuno Da Costa à qui, pour la blague, on a demandé si on pouvait l’appeler MC ; il acceptera en plaisantant un « DJ DC ».

Celui qui dit s’être inspiré d’un club belge, et sachant le public alsacien assez « réceptif » pour tenter le coup « pense que cette année ce sera un des meilleurs moments passé avec le public. C’était cool de pouvoir partager avec lui ce qu’on fait généralement dans les vestiaires. Et vu que tout le monde a suivi, ça a pris une grande ampleur. »

Même sensation chez les supporters : pour Mickael, ce fut « un moment unique et inédit qui montre l'“amour” et le respect réciproque entre les joueurs et le public » quand Akiva parle de « communion intense ». A mettre, selon Christophe, Hugues ou encore Victor au même niveau que  le but du maintien de Liénard ou que la victoire contre le PSG. Franck développe : « Cela a été une belle surprise car nous n’avons pas eu besoin de rappeler les joueurs comme nous le faisons habituellement. Partager le cri de guerre avec eux a été un grand moment mais sur le coup, dans l’euphorie, on ne s’en rend pas forcément compte. C’est en revoyant des vidéos à froid que l’on remarque que c’est énorme et qu’il n’y a qu’à Strasbourg qu’il y a une telle communion. »

« Immense respect »

Et derrière ces émotions ? Pour Christophe, c’est la marque « d’un immense respect de leur part envers nous le kop et tous les supporters ». En somme, selon Victor « les vraies valeurs du foot » voire « l’égrégore en fait : la sensation qu’il y a un truc supérieur à tous… le club, la ville, l’Alsace, on est à l’unisson. On nous rend ce qu’on donne et on rend ce qu’on nous donne ».

Il faut dire qu’à force de l’entendre, via les réseaux sociaux, après chaque victoire (et grâce à un mois de janvier canon pour le Racing, ils ont eu des occasions de l’entendre), les supporters sont devenus familiers avec le nouveau chant du vestiaire strasbourgeois.

D’où vient-il en fait ? D’un mashup entre le chant « On a gagné » désormais traditionnel dans les vestiaires et d’un autre titre : « Youss’(Fofana) a un pote qui est DJ et qui a fait une musique avec un chanteur. On a pris cette partie-là et on l’a intégré au chant. A chaque fois on passait une phase (une victoire), on y croyait de plus en plus et ça s’appliquait de plus en plus à notre cas. »

>> Le morceau original

L'ambianceur en chef ces dernières saisons, c’était Jérémy Grimm. Il a entraîné ses coéquipiers puis les supporters, au moment de célébrer les montées, dans sa danse des « pouces en avant ». Et alors pour décrire ces instants de communion, « il n’y a pas de mots, assure l’Alsacien. C’est une sensation tellement forte. T’as des frissons, tu profites à fond, tout le monde répond et est dans le mouvement ».

S’il souligne que « ça reste des moments gravés », le milieu ne veut pas les conjuguer qu’au passé : « Moi, j’aime que tout le monde participe, j’aime la convivialité. C’est aussi dans les valeurs du club, d’avoir cet esprit de famille, de partage. Nuno reprend les choses maintenant, il fallait trouver autre chose mais garder cet état d’esprit. Les “pouces en avant” sont toujours d’actualité, mais on pouvait aussi s’en lasser. On a retrouvé un chant qui correspond à tout le monde. »

Le micro change de main

Dans un registre un petit peu différent toutefois. Nuno Da Costa confirme : « C’est Jerem’qui m’a poussé à amener ce que j’aime bien faire. Tout le monde a accepté. Je me rappelle, lui a fait les pouces, puis j’ai pris la suite avec mon cri. Et puis au fur et à mesure, il me disait “vas-y fais-le !”» Une sorte de passage de témoin qui peut trouver un écho dans les tribunes : « Aujourd’hui on a une “génération Racing” avec beaucoup de jeunes qui arrivent. Il y a un mélange avec les anciens, et au fur et à mesure le changement s’est fait », poursuit l’attaquant.

En 2017, Jérémy Grimm qui confie avoir toujours « rêvé d’être chanteur » aura mené par les pouces la foule installée place Kléber pour fêter le retour du club en Ligue 1. Nuno Da Costa aimerait volontiers en faire de même : « Sur la place Kléber, après avoir gagné la Coupe de la Ligue, ce serait quelque chose d’extraordinaire ». Mais il s’agit d’abord de savoir si ce chant de la victoire résonnera à nouveau après le match contre Angers à la Meinau ce samedi (20h).