Avignon vend des tribunes de son stade vide à Alès, symbole d’un énorme gâchis sportif et financier

GRANDE BRADERIE Héritage du double échec sportif et financier du club de foot, une petite partie des tribunes du parc des sports d’Avignon (rénové pour 5,7 millions d’euros entre 2009 et 2010) a été revendue à Alès…

Jérôme Diesnis

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Les fameuses tribunes avaient été posées pour l'accession d'Arles-Avignon en Ligue 1
Les fameuses tribunes avaient été posées pour l'accession d'Arles-Avignon en Ligue 1 — VILLALONGA KARINE/SIPA
  • La ville d’Avignon a revendu pour 18.000 euros de sièges à celle d’Alès, soit 20.000 euros de moins que leur valeur d’achat.
  • Ces 389 sièges ont été achetés pour le parc des sports d’Avignon lors de l’accession du club en Ligue 1 en 2010. En deux ans, les collectivités avaient dépensé 5,7 millions d’euros pour la mise en norme du stade.
  • Le stade, surdimensionné depuis plusieurs saisons, témoigne du double échec sportif et financier du club de foot de l’AC Arles-Avignon, liquidé en 2015 après une accession expresse en Ligue 1 en 2010. Le club résident évolue aujourd’hui… en dixième division.

Pour 18.000 euros, la ville d’Alès a racheté 389 sièges mis en vente par la commune d’Avignon. C’est 20.000 euros de moins que leur valeur d’achat, mais la commune gardoise comme son homologue du Vaucluse y trouvent chacune un intérêt. Alès ne souhaite pas les installer dans son stade de foot (le vétuste Pibarot qui accueille des rencontres de National 3, cinquième division française), mais les utiliser pour des manifestations culturelles et sportives ponctuelles.

Pour Avignon, c’est l’occasion de se débarrasser d’un mobilier inutile. « Cette démarche de financement alternatif permettra à la Ville d’éviter les frais de stockage et la détérioration de l’équipement, tout en favorisant une entrée de recettes », a expliqué en conseil municipal, mercredi, Bernard Hokmayan, adjoint au maire Cécile Helle (PS), délégué aux actions en faveur des personnes handicapées et aux sports et loisirs. La municipalité réaménage sa future plaine des sports. « La Ville souhaite diminuer le nombre de tribunes nord du Parc des Sports, afin de mettre en valeur une grande voie traversante est/ouest. »

1.397 spectateurs de moyenne dans un stade de 17.518 places

Ce petit bout de tribune est l’héritage d’un double échec sportif et financier. En deux ans et deux accessions successives (en Ligue 2 puis en Ligue 1) à l’été 2009 puis 2010, les collectivités territoriales avaient investi 5,7 millions d’euros dans la rénovation du parc des sports d’Avignon. Dont une bonne partie (1,15 million d’euros la seconde année) avait servie à la construction en tubulaires de 10.000 places, afin de porter la capacité du stade à 17.518 places assises. Une obligation pour valider l’accession du club d’Arles-Avignon en Ligue 1.

L’aventure n’avait duré qu’un an en élite avant la relégation en L2 à la fin de la saison 2010-2011, puis en National en 2015. Le club ne s’était pas remis de cette seconde relégation qui avait entraîné sa liquidation judiciaire. Avant même la disparition d’Arles-Avignon, l’équipement était déjà largement surdimensionné : de 9.208 spectateurs l’année en Ligue 1, la moyenne était tombée à 2.799 spectateurs la saison suivante en L2. Avant de chuter régulièrement pour atteindre 1.397 spectateurs de moyenne, la saison précédant le dépôt de bilan.

Le club résident évolue en dixième division

Le stade est aujourd’hui complètement démesuré pour les deux clubs résidents : L’AC Avignonnais, club de foot qui évolue en District 3, la dixième division française, et le club local de rugby à XIII. A noter d’ailleurs que le record du stade avait été battu par un match de rugby à XIII comptant pour la Coupe du monde entre la Nouvelle Zélande et la France, avec 17.537 personnes présentes dans les tribunes le 1er novembre 2013.