Ajaccio-Toulouse: «On m'a suggéré d'appeler Rémi Gaillard!» Un fan corse veut forcer le huis clos à Montpellier

FOOTBALL Loïc a sillonné le pays dans sa 106 pourrie, toute la saison, pour suivre l’AC Ajaccio. Alors il refuse d’être privé de ce barrage délocalisé à Montpellier. Barrage qui se tiendra à huis clos…

J.S.-M.

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Des supporters d'Ajaccio célèbrent leur qualification pour les barrages (illustration).
Des supporters d'Ajaccio célèbrent leur qualification pour les barrages (illustration). — P. Pochard-Casabianca / AFP
  • Loïc, emblématique supporter de l’AC Ajaccio, suit quasiment tous les déplacements de son équipe sur le continent.
  • Il ne veut pas manquer le barrage face au TFC, qui se jouera à huis clos, ce mercredi soir (20h45), à Montpellier.

Sa vieille 106 n’a pas flanché. Alors elle tiendra jusqu’à Montpellier. Son propriétaire, Loïc, est le plus connu des supporters de l'AC Ajaccio. Le jeune homme, qui vit à Montluçon (Allier), a près de 1.000 km de la capitale corse, multiplie les improbables déplacements pour suivre l’ACA, toute la saison. Il va en faire un dernier : ce mercredi, il est en route pour Montpellier, où le club va disputer son barrage d’accession en Ligue 1 face à Toulouse​ (20h45).

« J’étais en Corse pour assister au prébarrage et je dois rentrer à Montluçon. Montpellier, c’était sur ma route », rigole-t-il au téléphone, en direct du ferry qui l’emmène à Toulon.

Ah oui quand même.
Ah oui quand même. - Capture d'écran Google Maps

Quinze heures de ferry et d’autoroute, cela n’a rien d’insurmontable pour ce supporter qui a parcouru plus de 70.000 kilomètres en cinq ans pour suivre l’AC Ajaccio. Ce qui sera peut-être insurmontable, en revanche, c’est d’entrer dans un stade de la Mosson à huis clos.

« Quand j’ai posté ce message sur Twitter, j’ai reçu plein de combines. On m’a suggéré de contacter Rémi Gaillard, qui habite à Montpellier et qui sait rentrer n’importe où [pour faire n’importe quoi]. On m’a proposé de louer une grue comme un supporter interdit de stade en Turquie. » Loïc a aussi des « idées un peu plus sérieuses » : demander à faire partie de la délégation de l’AC Ajaccio ou solliciter des dirigeants montpelliérains, par exemple.

« Je ferai ça dans les règles de l’art »

« Je ne ferai rien d’illégal, je ne vais pas escalader les grilles ni quoi que ce soit, je ferai ça dans les règles de l’art », reprend Loïc, qui sait que briser un huis clos peut coûter cher. A Saint-Etienne, des responsables de groupes de supporters ont écopé jusqu’à un an d’interdiction de stade pour avoir brisé un huis clos… Peine ensuite réduite.

Comme il avait du temps à tuer, sur le ferry, on a tapé la discut' avec Loïc, après quelques jours « mouvementés » à Ajaccio. Morceaux choisis :

  • Les débordements avant (et pendant) le prébarrage face au Havre ? « Certains supporters ont fait des trucs pas cool, je condamne ce qu’ils ont fait. Mais je trouve que les réactions sont démesurées. Je reçois des centaines d’insultes sur les réseaux sociaux… Je ne pensais pas qu’un match de foot pouvait déclencher autant de haine ! »
  • Les maigres chances sportives d’Ajaccio, avec ce match aller à huis clos ? « Trois expulsés, peu de récupération, un stade à huis clos… A la limite, ça va peut-être donner un supplément d’âme à l’équipe ! Les joueurs vont arriver sur la pelouse le couteau entre les dents ! »

Nathalie Boy de la Tour, si vous nous lisez : c’est une métaphore, cette histoire de couteau…

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