VIDEO. PSG-Monaco: Boycott des ultras, silence assourdissant... C'était quoi ce match du titre sans ambiance?

FOOTBALL Le PSG a fêté son titre dans le plus grand des silences...

William Pereira

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Cavani est vraiment un attaquant très complet
Cavani est vraiment un attaquant très complet — Michel Euler/AP/SIPA

Au Parc des Princes,

Des confettis, un ou deux chants et au lit. Il est à peine 23h, le Paris Saint-Germain est champion de France depuis peu, Thiago Silva répond aux questions de Laurent Paganelli, on termine de chapeauter le compte rendu du match pour vos yeux… et il n’y a déjà plus un chat dans les travées du Parc des Princes. Un soir de titre.

« À mon avis, ils vont juste faire un tour de terrain, voir les supporters et la fête se fera lors du dernier match », avait prédit un collègue juste après le but du 7-1. Bingo. À part une ou deux envolées du speaker et un public chantant à l’unisson « debout le Parc » l’espace d’un instant, on a eu bien du mal à comprendre où se trouvait la fête. À croire, comme un autre collègue le dira en zone mixte « que tout le monde à Paris se fout du PSG qui gagne la Ligue 1 ».

Les ultras se sont fait entendre… trois fois

C’est sans doute un peu fort et un peu faux. Car il ne faut pas oublier que le contexte particulier en tribunes a pesé sur les festivités : avant le match, le CUP (Collectif Ultras Paris), avait appelé à une « tribune morte » dimanche soir en réaction à la décision de la LFP de fermer une partie du virage Auteuil pour une affaire d’engins pyrotechniques et de banderoles déployés pendant le dernier PSG-OM. Voilà ce que ça donnait en substance :

« Nous demandons à tous nos sympathisants de ne pas se déplacer en soutien à ceux qui seront absents dimanche […]. Nous invitons également ceux qui seront présents en virage et qui souhaiteraient tout de même manifester leur soutien, à leur montrer à quoi ressemble une tribune morte. »

L’appel a été suivi et on a vu à quoi ressemblait une tribune morte. Les cordes vocales des ultras n’ont vibré qu’à trois reprises, dimanche soir. Et seulement deux fois pendant le match :

  • Un bref « liberté pour les ultras » à 0-0 aux alentours de la dixième minute
  • Un hommage à Cavani, seul capable de transcender les conflits, après son but de la tête
  • Un « debout le Parc » pour la forme, après les trois coups de sifflet de l’arbitre et les confettis

De quoi rendre furax Nasser Al-Khelaïfi​. Après avoir encensé son effectif et chanté les louanges du parcours national du nouveau champion de France, le boss de Paname a durci le ton. Sourire laissé de côté, visage fermé, sourcils froncés, voix sèche. Première torpille, pour la LFP. « J’espère que la Ligue réfléchira bien la prochaine fois. Ça ne sanctionne pas que les supporters, mais le Paris Saint-Germain et la Ligue. Ce match, tout le monde le regarde, c’est dommage de donner une mauvaise image de l’ambiance dans les stades en Ligue 1 », commence-t-il. Et NAK ne s’arrête pas là. « J’ai aussi un message pour nos supporters ». Ça sent la soufflante :

« Je ne comprends pas. Si les supporters étaient fâchés avec la Ligue… Nous on a toujours tout fait pour nos supporters, je pensais qu’ils allaient rester avec nous sur ces grands moments, sur ce grand match. Les joueurs ont tout donné mais vraiment on a manqué d’ambiance. Je suis pas content du tout de l’ambiance, il manquait quelque chose aujourd’hui. Je veux pas laisser ça comme ça. Les joueurs le méritent, ils travaillent tous les jours et quand ils gagnent ils ont besoin de sentir l’affection des supporters. »

Un triste spectacle

Au lieu de ça, les héros du soir ont dû composer avec un climat à la fois morose et puéril. La bande sonore n’était pas à la hauteur de l’événement - le meilleur match du PSG en championnat – comme si on avait décidé de nous servir Interstellar et Dunkerque sans Hans Zimmer. Entendre les coachs gueuler – on abuse à peine – alors que les locaux enquillent les pions, ce n’est pas normal. Et aux nombreux silences sont venus se greffer d’immenses moments de gêne. On vous les cite pêle-mêle.

  • « On n’entend pas les Parisiens », du parcage monégasque.
  • « Et ils sont où les Monégasques ? », de la tribune parisienne adjacente.
  • « Et 1, et 2, et 3-0 ! », de quasi-tout le stade au moment où Paris ne menait que de trois buts. Un peu plus et ça lançait des clappings comme au Stade de France.
  • « Et ils sont où les Monégasques », encore.

Bref, on a frôlé l’ambiance de tournoi de fin de saison sans le combo merguez + barquettes de frites pour se rassasier entre deux chants de cour de récré. Mention spéciale quand même pour la tribune remplie de gosses pas loin d’Auteuil dont la bonne volonté a presque suffi à faire souffler un vent de chaleur humaine en fin de première période. Le Parc Louis II c’est bien, le Parc des Princes, c’est mieux.