VIDEO. Barça-PSG: «Entre 3-1 et 6-1, je ne sais pas ce qui s’est passé», les Parisiens racontent leur autodestruction

FOOTBALL Comment expliquer l’inexplicable ?...

B.V.
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Le milieu de terrain du PSG, Marco Verratti après la défaite 6-1 et l'élimination par Barcelone en ligue des champions, le 8 mars 2017.
Le milieu de terrain du PSG, Marco Verratti après la défaite 6-1 et l'élimination par Barcelone en ligue des champions, le 8 mars 2017. — Bagu Blanco/BPI/Shutter/SIPA

De notre envoyé spécial à Barcelone,

A jamais les premiers, donc. Ouais, c’est un peu facile et vous avez certainement déjà lu cette vanne quelque part sur vos réseaux. Mais il fallait la faire : oui, le PSG est donc la première équipe à trouver le moyen de craquer après avoir gagné 4-0 dans l’histoire de la Ligue des champions. Un exploit qu’il convient bien évidemment de débriefer, parce que ce serait quand même trop dommage de se priver d’un retour sur le match le plus raté qu’il nous ait été donné de voir depuis bien longtemps.

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Parce que disons-le tout net, ce n’est pas le Barça qui a été génial, c’est le PSG qui a été nul. Genre nul, nul, nul, apocalyptique, insignifiant, minable, faiblard, tout le dictionnaire des synonymes si vous voulez. Et aucun des courageux à s’arrêter devant les médias après la rencontre ne l’a nié. Thomas Meunier :

« On ne peut s’en vouloir qu’à nous-mêmes, on a été mauvais aujourd’hui. On se devait d’aborder le match de manière beaucoup plus sereine et beaucoup plus professionnelle, et c’est là qu’on voit qu’il manque encore un petit truc à Paris pour faire partie du groupe des Bayern ou Barça »

Les Américains ont un verbe pour ça, « to choke ». Littéralement, s’étouffer face à l’événement. C’est aussi simple que ça : les Parisiens ont complètement paniqué en foulant la pelouse du Camp Nou. Malgré les 4 buts d’avance, les préceptes d’Unai Emery, le retour du capitaine Thiago Silva. Sont-ils arrivés trop confiants en Espagne ? Ont-ils cru qu’ils seraient capables à chaque match de mettre la même intensité qu’à l’aller ? De jouer comme des morts de faim sur chaque ballon ?

« A peine le match commencé on se met tous derrière »

Adrien Rabiot : « Je suis en colère contre nous-mêmes. On fait ce qu’il faut à l’aller et au retour, à peine le match commencé, on se met tous derrière et on les laisse jouer. Ce n’était pas la consigne. Ça me fait chier… Tout ce qu’on a fait à l’aller, toute la préparation faite réduite à ça… On n’a pas joué avec la même détermination à l’aller. On savait qu’on allait être mis en difficulté ici mais de se mettre en difficulté comme ça, c’est inexplicable. »

Si vous avez du mal à mettre des images sur ce concept de « choke », on vous aide un peu :

  • Trapp qui refuse de sortir sur un ballon anodin et offre le 1-0 à Suarez
  • Marquinhos qui refuse de dégager et offre le 2-0
  • Rabiot qui perd trois ballons hyper chauds devant sa défense en marchant
  • Verratti qui s’est caché au milieu tout le match
  • Lucas qui balance une frappe d’enfant à 20 mètres du but de Ter-Stegen
  • 61 % de passes réussies en première mi-temps
  • Les contrôles de balles suffocants de Blaise Matuidi
  • Meunier qui tacle de la tête Neymar et offre le penalty du 3-0
  • Di Maria qui la joue trop facile et met des heures à jouer son duel contre Ter-Stegen*
  • On n’a pas encore causé du festival des dernières minutes

Unai Emery : « En première période, c’est notre faute, nous n’avons pas réussi à rester dans la continuité du match aller, à avoir davantage de personnalité avec le ballon, les presser davantage. C’est le mérite aussi du Barça d’avoir réussi à franchir notre pressing et de nous faire jouer avec la défense très basse. »

Moué. Sur les trois premiers buts du Barça, il n’y a pas eu le moindre décalage, la moindre différence faite. Ce ne sont que des erreurs personnelles parisiennes. Mais venons-en plutôt à la fin de match, puisque sans ces dix dernières minutes complètement folles, personne ne parlerait de cette première mi-temps complètement ratée.

Résumons : nous jouons la 88e minute, Paris a 3 buts d’avance. Sept minutes plus tard, Paris est éliminé. « Entre 3-1 et 6-1, je sais pas ce qui s’est passé, souffle Rabiot. Je ne sais pas si les autres joueurs ont réussi à l’expliquer… Moi j’y arrive pas. Je ne comprends pas. On était bien, on tenait notre qualif. »

« On a manqué de rage sur le terrain »

Passe encore sur le coup-franc de Neymar qui relance le match, mais ensuite jamais Paris ne doit se faire prendre à la gorge comme ça. Personne pour coller un tacle bien sale qui casse le jeu, pour dégagement à l’autre bout du terrain, pour tenir la balle et faire remonter le bloc. Personne. Personne. Personne. Une équipe de onze Casper.

Rabiot, toujours : « On a manqué de rage sur le terrain. A 5-1, on ne doit pas prendre le sixième, on doit défendre comme des chiens. » Meunier : « Au moment du 3-1 on a eu plusieurs occasions qu’on n’a pas su concrétiser, et après on a fait énormément d’erreurs inacceptables pour une équipe comme le PSG en ayant tout en main dès le début de la rencontre, donc pour moi on leur a donné le match, avec des buts incroyables, limite insolite. »

Leur donner le match, on n’a pas mieux comme formule. Parce que les Barcelonais n’y croyaient même plus à 3-1, comme l’a confié un Catalan à Verratti sur le terrain. Mais bon, si vous insistez vraiment pour nous donner le match, on prend hein. On en fait trop ? La statistique qui suit va vous faire cracher votre müesli. Après la 85e minute, donc pendant près de 12 minutes, le PSG a réussi quatre passes. Dont trois provenaient des coups d’envois après les buts barcelonais. Hallucinant.

Et ça résume exactement ce qu’ont vécu les Parisiens au Camp Nou. Emporté par une pression qu’il s’est d’abord mis tout seul et sur laquelle le Barça a appuyé en fin de match, le PSG a paniqué. Comme un gamin surclassé chez les grands : la trouille au ventre, la peur de se faire mal, ou de mal faire. La bonne nouvelle dans tout ça c’est qu’au moins ils rejoueront avec les enfants de leur âge dès ce week-end.