PSG-Barcelone: Cette fois, les Parisiens pourront compter sur un vrai public (et il est déjà bouillant)

FOOTBALL C’est la première grosse affiche européenne depuis le retour des ultras dans les tribunes du Parc…

Nicolas Camus
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Les ultras du Parc des Princes auront un grand rôle à jouer lors du 8e de finale aller entre le PSG et le Barça, le 14 février 2017.
Les ultras du Parc des Princes auront un grand rôle à jouer lors du 8e de finale aller entre le PSG et le Barça, le 14 février 2017. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Pour la quatrième fois ces quatre dernières saisons, et la troisième en matchs à élimination directe, le PSG s’apprête à se coltiner le grand Barça en Ligue des champions. Un défi à la fois immense et effrayant pour une équipe censée s’incruster parmi les grands d’Europe et qui pourrait se faire sortir dès les 8es de finale. Mais l’heure n’est pas à l’affolement général, non non non. L’espoir de faire - enfin - chuter les Catalans est bien vivant. Et il pourra trouver du souffle dans les tribunes.

La grande nouveauté de ce nouveau classique du foot européen est bien là. Les Parisiens vont, cette fois, partir au front avec un vrai public derrière eux. Ça ne leur suffira pas pour piquer le ballon dans les pieds de Messi, on est d’accord, mais ça ne peut qu’aider. Un grand match, c’est d’abord une grande ambiance. Plusieurs joueurs l’ont d’ailleurs souligné ces derniers jours. « On aura besoin de sentir ce soutien, et il faudra que le Barça sente que le public pousse derrière nous pour lui mettre un maximum de pression, dit Maxwell sur le site du club. On espère un Parc très chaud. »

Ça tombe bien, les ultras sont bouillants. De retour en tribunes en septembre dernier après six ans d’absence, ils sont en manque de ces grands matchs, fondement même de leur passion. Et c’est exactement pour ce type de rendez-vous que leurs représentants travaillent avec la direction du club depuis plusieurs mois. « Pour moi, le match a déjà commencé. Ça fait deux jours que je pousse pour qu’on enflamme le truc, raconte Romain Mabille. Il faut que les joueurs du Barça, quand ils rentrent sur la pelouse, ils se sentent direct sous tension. Et surtout il faut encourager comme jamais. C’est sur ce genre de match qu’on doit bien faire notre travail pour qu’il y ait une ambiance très spéciale au Parc. »



Surprise oblige, le président du Collectif Ultras Paris (CUP), qui viendra une heure avant le coup d’envoi pour chauffer tout le monde, ne peut pas tout dévoiler. Mais il promet que le tifo déployé juste avant la rencontre vaudra le coup d’œil. Pour l’ambiance pendant le match, une feuille d’information va être distribuée à l’entrée du virage pour bien expliquer à tous les spectateurs qu’ils ont le droit de les accompagner.

« Ça va être un défi pour nous aussi, complète Anwar, du même Collectif. Parce que vu l’affiche, il va y avoir beaucoup de gens qui n’ont pas forcément l’habitude de venir au stade, qui n’ont pas les automatismes par rapport à la culture ultra. Le but sera d’engrener le maximum de monde avec nous. » Ce qui n’est pas gagné d’avance, le stress du grand match paralysant souvent le public malgré lui.

Lors du match contre Monaco, les ultras du PSG ont remercié le président du club pour son soutien.
Lors du match contre Monaco, les ultras du PSG ont remercié le président du club pour son soutien. - CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Bien sûr, c’est encore beaucoup trop tôt pour espérer se rapprocher de la folie d’un PSG-Bucarest de 1997, référence (parmi d’autres) pour nombre d’anciens. Contre le Barça, les « vrais » seront 500, peut-être un peu plus, pour garnir le secteur Auteuil. Mais avec le soutien de plus en plus marqué du président Nasser Al-Khelaïfi, les choses avancent. « Il y a une bonne dynamique en ce moment. Les gens reprennent l’habitude de chanter, dit Romain. Mardi, on a une grosse carte à jouer. Si le tifo réussit bien et que derrière on met une ambiance de feu, ça va marquer les esprits. »



Il flotte en tout cas dans l’air, avant ce 8e de finale aller, un parfum différent des dernières années. « Contre le Barça, Chelsea ou City, il n’y avait pas vraiment d’effervescence. Là on sent un truc, évident et en même temps inexplicable, perçoit James, fidèle du Parc et membre de l’Association de défense et d’assistance juridique des intérêts des supporters (Adajis). Dans les échanges entre potes, entre supporters, la manière dont on en parle, on est comme persuadés que cette fois, il va se passer quelque chose. » Il faudra au moins ça pour renverser le Barça.