PSG-OM: Mais au fait, c’était quoi une grosse ambiance de classico au Parc des Princes?

FOOTBALL Retour il y a dix, vingt ans, quand le classico appartenait aux ultras du PSG et de l'OM...

William Pereira

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Le public du Parc, lors d'un classico de 2002
Le public du Parc, lors d'un classico de 2002 — NIKO/SIPA

De retour par centaines au Parc des Princes depuis la réception de Bordeaux au début du mois d’octobre, les ultras dopent considérablement une ambiance globalement triste depuis la mise en place du plan Leproux. Les joueurs, le staff et même Unai Emery accueillent ce changement avec enthousiasme à l'occasion du classico de ce dimanche. « Je veux que les ultras parisiens reviennent, cela crée une alchimie spéciale au Parc », a même déclaré l’Espagnol en conférence de presse, samedi.

Pour autant, et même si le niveau sonore commence à s’en approcher doucement, les grosses ambiances ne sont toujours pas de retour au Parc. Il manque encore des ultras, à commencer par ceux de Marseille qui seront absents dimanche, pour reproduire cette atmosphère propre aux PSG-OM du passé. Une ambiance que l’on a essayé de « reconstituer » avec deux anciens habitués du virage Auteuil, Marc* (Authentiks) et Tony (Supras Auteuil).

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Le virage Auteuil, un soir de classico
Le virage Auteuil, un soir de classico - NIKO/SIPA

Avant le match : « Ambiance pesante », noms d’oiseaux et tifos

Le classico des tribunes commence bien avant le coup d’envoi, aux abords du stade. « C’était particulier, avec une atmosphère pesante. Il y avait les supporters de Marseille et des CRS partout, on avait peur que ça castagne » se souvient Tony.

« On était pas mal de groupes d’ultras à défiler en chantant en direction du stade depuis les stations de métro du coin. Il y en avait qui craquaient des fumigènes, d’autres déjà un peu bourrés, c’était tendu, ouais », confirme Marc.

Le programme musical est également sympa des deux côtés. Les Parisiens lâchent des « Marseillais, va niquer ta mère sur la cane-cane-canebière » et les Phocéens répondent « les Marseillais, montent à Paris pour enculer le PSG » (vous savez, le fameux tube de Taye Taiwo).

« Honnêtement, ça faisait partie du truc. Evidemment c’est vulgaire, mais c’est plus du domaine de la moquerie qu’autre chose. Comme avec les banderoles, en fait. Et il ne faut pas réduire les avant-matchs à ça. Il y avait aussi les tifos extraordinaires qui étaient déballés, c’était comme une démonstration de force de notre part », s’énerve presque l’ancien membre des Authentiks.

Pendant le match : « Ça dépendait du score »

Au coup d’envoi de la rencontre, le compteur de décibels est donc au plus haut. Ça chante dans tous les sens. « Paris, Paris, Paris ! »… « Si t’es fier d’être parisien tape dans tes mains ! » et bien sûr le mythique « ô ville lumière » sont entonnés régulièrement par les ultras d’Auteuil et Boulogne.

L’architecture si spéciale du Parc amplifie le son et le stade devient un enfer de bruit. Mais « cette ambiance était très dépendante du score », tempère Tony. Et d’ajouter que :

« Dans les années 90, Paris ne gagnait presque jamais le classico. Quand l’OM marquait, ça se calmait assez vite. »

Le vrai enfer, c’est donc quand le PSG gagne. Avec un point culminant qui se situe un soir de mai 1999, lorsque Paris prive l’OM de titre après avoir renversé la vapeur contre son pire ennemi (2-1) pour la première fois depuis des lustres. Tony, toujours :

« Quand Rodriguez marque à la 85e, c’était devenu fou. C’est comme si on avait gagné la Coupe du Monde ! On chambrait les Marseillais qui n’étaient pas loin. Il faut savoir qu’à l’époque, il y avait juste un filet de sécurité entre eux et nous. »

 

Après le match : Gaz lacrymogène et fête dans le métro

Comme avant le coup d’envoi, le match se prolonge aux abords du stade, après « avoir communié avoir les joueurs », comme le dit Marc, qui se souvient, à l’instar de son homologue des Supras, que « l’on ressortait souvent du Parc en pleurant à cause du gaz lacrymogène utilisé par les CRS qui voulaient disperser la foule au plus vite ».

Une fois défaits de l’épais nuage corrosif, les ultras parisiens reprennent leurs chants en direction du métro, où la fête continue dans les rames bondées. « C’est sûr que ça manque, cette ambiance », conclut-il. Reste à savoir si, un jour, le Parc renouera avec ces soirées. Pour l’ancien membre des Authentiks, c’est loin d’être gagné. « Tout est tellement contrôlé aujourd’hui. Je ne pense pas que ça arrivera. Pas avant longtemps. » Dommage…

*Le prénom a été changé