PSG-OM: Alors, on fait comment pour le rendre vraiment intéressant notre classico?

FOOTBALL Le classico PSG-OM a perdu de sa superbe et il est temps de changer le cours des choses...

William Pereira

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Di Maria et Cabella, il y a comme un petit écart de niveau non?
Di Maria et Cabella, il y a comme un petit écart de niveau non? — THOMAS SAMSON / AFP

Il paraît que c’est le match de l’année, que la France s’arrêtera de tourner pour le suivre et qu’il fait rêver dans les chaumières. Le classico, (ou le classique, on ne sait pas trop) s’est imposé comme l’affiche incontournable du championnat français dès les années 1990 avant de décliner lentement mais sûrement.

Certes, la rencontre est retransmise dans le monde par plus de 50 diffuseurs (un score honorable mais sans plus), mais l’intérêt sportif de ce duel reste aujourd’hui limité pour une simple et bonne raison : à la fin, c’est toujours le même qui gagne. La preuve.

Le rouge correspond aux victoires du PSG. Tout va bien.
Le rouge correspond aux victoires du PSG. Tout va bien. - Wikipédia

En gros, on est bien loin de l’intérêt d’un Barça-Real, d’un Bayern-Dortmund ou d’un derby d’Italia. Et nous, à 20 Minutes, ça nous embête un peu. Du coup, on a essayé de voir comment on pourrait améliorer ce PSG-OM, avec l’aide d’Alain Roche, ancien joueur parisien et consultant à Canal +, qui diffusera le choc dimanche soir (20h45).

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On fait monter la sauce dans les médias avant le match

Dans n’importe quel pays de football, chaque grosse affiche est précédée de grosses punchlines interposées entre dirigeants et/ou entraîneurs dans la presse. On se souvient par exemple que le clásico n’a jamais été aussi électrique qu’au paroxysme de la rivalité Mourinho/Guardiola. Bref, il faudrait que ça clashe de partout dans les médias pour chauffer les joueurs.

L’avis d’Alain Roche : « Ce folklore médiatique permet de faire monter la sauce, de mettre une certaine ambiance et de rehausser l’intérêt du match. Ça met les joueurs dans l’ambiance. Mais pour ça, il faut des dirigeants qui nourrissent la polémique, et le problème, c’est qu’avec Nasser et maintenant Frank McCourt, ça ne risque pas d’arriver. »

On réunit à nouveau les Ultras des deux équipes dans le même stade

S’il y a bien un choc dépendant de ses supporters, c’est le classique français. Malheureusement, et si quelques ultras parisiens devraient être présents dans leur demeure pour accueillir l’OM, les groupes Marseillais ne feront pas le déplacement. Et c’est dommage, car les grosses ambiances ont toujours bonifié cette affiche.

L’avis d’Alain Roche : « C’est capital d’avoir des supporters des deux camps pour un classico. Il suffit que les supporters adverses fassent plus de bruit pour que les supporters locaux haussent le ton et ainsi de suite pour provoquer une sorte d’inflation de l’ambiance. Ça fait toujours du bien sûr le terrain, ça galvanise. Concernant la situation actuelle des supporters, c’est un peu la politique du « je ne prends pas de risques » pour les préfets. Il n’y a qu’à voir l’Euro… Ça s’est bien passé à une exception près. Après on se plaint du manque de personnes dans les stades. »

C'est quand même sympa de voir des ultras tailler leurs adversaires
C'est quand même sympa de voir des ultras tailler leurs adversaires - MYSTY/SIPA

On renforce l’OM pour nourrir le spectacle

Cela sonne comme une évidence. Pour que notre choc hexagonal soit aussi respecté que spectaculaire, il faut deux équipes sur le terrain. Et pas n’importe lesquelles. Des formations de top niveau, capables de régaler la galerie et de livrer des batailles sans merci.

L’avis d’Alain Roche : « Pour que le match soit grand, il ne peut pas simplement être âprement disputé. Il faut de la qualité. Les gens veulent voir des fulgurances, des gestes techniques. Récemment, on ne les a eues que du côté du PSG. Il faut voir ce que ça peut donner maintenant avec l’arrivée de McCourt et Rudi Garcia à Marseille. Mais je vois mal les deux équipes attirer de très grands joueurs, des stars capables de tirer considérablement le niveau vers le haut. »

Lassana Diarra est l'un des rares Marseillais de haut standing
Lassana Diarra est l'un des rares Marseillais de haut standing - FRANCK FIFE / AFP

On redonne un sens à la rivalité Paris-Marseille

La rivalité entre Paris et l’OM n’a jamais été naturelle. On le sait, elle a été montée au début des années 90 afin de redonner de l’intérêt du championnat français. Ça tombe bien, nous revoilà aujourd’hui dans la même situation. C’est donc le moment ou jamais de trouver un nouveau prétexte pour que Parisiens et Marseillais se détestent à nouveau.

L’avis d’Alain Roche : « A la rigueur, on peut jouer un peu sur le côté « capitale contre la Province »… Mais on n’est pas vraiment sur le même schéma qu’un clásico naturel comme en Espagne ou on a Barcelone, les indépendantistes contre le Real Madrid qui symbolisait le régime. Si PSG-OM doit ressembler à un choc européen, ce serait plus Bayern-Dortmund, avec un courageux qui vient défier le colosse du championnat. Une rivalité plus sportive en fait. »

Un Bayern-Borussia à la française, ça fait rêver. Surtout par les temps qui courent…