Parc des Princes: Que pensent les riverains du retour des ultras au stade?

PSG Comme c’est le cas depuis le 1er octobre, les ultras parisiens seront de nouveau autorisés à se réunir en tribunes pour mettre l’ambiance à l’occasion de la réception de l’OM. Bonne ou mauvaise chose ? Le point de vue des riverains…

Fabrice Pouliquen

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Des supporteurs du PSG lors de la réception du FC Bale dans le cadre de la Ligue des Champions.
Des supporteurs du PSG lors de la réception du FC Bale dans le cadre de la Ligue des Champions. — J.E.E/SIPA

Le match de dimanche soir aura valeur de premier véritable test. A 20h45, le Paris Saint-Germain reçoit dans son antre l’Olympique de Marseille. L’enjeu de la rencontre ne sera pas tant sur le terrain, les Parisiens faisant figure une nouvelle fois de grands favoris. Il faudra aussi surveiller les gradins où les supporters ultras seront de nouveau autorisés à se réunir en groupe, six ans après avoir été évincés du stade par un plan de sécurisation des tribunes.

Pas que des bons souvenirs

Cela a commencé le 1er octobre avec un petit groupe pour la réception de Bordeaux. «Cela s’est poursuivi face à Bâle, mercredi dernier en Ligue des Champions, poursuit James, porte-parole de l' Association de défense et d’assistance juridique des intérêts des supporteurs (Adajis). Nous étions alors 200. Le but sera d’être 350, dimanche soir. »

La nouvelle ne ravive pas que des bons souvenirs aux abords du Parc des Princes. « Disons qu’elle ramène à une époque où les jours de matchs étaient des moments tendus pour les riverains », raconte Marie-Françoise qui habite en face du stade depuis 15 ans.

Cette retraitée reste notamment marquée par la journée du 23 novembre 2006 et la venue des Israéliens du Maccabi Haïfa. « Il y a eu des chants antisémites dans la rue et puis ce supporter abattu dans la soirée (tué par un policier qui tentait de protéger un jeune Français juif agressé). »

« Batailles rangées boulevard Murat »

Dans la rue d’à côté, Stéphane évoque aussi les batailles rangées régulières, entre supporters de bandes rivales, boulevard Murat. Des affrontements qu’il regardait de son balcon. « Un triste spectacle qui s’est plusieurs fois fini mal », raconte-t-il. Comme le 28 février 2010, deux heures avant justement un PSG-OM, lorsque Yann Florence, 37 ans, finit dans le coma après un tabassage en règles. Il mourra trois semaines plus tard. Dans la foulée, Robin Leproux, président du PSG à l’époque, mettra au point son plan de sécurisation des tribunes.

C’est calme… trop calme ?

Dans le quartier, les riverains s’accordent pour dire que ce plan a été efficace. « Il y a toujours du bruit les jours de matchs, ce qui est compréhensible, mais plus de pneus qui brûlent, plus de cars de joueurs attaqués, plus de bagarres en ligne », raconte Dominique Jalenques, président de l’association du quartier du Parc des Princes et qui était adjoint au maire de Boulogne-Billancourt en charge de la sécurité dans les années 2000.
Désormais, c’est même très calme un jour du match aux abords du Parc des Princes. « Mais pas qu’aux abords, regrette Jean-Marie, qui tient une boutique dédiée aux supporters dans la rue qui mène au stade. Il n’y a plus d’ambiance non plus dans le stade. »

Lui qui pouvait se targuer de n’avoir loupé aucun match du PSG à domicile entre 1979 et 2014, n’y va plus qu’épisodiquement aujourd’hui. « Je ne me retrouve plus tellement dans ce public familial.» Il prône alors un retour au stade des ultras, en leur faisant signer au préalable une charte de bonne conduite avec des sanctions fermes en cas d’écarts. » Nasser Al-Khelaïfi, le président qatari du PSG, et les joueurs poussent aussi dans ce sens.

« Wait and see »

James, supporter ultra, se veut rassurant : « L’enjeu est plus dans la gestion des flux des supporters par les forces policières. A une certaine période, cette gestion a été chaotique. On laissait venir tout le monde ou presque à proximité du stade les jours de match. Peu importait s'ils avaient des places ou non. Il y a encore beaucoup de progrès à faire sur a sécurisation des stades en France, notamment au regard de ce qui se fait à l’étranger. Toutefois, aujourd’hui, les policiers sont bien plus présents au Parc des Princes qu’ils ne l’étaient autrefois. » De quoi a priori compliquer les batailles rangées.

« Attendons de voir, prône alors un commerçant du quartier. Contre Bordeaux comme contre Bâle, cela s’est très bien passé. Nous n’avons pas noté en tout cas de différences dans le quartier. »

« Wait and see », dit aussi Dominique Jalenques qui n’a pas eu pour l’instant de retour de riverains se plaignant de supporters. « Notre association se réunira dans une dizaine de jours, explique-t-il. Nous aborderons sans doute le sujet. Mais ce ne sera pas l’enjeu principal du comité.L’extension de Roland-Garros sur les serres d’Auteuil est un sujet qui nous préoccupe beaucoup plus. »