PSG-Arsenal: C'était mieux, mais Unai Emery doit encore se poser beaucoup de questions

FOOTBALL Le coach du PSG cherche encore la bonne formule pour faire avancer sa nouvelle équipe...

N.C., au Parc des Princes

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Unai Emery en conférence de presse avant PSG-Arsenal, le 12 septembre 2016.
Unai Emery en conférence de presse avant PSG-Arsenal, le 12 septembre 2016. — FRANCK FIFE / AFP

On va le dire tout de suite parce que c’est une réalité à ne pas oublier. Par moments, le PSG nous a régalé, mardi. Les Parisiens avaient faim, ont pressé sans relâche, ont marqué un but au terme d’une magnifique action collective à une touche et se sont créé une pelletée d’occasions qui font dire qu’ils méritaient mieux que ce match nul contre Arsenal. Mais voilà, parce que le PSG veut voir loin cette saison en Ligue des champions, le mieux entrevu par rapport aux premières sorties en Ligue 1 ne peut pas occulter les réserves qui accompagnent ce premier rendez-vous européen. Unai Emery a encore du boulot.

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Le coach espagnol était le centre de beaucoup d’interrogations avant la rencontre, et il a tenté des choses. Il a écarté Ben Arfa, frappé fort en titularisant Aréola, pris des risques en alignant une défense en manque de rythme, surpris en sortant Motta au profit de Krychowiak et en demandant à Matuidi d’animer le côté gauche de l’attaque. Globalement, il a eu raison. Mais…

On met qui maintenant dans les buts ?

Kevin Trapp n’avait pas forcément démérité jusqu’ici, mais Emery a décidé de lancer Alphonse Aréola dans le grand bain pour ce match. « Il a bien travaillé en pré-saison, il est prêt. J’ai confiance en lui », justifie le coach. Le jeune gardien ne s’est pas raté, et on se serait extasié longtemps sur sa parade devant Iwobi si Sanchez n’avait pas marqué derrière. « C’est quelque chose que j’attendais depuis longtemps, j’ai essayé d’en profiter un maximum. Ça reste un grand souvenir, même s’il y a de la frustration sur le but », explique l’intéressé.

Mais pour la suite, on fait comment ? « La concurrence est une bonne chose », assène Emery à propos d’un poste où la plupart des coachs prônent une hiérarchie claire et nette. On peut éventuellement imaginer que Trapp joue en championnat, et Aréola en coupes, qu’elles soient nationales ou européenne. « Il n’y a rien de fixé, on verra », a indiqué le gardien lorsqu’il lui a été demandé s’il jouerait contre Caen, vendredi. Voilà un beau dilemme.

    On en fait quoi de Ben Arfa ?

    La question à beaucoup de dollars… Ecarté du groupe à cause d’un problème de forme, de comportement, des deux à la fois ou alors d’autre chose, HBA est clairement un problème pour Emery en ce début de saison. « Tous les joueurs sont les mêmes pour moi. J’ai pris la décision que je pensais être bonne pour jouer ce match. Les meilleurs étaient là ce soir [mardi]. Il est un joueur comme un autre », soutient l’Espagnol. Mais cet épisode va laisser des traces et le sujet revenir souvent sur le tapis.

    Ce Paris sera-t-il d’attaque un jour ?

    Evidemment, il y a le cas Cavani. On aimerait vraiment croire Nasser quand il dit que l’Uruguayen est « le meilleur attaquant du monde », mais on a un peu de mal. Edi vaut un article à lui tout seul, alors on parlera ici de l’impression générale laissée par l’attaque parisienne. Le sentiment de puissance et d’assise dans le camp adverse a disparu avec le départ d’Ibrahimovic. Cavani adore courir partout, mais avec lui en pointe le PSG évolue davantage en contre qu’en jeu de possession dans les 25 derniers mètres.

    Ce n’est pas forcément rédhibitoire pour être se créer des occasions, mais tout ça semble manquer de poids. Surtout que les solutions ne sont pas légion. Ben Arfa est au placard, Pastore disponible une fois de temps en temps, Di Maria pas dans la forme de sa vie et on ne sait pas vraiment à quel poste évolue Jesé. Il y a bien Lucas, mais il est resté sur le banc mardi soir (?!). Il va falloir que le bon Unai trouve vite un plan d'attaque.

    Y’a pas un peu trop de monde au milieu ?

    Thiago Motta, Krychowiak, Verratti, Rabiot, Matuidi… Avec cinq hommes pour trois places, la construction du milieu de terrain est un sacré casse-tête. Le match entre Krychowiak, qui n’a sûrement pas été recruté pour rien (en tout cas pas à ce prix-là) et Motta, qu’on n’écarte pas comme ça du 11 type sans risquer de froisser le vestiaire, ne va pas être simple à gérer. « Ce n’est pas le même style. Selon les matchs, on veut être agressif ou plus jouer au ballon, je fais mes choix à chaque fois en fonction de ce qu’on veut faire », détaille l’ancien coach du FC Séville.

    Chez les relayeurs, Verratti est indispensable et Rabiot de plus en plus fort. Placer Matuidi sur l’aile gauche est apparemment une option, mais sûrement pas à long terme. D’ailleurs, Emery ne l’envisage pas. « C’était une question de tactique. On voulait mettre la pression, être agressif. Je pensais qu’il serait le meilleur à mettre à ce poste pour ce match-là, pour l’équilibre de l’équipe ». A bien y regarder, c’est l’équilibre de l’effectif qui semble davantage poser problème. Il faudra faire avec.

    Et aussi…

    Cela n’a pas forcément à voir avec la gestion à long terme, mais le coaching d’Emery sur cette rencontre en particulier interroge. Pourquoi sortir Rabiot ? Pourquoi lancer un Pastore tout juste revenu de blessure et ne pas faire entrer Lucas après l’égalisation, alors que le Brésilien est l’un des Parisiens les plus en forme ? Ou Jesé à la rigueur ? Non, là, on sèche (et même avec de l’eau pas sûr que ça aille mieux)…