Mondial féminin: Whatsapp et maillot de madame au foot, voici la vie d'«homme de footballeuse»

FOOTBALL Un «WAG» au masculin...  

Antoine Maes

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Jessica Houara-d'Hommeaux avec l'équipe de France, en mars 2015, au Portugal.
Jessica Houara-d'Hommeaux avec l'équipe de France, en mars 2015, au Portugal. — FRANCISCO LEONG / AFP

Vous connaissez forcément Victoria Beckham. Vous avez sans doute déjà aperçu une photo de Cheryl Cole. Et au pire du pire, vous avez obligatoirement déjà ouvert une fenêtre sur votre ordinateur pour admirer ce diaporama « femmes de footballeur » (peut être même sur 20 Minutes). Par contre, à moins de faire partie de sa famille ou de ses potes, vous n’avez jamais entendu parler de Benjamin d’Hommeaux. D’ailleurs, il y a même une forte probabilité pour que vous ne connaissiez pas sa femme non plus. Jessica Houara-d’Hommeaux joue pourtant en ce moment la Coupe du monde féminine au Canada avec les Bleues, qui affronteront la Colombie samedi.

« Dans le monde du foot, WAG, c’est un métier »

Si chez les hommes, le concept de WAG (Wife and Girlfriend) fait désormais partie du folklore, il faudrait donc parler de « HAB » (Husband and Boyfriend) pour qualifier Benjamain d’Hommeaux. Marié à la joueuse de l’équipe de France depuis l’été 2014, il ne renie pas le qualificatif. Mais davantage la définition. « Dans le monde du foot, WAG c’est un métier, elles font ça à plein-temps et elles cultivent cette image. Moi j’ai mon boulot à côté, je suis quelqu’un qui accompagne sa femme, je suis homme de footballeuse. » Evidemment, vous ne risquez pas de le trouver dans Gala : « Dans le foot féminin, il n’y a pas assez de retombées médiatiques, ce n’est pas assez bling-bling pour que ça arrive. Et ce n’est pas un truc que je recherche forcément. Moi je m’en amuse, mais je ne prends pas ça au sérieux, et je me prête au jeu des médias dans le seul but de mettre en avant le foot féminin ».

 

Pourtant, il y a quand même des similitudes. Pendant que madame tente de ramener le premier titre mondial de l’histoire du foot féminin français, monsieur est au boulot. « Je me lève le matin, je prends le RER, je vais bosser sur Paris, je fais ma journée de travail et je rentre le soir. Là elle n’est pas là, j’en profite pour voir la famille, les amis, pour partir en week-end. Parce qu’on est pas mal bloqués dans l’année avec son agenda ». Sans oublier de soutenir sa femme à distance : « On ne se lâche pas, on bombarde sur Whatsapp, c’est à peu près 100 messages par jour, du matin au soir. Il y a cinq heures de décalage, je lui envoie un message le matin avant de partir, savoir comment elle va, et elle me répond vers 13h, 14h heure française », raconte Benjamin d’Hommeaux.

Le maillot de madame sur les épaules au futsal

Il n’a pas vu sa femme depuis le 29 mai, mais va la rejoindre à partir des 8es de finale. Il est d’ailleurs plutôt pote avec l’entourage d’autres joueuses, et c’est avec eux qu’il traversera l’Atlantique. Une proximité qu’il retrouve moins au PSG, le club de Jessica, où il ne côtoie d’ailleurs pas du tout les compagnes de Zlatan Ibrahimovic ou Thiago Silva. Et à l’écouter, il y a quand même énormément d’avantages à être marié avec une joueuse professionnelle. Il avoue ne pas avoir trop de mal à regarder les matchs à la télé. Et remarque qu’en vacances, c’est assez classe « de faire une petite brésilienne avec sa femme ». Quant au futsal avec les potes, impossibles de ramener Jessica : elle risquerait fort d’humilier tout le monde, et depuis qu’elle est passée pro, c’est interdit pour elle. Et si vous fréquentez le même Urban, vous n’aurez pas de mal à le reconnaître : c’est le seul joueur à porter un maillot de l’équipe de France floqué « Houara d’H ». Et vous n’avez jamais vu David Beckham se trimballer les créations de madame à l’entraînement.