GP des Pays-Bas : Trombes d’eau, audace et stratégie payante… Comment Pierre Gasly a arraché sa belle troisième place
F1•Le pilote français de chez Alpine a réalisé une superbe course, dimanche, au Pays-Bas, et offre à son écurie un bon bol d’air après une première partie de saison catastrophique à tous points de vueAymeric Le Gall
L'essentiel
- Pierre Gasly a terminé le Grand Prix des Pays-Bas à la troisième place, derrière Fernando Alonso et Max Verstappen.
- Sous le déluge hollandais, le pilote de l’écurie Alpine s’est montré audacieux dans ses choix et autoritaires dans sa façon de conduire.
- Cette troisième place met un peu de baume au cœur dans une équipe en perdition depuis le début de la saison.
Après le fiasco des basketteurs à la Coupe du monde, salement éliminés au bout de deux matchs, et le bilan catastrophique de l’équipe de France d’athlétisme aux Mondiaux de Budapest, on ne voyait pas âme qui vive à l’horizon et qui puisse sauver l’honneur tricolore à l’international ce week-end. Mais c’était sans compter sur Pierre Gasly, qui s’est offert un magnifique podium (3e place) lors du Grand Prix des Pays-Bas, sous un déluge hallucinant dans la petite commune côtière de Zandvoort.
Une troisième place au goût de victoire pour une écurie Alpine en galère totale depuis le début de la saison. « On ne s’imaginait pas forcément pouvoir se battre pour le podium mais c’est une nouvelle preuve que tout peut arriver en Formule 1 », déclarait le Français, tout sourire, au micro de Canal + après la course. Ça a été une course avec énormément de rebondissements, très compliquée, avec des conditions changeantes sous la pluie, sur le gras et sur le sec : on a vraiment tout eu. Il a fallu faire des choix stratégiques très importants. »
Une stratégie payante sous le déluge de Zandvoort
En effet, c’est sur la stratégie de course que Pierre Gasly a su tirer son épingle du jeu dès les premières secondes de course, alors qu’un premier (gros) orage éclatait dans le ciel hollandais. Le Français n’a pas tergiversé et a choisi, dès l’avant-dernier virage, lors du premier tour de piste, de rentrer au stand pour passer en pneus intermédiaires. Un choix payant au regard des autres pilotes, dont Charles Leclerc, qui a annoncé rentrer au stand au dernier moment et a surpris son équipe, qui n’a pas pu préparer les nouveaux pneumatiques à temps.
« En sortant du dernier virage au premier tour, j’ai tout de suite compris qu’il y avait une grosse opportunité pour nous donc j’ai demandé à l’équipe de rentrer au stand directement et ça a payé. On avait une voiture qui marchait bien aujourd’hui, j’arrivais à me bagarrer avec la Ferrari (de Sainz) et à rester pas très loin d’Alonso (2e derrière Verstappen). » Alors que l’ancien pilote Red Bull semblait se satisfaire d’une belle quatrième place, après avoir déposé Carlos Sainz sur l’aire d’autoroute la plus proche, une deuxième averse, plus violente encore que la première, allait lui donner l’opportunité de tenter un dernier coup de poker.
Alpine oublie un peu ses soucis
Bien aidé par deux fautes de Sergio Perez, alors en 3e position (un freinage raté au premier virage et une pénalité pour excès de vitesse dans les stands), le Français réussira avec brio à contenir la Red Bull du Mexicain jusqu’au bout. « Je savais ce qu’il ressentait parce que je l’ai vécu peu avant (Gasly aussi se verra pénaliser de 5 secondes pour excès de vitesse aux stands) mais ce n’est jamais facile de rester à moins de cinq secondes d’une Red Bull », a-t-il déclaré après-course, parvenant finalement à doubler Perez après l’intervention du drapeau rouge à sept tours de l’arrivée.
« Aujourd’hui, j’ai pris mon plus gros plaisir au volant de toute la saison, c’était excitant de me battre pour ces places-là. On a eu pas mal de malchance (depuis le début de saison) C’était frustrant mais il fallait garder ses nerfs pour continuer à tenter. Et aujourd’hui ça paie. C’est une belle manière de reprendre après la pause », s’est enthousiasmé Galsy. Cela n’effacera pas la piteuse première partie de saison, mais ça devrait au moins permettre à l’écurie française de panser ses plaies et repartir de l’avant. Ce qui, vu la situation actuelle et l’ambiance chez Alpine, est déjà énorme.



















