Tour de France 2026 : Records, Paris-Roubaix ou impossible triplé… Qu’est-ce qui va motiver Pogacar pour la suite ?
glouton•Le Slovène, entré dans la légende du Tour de France dimanche avec un 5e sacre, a encore quelques défis qui l’attendent pour la suite de sa carrière. Mais tout dépendra de sa motivation, évidemmentNicolas Camus
L'essentiel
- Tadej Pogacar a rejoint Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain dans la grande histoire du cyclisme dimanche, en remportant son 5e Tour de France.
- Et maintenant ? Le Slovène assure ne pas courir après les records, mais il a encore des objectifs qu’il n’a pas atteints, comme s’imposer sur Paris-Roubaix.
- Petit tour d’horizon des autres potentiels défis qu’il pourrait se lancer, de l’improbable triplé Giro-Tour-Vuelta la même année au titre olympique.
Aussitôt descendu du podium dimanche soir, Tadej Pogacar se tournait vers la suite. Certes, il va « savourer » son cinquième sacre sur le Tour de France, ce qui le place à la hauteur d’Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain dans la grande histoire du cyclisme, mais le Slovène roule aux défis. « Maintenant, j’ai besoin d’un nouvel objectif », a-t-il lancé, sans préciser ce qu’il avait en tête. Pas de soucis, on peut le faire pour lui.
Le record de victoires sur le Tour de France
Lance Armstrong et ses sept victoires rayés des tablettes pour dopage, la voie est libre pour Pogi s’il veut devenir seul détenteur du record. A 27 ans seulement, il a encore de belles années devant lui et la marge suffisante pour l’envisager sereinement. Dimanche sur les Champs, il disait de ne pas vouloir « penser à l’histoire, aux records ou à quoi que ce soit d’autre ».
D’autres s’en sont chargés pour lui. « S’il n’a pas d’accident, pas de problème physique, cela va durer encore trois ou quatre ans. Il va gagner au moins sept Tours », prédit ainsi Greg Lemond dans L’Equipe. Avec le Slovène, cela va plus dépendre de lui que de la concurrence, en tout cas pour l’instant. Ces courses de trois semaines ne sont pas ce qu’il préfère, il faudra donc évaluer sa motivation au cas par cas.
Le Tour d’Espagne pour compléter sa collection
Dans l’hypothèse - très peu probable - où il ne devrait plus faire qu’un grand Tour, le leader d’UAE choisirait peut-être la Vuelta, qui sait. Car c’est le dernier volet du triptyque qui manque encore à son palmarès. Vainqueur du Giro en 2024, il ne s’est jamais adjugé le Tour d’Espagne. Parce qu’il n’y est allé qu’une fois, au tout début de sa carrière, en 2019.
Pogi avait terminé à la troisième place, derrière Roglic et Valverde. Pourrait-il être au départ dès cette année, le 22 août prochain à Monaco ? « On verra, on verra », a-t-il évacué pour le moment.
L’impossible triplé
Au-delà d’une simple victoire sur la Vuelta, pourquoi n’irait-il pas explorer un terrain encore vierge en remportant les trois grands Tours la même année ? Personne ne l’a jamais fait dans l’histoire, mais justement, il y a une bonne raison. Interrogé par nos soins sur cette possibilité en 2024, alors que le glouton de Komenda avait déjà remporté le Giro et le Tour, Lilian Calmejane s’était montré très ferme.
Très mauvaise idée, selon le néo-retraité des pelotons, car les efforts à fournir pour réaliser cet exploit peuvent flinguer les deux ou trois saisons suivantes. Pogacar n’en aurait certainement pas envie, lui qui a encore des objectifs sur les courses d’un jour. Après, s’il y en a un qui semble pouvoir défier les lois de la Science, c’est bien lui.
Paris-Roubaix, son rêve le plus fou
Pogacar, ou l’art d’explorer tous les terrains. C’est d’ailleurs pour ça qu’il pourra postuler au titre honorifique de plus grand coureur de tous les temps quand il aura raccroché. Sa participation à Paris-Roubaix l’an dernier était un événement : c’était la première fois depuis trente-quatre ans qu’un vainqueur sortant du Tour de France osait poser les roues sur les pavés du Nord.
Deuxième derrière Mathieu Van der Poel, il s’était bien amusé, puisqu’il est revenu cette année. Encore raté, Wout Van Aert était plus fort. Comme le Slovène ne fait pas du vélo pour s’ennuyer et qu’il adore se bagarrer avec les plus grands spécialistes de chaque course, on peut penser qu’il reviendra. « Je ne peux pas dire maintenant, peut-être que oui, avait-il lâché en avril dernier, sonné par une course qui ne l’avait pas ménagé. Il me faut du temps pour analyser et on verra. »
Un faux suspense vu de notre fenêtre. Il n’y a qu’à voir l’abnégation mise pour dompter Milan-San Remo, qu’il a finalement remporté cette année à sa sixième participation. Paris-Roubaix est le dernier Monument qui se refuse encore à lui, alors Pogi reviendra dans Arenberg autant de fois qu’il le faut.
Une médaille d’or olympique
« Fatigué », le Slovène n’avait pas participé aux JO 2024 à Paris. Trois ans plus tôt à Tokyo, il avait récolté le bronze, battu par Carapaz et Van Aert. Contrairement à d’autres objectifs, il n’a jamais fait de grandes déclarations sur son ambition de devenir champion olympique, mais on peut imaginer que ça doit le titiller. D’ailleurs, des déclarations sur sa volonté de faire le point en 2028, c’est-à-dire une fois les JO de Los Angeles passés, avaient embrasé le milieu, avec des conjectures immédiates sur une potentielle fin de carrière à cette échéance.
Pogi avait démenti, assurant qu’il avait un contrat jusqu’en 2030 et qu’il le respecterait, « sauf imprévu ». Il envisage même de « continuer à courir » après cette date. Brisbane 2032 ne se fera donc pas forcément sans lui. Mais s’il a vraiment envie, il n’aura sans doute pas à aller jusque-là. Le final cabossé du circuit prévu à LA, avec 4 km à 5 % de moyenne et des passages à 8 %, est taillé pour lui.
Le record de maillots arc-en-ciel
Parce que pourquoi pas, après tout ? Pogacar en est à deux titres de champion du monde, grâce à ses victoires à Zurich en 2024 et Kigali l’an dernier. Le record est à trois couronnes mondiales, détenu par Merckx, Sagan, Freire, Binda et Steenbergen. Tout à fait jouable. D’autant que comme pour les JO 2028, les profils des deux prochaines éditions présentent un terrain de jeu favorable.
Les Mondiaux en septembre se joueront au sommet du Mont-Royal à Montréal, au terme d’un parcours à 3.720 mètres de dénivelé positif. Quant à l’édition 2027, elle aura lieu en Haute-Savoie, avec un circuit comprenant la mythique côte de Domancy, un délice de 2,5 km à 9,4 % de moyenne, pour un dénivelé positif total de 5.700 mètres. Du tout cuit, on vous dit.


















