JO 2024 – VTT : Après l’or, le Tour de France… Pauline Ferrand-Prévot en route pour finir le cyclisme en mode expert
CYCLISME•Pauline Ferrand-Prévot a terminé sa carrière olympique en VTT de la meilleure manière à Elancourt, où elle est allée chercher l’or, dimanche, sur la course féminine des JO. Son prochain objectif ? Trois fois rien : le Tour de FranceWilliam Pereira
L'essentiel
- Cocorico, Pauline Ferrand-Prévot a remporté l’or olympique, l’un des derniers titres qui manquait à son importante collection. Et quel titre !
- Maintenant que la cache olympique est – enfin cochée, et alors qu’elle a définitivement fini le jeu en VTT, la championne pourrait se tourner vers un ultime objectif.
- Et pas n’importe lequel : le Tour de France, soit l’épreuve cycliste la plus connue. De quoi peut-être enfin rassasier l’appétit d’ogresse de Pauline Ferrand-Prévot.
De notre envoyé spécial sur la colline,
Il a fallu attendre 17 heures passées à Elancourt pour enfin voir Pauline Ferrand-Prévot (PFP) en difficulté. Lèvres asséchées par l’effort et la chaleur, en manque de sucre, la nouvelle championne olympique de VTT ne pense qu’à une chose : « bien manger ! » Jusqu’ici, elle avait plutôt survolé son affaire en pliant une course aussi chargée de suspense qu’un GP de F1 mené par Max Verstappen.
Une attaque en début de deuxième tour sur un raidard brûle-cuisses aura suffi à mettre un groupe de trois autres coureuses – auquel appartenait Loana Lecomte – dans le rétro. Dix secondes, trente secondes, une minute, l’écart finira par grimper jusqu’à 2’57 sur la ligne sur sa dauphine américaine Haley Baten. Une facilité à vous foutre Tony Estanguet sur le cul.
« J’étais en mode robot »
De passage en zone mixte sur le site de la colline, le patron du Cojo ne tarit pas d’éloges sur la championne : « Elle a dominé la course d’une manière que je n’ai jamais vue. J’ai l’impression que tout s’est passé comme prévu, presque dans la facilité. C’est la preuve qu’elle s’était bien préparée. » Plus que ça, elle s’était mise en mode ermite, recluse, loin des réseaux, loin des médias. C’était tout pour les JO, tout pour ne pas terminer le VTT sur une nouvelle fausse note olympique.
« A l’image de mes dernières coupes du monde, j’étais en mode robot, confiera PFP sur la ligne d’arrivée. J’avais à cœur de pas montrer mes émotions parce que je n’avais pas le droit, il fallait que je sois concentrée sur moi et que je ne me laisse pas perturber. » C’est à se demander comment elle n’a pas collectionné les médailles olympiques comme elle l’a fait avec les maillots irisés (cinq rien qu’en VTT).
Objectif Tour de France
Pauline a fait mieux que terminer le jeu VTT, elle l’a platiné (les geeks comprendront). Elle quittera le circuit cross-country à la fin de la saison, mais pas sans essayer de gratter un 6e titre mondial. Et après ça ? La peur du vide ? « Qu’est-ce qu’elle va nous trouver comme objectif, maintenant ? », s’interroge sa mère en zone mixte. « Gagner le Tour de France ! », répond le père, un brin chambreur. « Ça, c’est une info ! » Ou plutôt un secret de polichinelle. Sur la ligne d’arrivée, on ne parle que de ça dans le microcosme du VTT, à commencer par l’entraîneur de l’équipe de France, Yvan Clolus.
« Elle est allée chercher tout ce qu’elle pouvait en VTT. Moi j’ai compris qui lui manquait un dernier truc en cyclisme sur route. Ça s’appelle le Tour de France (rires). Il ne manque que ça. Elle n’ira ni sur piste ni sur BMX. Elle va se donner deux ou trois ans pour aller chercher le Tour. Elle en est capable. »
A la recherche d’une source un peu plus objective, on envoie un SMS à Steve Chainel, consultant sur Eurosport et nouveau référent vélo de Netflix. Réponse sans appel : « oh mais oui qu’elle en est capable. Le talent est là, le mental aussi… »
« Pauline va surfer sur son titre olympique »
Julie Bresset, championne olympique à Londres en 2012, loue pour sa part la cohérence du projet de PFP, qui devrait par ailleurs rejoindre son compagnon Dylan Van Baarle du côté de Visma pour atteindre ses objectifs sur route. « Dans son choix je trouve qu’elle a vraiment fait des bonnes choses. Elle arrête le VTT avec un nouvel objectif sans pression olympique. Pauline va switcher sur la route et surfer sur son titre olympique. Sur route, elle aura des bonnes choses à faire. C’est cohérent dans son projet. On voit que c’est compliqué d’être à 100 % dans chaque discipline. On ne peut pas briller partout. » Sauf quand on s’appelle Pauline. On a lui a même trouvé un surnom à la hauteur de sa polyvalence : Ferrand Der Poel.


















