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CYCLISMEAlléluia, avec la victoire d’Asgreen, les baroudeurs ne sont pas morts !

Tour de France 2023 : Après la victoire de Kasper Asgreen, mais non, mais non, les baroudeurs ne sont pas morts !

CYCLISMEPour une fois dans ce Tour 2023, une échappée de baroudeurs a pu aller au bout d’une étape sans se faire reprendre dans les derniers kilomètres par les équipes de sprinteurs
Kasper Asgreen s'est imposée lors de la 18e étape du Tour entre Moûtiers et Bourg-en-Bresse.
Kasper Asgreen s'est imposée lors de la 18e étape du Tour entre Moûtiers et Bourg-en-Bresse.  - SIPA / SIPA
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Kasper Asgreen a remporté jeudi la 18e étape du Tour de France entre Moûtiers et Bourg-en-Bresse.
  • Cette étape promise aux sprinteurs a finalement été chipée par un membre d’une échappée, un phénomène de plus en plus rare sur le Tour.

Hé ben mon vieux, on n’avait pas prévu de s’exciter autant pour une fin d’étape de plat ! Alors que la 18e étape du Tour de France – celle d’après l’effondrement de Tadej Pogacar dans le col de la Loze – s’annonçait chiante à mourir, avec un scénario cousu de fil de blanc, une bagarre entre les sprinteurs et une victoire de Philipsen à l’arrivée, c’est tout l’inverse qui s’est produit.

En effet, pour une fois dans ce Tour 2023 cadenassé de partout, une échappée est allée au bout. Faites péter le mousseux tiède et la terrine de canard, c’est un jour à marquer d’une croix rouge dans le calendrier ! Il est vrai que depuis le départ de Bilbao, début juillet, au vu de la difficulté du tracé et du rythme de lévriers afghans imprimé chaque jour par le peloton, il ne fait pas bon être baroudeurs. On ne compte plus les efforts vains des courageux qui ont sans cesse osé partir à l’attaque, espérant inlassablement bénéficier un jour de la clémence d’un peloton en mode pot de glu.

Alpahilippe prépare le terrain pour Asgreen

Parmi ceux-là, Thibaut Pinot, qu’on a vu plusieurs fois furieux contre un peloton opprimant la liberté des échappées. Voilà pourquoi, jeudi, il était on ne peut plus heureux de la victoire de Kasper Asgreen, échappée depuis le début de la journée avec Victor Campenaerts et Jonas Abrahamsen. « Pour beaucoup de coureurs, c’était un peu la dernière occasion de briller, bravo à eux parce qu’ils ont vraiment un joli numéro », a salué l’idole des Français.

Même son de cloche, en plus marqué, du côté de Julian Alaphilippe, coéquipier d’Asgreen chez Soudal-Quickstep. « Je suis juste super heureux pour Asgreen, pour nous. C’est un Tour très difficile pour nous depuis le départ. On a essayé tous les jours et aujourd’hui c’était une belle opportunité pour Kasper d’être à l’avant. A la fin, j’ai senti que c’était possible », a expliqué celui qui a donné de sa personne en jouant les troubles fêtes au milieu des équipes de sprinteurs, pour permettre à Asgreen et à l’échappée d’aller au bout.

Mais non, mais non, les baroudeurs ne sont pas morts !

S’il était évidemment très fier de cette victoire, sa première sur un grand Tour et la première de son équipe sur la Grande Boucle 2023, le coureur Danois n’aurait pas craché sur un peu plus de soutien dans l’échappée. « La situation n’était pas idéale, j’aurais préféré partir avec 6, 7 ou 8 autres coureurs, a-t-il confié à France TV après sa victoire. Mais en même temps c’est la dernière semaine du Tour, les équipes sont fatiguées. » Lucide sur sa situation, Asgreen concède volontiers que sa victoire est le produit « d’un ensemble de facteurs combinés » – la fatigue des équipiers des sprinteurs, l’abandon de certains sprinteurs – ce qui n’enlève rien à son exploit du jour.

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Car, de toute la journée, le peloton n’aura jamais laissé plus d’une 1’30 d’écart avec l’échappée. Mais le réveil tardif des équipes de sprinteur conjugué à une mauvaise entente en tête de peloton auront eu raison des ambitions de Philipsen et Cie. Un Jasper Philippsen qui, au passage, sous ses airs de gentil garçon, semble prendre un peu trop la confiance après ses quatre victoires sur le Tour. En témoigne ce geste assez laid sur Pascal Eenkhoorn, littéralement chassé et bloqué par le sprinteur de chez Alpecin-Fenix, qui avait visiblement décidé que plus personne ne rejoindrait l’échappée. Manque de pot, Enkhoorn a fini par lui fausser compagnie pour aller aider les trois de devant d’aller au bout. Un joli pied de nez.

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