Les Bleus vont vite se remettre au travail pour préparer les Etats-Unis
Les Bleus vont vite se remettre au travail pour préparer les Etats-Unis — Christophe Ena/AP/SIPA

RUGBY

Coupe du monde de rugby: Du repos, du boulot et un p'tit nouveau... Avant les States, le XV de France est reparti pour 10 jours d'attente

Le XV de France a dix jours pour préparer la suite et fin de la phase de poules de la Coupe du monde 2019

De notre envoyé spécial au Japon,

Au lendemain de la bataille victorieuse contre l’Argentine (23-21), la France de Tokyo est bien calme. Les supporters tricolores éméchés la veille ont tout donné dans le métro tokyoïte samedi soir – dont un sublime paquito en featuring avec Japonais, Irlandais et Sud-Africains – ainsi que dans les bars de la ville , et ont certainement passé leur dimanche avec antidouleurs et citrate de bétaïne. En tout cas, on ne les a pas vus. Pas plus qu’on n’a vu les joueurs du XV de France, dispensés de journalistes dans ce qu’il est d’usage d’appeler « non-media day » avant de décoller demain pour Kumamoto, où le groupe de provisoirement 30 joueurs - Wesley Fofana ayant rendu les armes à cause d’une cuisse récalcitrante - passera une grosse quinzaine de jours. Ou moins, si Tapah en décide autrement. Qui ça? Le typhon qui a scotché au sol tous les avions en partance pour Fukuoka dimanche après-midi. Mais bon au fond, le programme restera le même. A savoir du repos, du travail et un nouvel arrivant dans l’aventure.

Du repos pour mieux repartir

Le groupe de Jacques Brunel aura jusqu’au 2 octobre pour se préparer pour son deuxième match de Coupe du monde contre les Etats-Unis. Un avantage de plus par rapport à l’Argentine. Car en plus d’avoir pris le meilleur sur son adversaire direct dans la poule C, les Français auront plus de repos que les Pumas, obligés de remettre le couvert dès samedi contre les Tonga. Un break bienvenu, concède le vice-capitaine bleu, Jefferson Poirot. « Il va y avoir beaucoup de récup’, parce que ça a beaucoup tapé contre l’Argentine. Ensuite on se remettra au boulot. Je pense qu’il va falloir évacuer très vite cette victoire. Il reste deux matchs capitaux avant de s’offrir éventuellement une finale contre l’Angleterre ».

Du travail pour corriger les erreurs

Si la récupération est primordiale pour ne pas se griller en vue des trois prochains matchs, nul doute que le staff profitera des dix jours à venir pour appuyer sur les points sensibles, à commencer par la deuxième période encore une fois inquiétante des joueurs français, fruit d’une décélération physique et disciplinaire de l’aveu des principaux intéressés. Rabah Slimani pointe du doigt d’autres axes de travail. « On a enchaîné pas mal de pénalités, surtout en deuxième mi-temps. C’est quelque chose qu’il faudra régler. Ca nous a souri [samedi] mais sur un autre match ça peut vite être compliqué », prévient-il, ajoutant à ça un passage en revue de la mêlée où il a passé un sale quart d’heure face aux Argentins. « On va rebosser là-dessus parce que c’était pas vraiment ça ».

De la rotation pour supporter l’enchaînement de matchs

Jacques Brunel a prévenu : il veut que tous les joueurs du groupe France se tiennent prêts à jouer ne serait-ce qu’une minute au Japon, car le calendrier sera très serré à partir du match contre les States. Le XV de France jouera seulement quatre jours plus tard contre les Tonga, le traquenard par excellence. « Un format forcément particulier », comme le rappelle Camille Lopez. Pas la peine d’être un expert pour savoir que les efforts exigés par un match de rugby niveau Coupe du monde nécessitent plus que quatre jours de repos, et que le staff gèrera certainement ses cadres face aux Américains.

Yoann Huget s’était à ce titre un peu trahi en milieu de semaine en disant vouloir gagner contre l’Argentine pour « travailler dans une dynamique positive, car il va y avoir aussi du turnover », s’agissant de «  passer le relais à ceux qui vont jouer les autres matchs dans les meilleures conditions possibles ». Maintenant que le principal est assuré, Lopez a toute confiance dans les remplaçants – dont il fait désormais partie – pour assumer sa part du boulot. « On est un groupe de 31, on était de 37 pendant la prépa. C’est un groupe qui a l’habitude de bosser ensemble et il faut se servir de cette force. »

Un p'tit nouveau pour combler le départ de Fofana

Le forfait désormais officiel du malheureux Wesley Fofana, dont c’est aussi la fin de la carrière internationale avec le XV de France, fait le bonheur du Lyonnais Pierre-Louis Barassi, champion du monde U20 en 2018. C’est une grande première pour le centre avec les Bleus et son appel est d’autant plus surprenant qu’il grille la politesse à Anthony Belleau, présent dans les 37 qui ont préparé le Mondial tout au long de l’été. Le Toulonnais paye le fait de ne pas être un centre naturel mais aussi, qui sait, ses propos amers dans L’Equipe après l’annonce de la liste des 31 dont il a été éjecté sans même avoir eu le temps de s'exprimer en test-match cet été (« c'était déjà de la frustration, là, c'est de la colère », disait-il). Et maintenant, peut-être, des regrets. Barassi rejoindra les 30 autres « mondialistes » à Kumamoto, prochain camp de base des Bleus, dans le Sud de l’archipel nippon.